Archives par étiquette : Quadri

Jacques Lacomblez, ses brèves de comptoir

Jacques LACOMBLEZ, Sou­venirs, avatars & pec­ca­dilles, Recueil­lis et annotés par Ben Durant, Quadri, 2025, 40 p., 25 €

Lacomblez Souvenirs avatars et peccadillesAnnées 1950, Brux­elles. Jacques Lacomblez retrou­ve Mar­cel Lecomte à la galerie St-Lau­rent. Lecomte vient de bris­er ses lunettes sur le coin d’un tramway dont il est descen­du. Lacomblez a, lui, un pied dans une chaus­sure, l’autre dans une pan­tou­fle. Magritte est à Ostende et super­vise la réal­i­sa­tion de sa fresque murale, si adéquate­ment nom­mée « Le Domaine enchan­té » pour le casi­no de Knokke. Devant Lacomblez, Magritte apos­tro­phe un des pein­tres : « Joseph, met­tez plus de vert dans cette pomme. » Paris. Bre­ton décou­vre, au 42 rue Fontaine, les pein­tures que Lacomblez lui présente, intro­duit par l’artiste et col­lec­tion­neur Jean-Jacques Lebel. Bre­ton est con­trar­ié par l’encrier qu’il vient de ren­vers­er sur son bureau, mais se révèle un homme char­mant, dit appréci­er le pein­tre Vic­tor Servranckx (pas sur­réal­iste), s’enquiert de Chavée, de Lecomte, et s’informe sur Edouard Jaguer, ami de Lacomblez et fon­da­teur du groupe sur­réal­iste dis­si­dent « Phas­es ». E.L.T. Mesens déje­une au whisky lors de ses pas­sages à Brux­elles, Paul Col­inet dis­serte sur le Catéchisme de Malines, Rober­to Mat­ta tue des crabes à la tâche (noire) pour ses dessins… Con­tin­uer la lec­ture

Envols brefs du bout du jardin

Jacques LACOMBLEZ, Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin, Avec vingt-qua­tre dessins de Jean-Claude Sil­ber­mann, Quadri, 2024, 32 p., 25 €

lacomblez sautes d'instantAlors qu’il vient de boucler en galerie brux­el­loise la présen­ta­tion de ses pein­tures et dessins récents, Jacques Lacomblez mar­que égale­ment de sa plume de poète les 100 ans du sur­réal­isme, lui qui, né en 1934 – et inscrit dans sa galax­ie depuis 1956 – peut en compter dix de moins. Si ses précé­dents recueils lais­saient libre cours au poème de forme libre, par­fois mar­qué par la brièveté, il donne à lire cette fois une pleine brassée d’aphorismes. Le titre en est presque un lui-même : Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin. Con­tin­uer la lec­ture

Sonatines de saison

Jacques LACOMBLEZ, Que l’aube. Poèmes, Quadri, 2023, 48 p., 25 €, D/2023/9526/1

lacomblez que l'aubeLes dan­gers des armes guet­tent, la terre men­acée s’embrase, l’eau défer­le, ne s’écarte ni des cam­pagnes, ni des forêts, ni des habi­ta­tions. De quelles guir­lan­des de quié­tude ou d’ivresse pour­ront se par­er encore ces temps si mal éclairés ? Que seront les aubes de demain ? Peut-être ne restera-t-il que ce mot, l’aube, et ce que nous en auront dit les écrits de ceux qui en con­nurent d’autres. Avec la prise de dis­tance, et le recul que pro­cure le pas­sage des ans. Con­tin­uer la lec­ture

Un matin qui ne prenne pas l’encre

Jacques LACOMBLEZ, Blanc som­meil, avec dix dessins de Georges-Hen­ri Morin, Quadri, Brux­elles, 2021, 36 p., 25 €

lacomblez blanc sommeilFig­ure majeure du groupe sur­réal­iste « Phas­es » d’Edouard Jaguer en France, proche de Bre­ton et des sur­réal­istes parisiens dès les années 1950, créa­teur à Brux­elles de la revue Edda, Jacques Lacomblez a longtemps mené sa bar­que dans une semi-soli­tude mais pas sans ami­tiés, se ten­ant à bonnes enca­blures, en per­spec­tive éloignée (et sou­vent con­flictuelle) du groupe sur­réal­iste brux­el­lois de Tom Gutt. Autres temps, autres enjeux. Con­tin­uer la lec­ture

Histoires de pinces à linge et d’un chat

Ève CALINGAERT (texte) et Roger DEWINT (illus­tra­tions), Éloge de la pince à linge, Quadri, 2019, 32 p.

La pince à linge dont il est ques­tion dans les aquarelles de Roger Dewint n’est pas d’un plas­tique col­oré ni d’un métal inoxyd­able ; elle est d’un bois plutôt brun clair (dans une gamme de couleurs se déploy­ant du beige jaunâtre au gris terne), ten­drement enser­ré et mor­du par un ressort con­férant à la fois unité et mobil­ité à ses deux bâton­nets façon­nés. C’est celle qui est aban­don­née sur un fil ou qui se repose au fond d’un seau après avoir rem­pli sa fonc­tion de fix­a­tion ; celle qui obture les nar­ines d’un per­son­nage de bande dess­inée face à une odeur intolérable ; celle qui se colle dos à dos avec ses copines et ter­mine en sous-plat de « fête des pères » ou en brico­lage plus élaboré à la façon François Pignon. C’est celle-là que l’on retrou­ve dans cha­cune des illus­tra­tions de Dewint ain­si que dans la pre­mière des deux nou­velles d’Ève Cali­gaert. Con­tin­uer la lec­ture

Paul Colinet, rose en toutes lettres

Paul COLINET, Cor­re­spon­dance avec Rose Capel (1938–1947), Quadri, 2018, 104 p., 25 €

Louis Scute­naire écrivait de « Mon­sieur Paul » qu’il était « le Don Juan des mots ». Et, à lire les mis­sives que Paul Col­inet (Arquennes, 1898 – Brux­elles, 1957) adres­sa à Rose Capel (née Ros­alie Bauwens à Rhode-St-Genèse, 1903 – décédée en Argen­tine en 1975), épouse du cousin ger­main de Col­inet, on imag­ine sans peine l’effet mer­veilleuse­ment ébou­rif­fant que devaient pro­duire ces let­tres-poèmes inso­lites sur la des­ti­nataire, de cinq ans la cadette de l’écrivain. L’une des pre­mières, vers 1938, est con­sti­tuée d’un texte man­u­scrit, adressé à la « chère cou­sine », dont le con­tenu reste caché par un col­lage : il mon­tre une jeune fille men­acée par un fauve… Con­tin­uer la lec­ture

C’est un Picte, c’est un cap, c’est une péninsule…

Ben DURANT, Le roy­aume des Pictes, pho­togra­phies de Daniel Suy, Quadri, 2018, 92 p., 25 €

À décou­vrir la cou­ver­ture du Roy­aume des Pictes, le lecteur se dit qu’il abor­de une écri­t­ure priv­ilé­giant l’esthétique mâle, où une viril­ité tout en pec­toraux et tablettes de choco­lat s’affirme avec une quiète déter­mi­na­tion. Puis il abor­de avec un plaisir curieux cette nar­ra­tion excen­trée – car si le je s’y exprime majori­taire­ment, les pre­mières pages sont écrites à une troisième per­son­ne qui réaf­fleure ici et là par la suite, on ne sait si c’est par mégarde ou volon­taire­ment – et se frotte à son nar­ra­teur dis­pendieux, un brin trop sûr de soi, bref un viveur, ce qui aura donc tout pour déplaire à « l’homme moyen ». Con­tin­uer la lec­ture

« La Bête rôde autour de nous »

Ben DURANT (illus­tra­tions de Michèle GROSJEAN), Le Qua­trième cav­a­lier, Quadri, 2016, 96 p.

durantUne fois de plus, Ben Durant fait prof­iter au lecteur de sa large cul­ture. Dans Block­haus, il nous régalait des couliss­es de l’histoire de la deux­ième guerre mon­di­ale ; Le Qua­trième cav­a­lier explore les coins les plus reculés de la Bible, les gnoses juives et chré­ti­ennes, la mytholo­gie grecque. On entame le réc­it dans la vio­lence. Le per­son­nage prin­ci­pal, un riche esthète qui vit dans les beaux quartiers et cir­cule en voiture de luxe, se fait agress­er dans sa pro­priété par deux loubards à qui il règle prompte­ment le compte en deux coups de couteau. Une carte de vis­ite le con­duit dans un garage de Molen­beek, où le garag­iste ago­nisant l’envoie dans une galerie d’art du Sablon. Bien vite, on com­prend que notre héros vit, avec sa femme, depuis de nom­breux siè­cles, et que les épreuves qu’il sera amené à affron­ter sont tout sauf naturelles : restau­rant crachant les flammes de l’enfer, Lucifer trav­es­ti en Osiris, mon­stres bibliques et com­plots démo­ni­aques, d’un bout à l’autre de la ligne du temps, de Brux­elles à Zurich, de Prague à la Toscane. Con­tin­uer la lec­ture

Sous les remblais des apparences

Ben DURANT (texte) et Roger DEWINT (aquarelles), Block­haus, Brux­elles, Quadri, 2015, 144 p.

Dans Block­haus, Ben Durant mêle His­toire et his­toires, fic­tion et réel, explo­sions assour­dis­santes et mur­mure de la mer. Il y a la guerre, et puis toutes les guer­res dans la guerre.

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L’obsession du caché

Jacques LACOMBLEZ, De dérive et d’in­stant. Poèmes 2012–2014. Brux­elles, Quadri, 2015, 80 p.

lacomblezVoici le 24e livre d’un poète… sans doute mieux con­nu comme artiste plas­ti­cien. Con­tin­uer la lec­ture

L’écume des jours

Ben DURANT (texte) et Lionel VINCHE (illus­tra­tions),Un cœur trop ardent, Brux­elles, Quadri/Bibliotheca Wit­tock­iana, 2015, 46 p., 25 €

durantComme pré­cisé en revers de cou­ver­ture d’Un cœur trop ardent, l’auteur, Ben Durant, cumule les titres d’historien de l’art, bédéiste, galeriste, édi­teur, con­férenci­er, écrivain et bib­lio­phile. Et c’est Lionel Vinche, com­plice éclec­tique de nom­bre de plumes à la lisière de l’avant-garde, qui illus­tre ce livre album – artiste dont le par­cours de poète du pinceau s’agrémente aus­si d’une car­rière d’ancien marin au long cours. Con­tin­uer la lec­ture