Archives par étiquette : fascisme

Klaus Mann, le clair-obscur

Un coup de cœur du Car­net

Gilles COLLARD, Klaus. Une vie antifas­ciste, Cli­mats, 2025, 382 p., 23 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782080480101

collard klausLes par­tis pris d’une cou­ver­ture peu­vent révéler bien des choses quant au con­tenu d’un livre. D’avoir préféré une pho­to de matu­rité, mon­trant un vis­age pris de face avec l’esquisse d’un sourire aux lèvres et d’une cer­taine sérénité, plutôt que celle mon­trant un ange dandy et tor­turé entouré d’un sfu­ma­to de cig­a­rette ; d’avoir aus­si choisi d’intituler le livre Klaus, comme si ce prénom suff­i­sait à sug­gér­er tacite­ment à sa suite le nom du père ; ces deux choix nous met­tent d’emblée en présence d’un « por­trait biographique ». Con­tin­uer la lec­ture

Lieu d’être

Un coup de cœur du Car­net

Véronique BERGEN, Annemarie Schwarzen­bach. La vie en mou­ve­ment, Dou­ble ligne, coll. « Fig­ures de l’itinérance », 2021, 19 €, ISBN : 978–2‑9701433–2‑1

bergen annemarie schwarzenbach la vie en mouvementNulle fig­ure autre que celle d’Annemarie Schwarzen­bach ne pou­vait inau­gur­er la promet­teuse col­lec­tion « Fig­ures de l’itinérance » des édi­tions Dou­ble ligne – col­lec­tion créée par Lau­rent Pit­tet, le fon­da­teur de la revue Roa­d­i­tude.

Née en 1908 à Zurich au sein d’une famille très aisée qui avait notam­ment des affinités avec l’extrême-droite, décédée à l’âge de trente-qua­tre ans, Annemarie Schwarzen­bach était une femme intense, mys­térieuse, famil­ière des extrêmes. Fémin­iste (soli­taire), antifas­ciste et antiraciste, au tra­vers de ses textes, pho­togra­phies et reportages, elle est une fig­ure impor­tante de la dénon­ci­a­tion, entre autres, de la mon­tée du fas­cisme en Europe, de la ségré­ga­tion et des con­di­tions de vie des ouvri­ers en Amérique du Nord, de l’exploitation de l’Orient par un Occi­dent malade. Con­tin­uer la lec­ture

Le temps de l’exil

Paul DE RÉ, Les secrets du basti­don bleu, Mur­mure des soirs, 2019, 316 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930657–53‑0

C’est un bien beau livre que je viens de décou­vrir, Les secrets du basti­don bleu de Paul De Ré…

Revenons d’abord sur le tra­jet lit­téraire de l’auteur… Cer­tains écrivains écrivent à pro­pos du temps, de l’époque, ils se nour­ris­sent des ten­sions, des tor­sions, de  la vio­lence et du grain de la foi, d’autres écrivent sur l’e­space, les lieux, les per­son­nages qui habitent un univers mar­qué d’une pro­fonde sin­gu­lar­ité. Paul De Ré s’est longtemps révélé un « écrivain du ter­roir », un auteur région­al­iste, il le revendi­quait, ses édi­teurs égale­ment. Il a dévelop­pé des réc­its, des romans qui offraient pour ver­tus prin­ci­pales de com­pos­er de sub­tiles rela­tions entre l’e­space et le temps d’un monde dis­paru. C’est comme si un musée se met­tait en mou­ve­ment et rétab­lis­sait, le temps de la lec­ture, une mémoire fugi­tive. Cette mémoire par­ticipe de la mélan­col­ie de la dis­pari­tion et œuvre sou­vent dans le sens des nos­tal­gies iden­ti­taires, local­istes et rurales. Con­tin­uer la lec­ture

De sang et d’encre

Frédéric SAENEN, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Gol­lion (Suisse), Info­lio édi­tions, 2015, 200 p., 24,90 €

Pierre Drieu la Rochelle fait par­tie de ces auteurs (à juste rai­son) dont on ne peut pronon­cer le nom ou abor­der les écrits sans pré­cau­tions. La polémique sur ses années fas­cistes, son adhé­sion au Par­ti pop­u­laire français de Jacques Dori­ot se ravive régulière­ment, comme lors de la sor­tie, en 2012, du vol­ume de la Pléi­ade con­sacré à ses Romans, réc­its, nou­velles. Tou­jours, avec les écrivains de la col­lab­o­ra­tion, la ques­tion de la qual­ité et de la per­ti­nence de l’œuvre se pose de façon plus aiguë que pour les autres. Ain­si, l’on peut se deman­der si celle de Drieu, depuis longtemps éditée en poche, adap­tée au ciné­ma, a sa place si haut dans le pan­théon de la lit­téra­ture française. Con­tin­uer la lec­ture