Archives par étiquette : Jean-François Füeg

Un club des cinq en mode quinqua

Jean-François FÜEG, Les petits lut­teurs, M.E.O., 2024, 154 p., 17 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0486‑3

fueg les petits lutteursNico­las, David, Ivo, Louis et Eti­enne se sont ren­con­trés à l’université, rassem­blés par la lutte con­tre l’augmentation des frais d’inscription et soudés par leurs aspi­ra­tions à une société plus juste. C’était en 1986. Depuis lors, les idéal­istes ont vieil­li et leurs liens se sont dis­ten­dus, sans jamais dis­paraitre pour autant. D’ailleurs, les amis ne se sont pas tout à fait per­dus de vue, bon côté des réseaux soci­aux qui per­me­t­tent d’avoir des nou­velles sans devoir en pren­dre. Un soir de 2019, la bande se reforme à l’initiative de David. À l’évidence motivé par un mélange de nos­tal­gie et de curiosité, cha­cun fait pour­tant mine de s’interroger sur ce qui l’a poussé à accepter l’invitation. Mais la vraie ques­tion est : « pourquoi donc ces retrou­vailles ? » Con­tin­uer la lec­ture

Le vertige des masques

Jean-François FÜEG, Ni Dieu, ni halušky, pré­face de Jean-Pierre Sak­oun, post­face de Dominique Coster­mans, Ter­ri­toires de la mémoire, 2019, 96 p., 9 €, ISBN : 978–2‑930408–43‑9

« Elle qui avait lut­té toute une vie pour ne pas être fille d’im­mi­grés, la ter­mi­na  Anna Bielik », Page 69, Jean-François Füeg lâche cette phrase sim­ple et trou­ble, la nom­i­na­tion ini­tiale la mère repre­nait le dessus et Annie allait dis­paraître…

Dans Ni Dieu, ni halušky, son dernier opus, l’auteur pour­suit la quête d’une mise à jour du palimpses­te de toute immi­gra­tion, des secrets de famille intriqués dans l’histoire col­lec­tive, des silences paralysants. Cette suite de livres[1] pour­suit avec une qual­ité rare, le dévoile­ment du con­cept de « stress iden­ti­taire ». L’histoire d’Annie, c’est l’histoire de la mère, celle qui con­te une autre his­toire fon­da­trice à ses enfants, qui racon­te l’Histoire à sa façon, déportée du réel, en touch­es rhap­sodiques, cou­sant bout à bout des incon­gruités qui tien­nent, se polis­sent, pren­nent sens et enlisent la famille au fil du temps. Con­tin­uer la lec­ture

Aimer d’amitié

Jean-François FÜEG, Notre été 82, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2019, 127 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87489–525‑8

L’amitié est un sen­ti­ment uni­versel. Elle élève l’âme, cette immatéri­al­ité à la fois soli­taire et sol­idaire. Ain­si, l’amitié est peut-être la moitié de l’âme. Elle est un alter ego, un autre que soi, égal et juste, une pos­si­ble libéra­tion de l’esprit et du corps. Elle est intan­gi­ble et pure, comme l’amour. Elle est irra­tionnelle et non repro­ductible. Elle est donc immorale, car on ne peut aimer tout le monde de la même manière. Or la morale doit s’appliquer à tout être humain, dix­it Kant. Rute­beuf s’en fout. Con­tin­uer la lec­ture

Une famille si parfaite

Jean-François FÜEG, Les Oreilles des éléphants, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2017, 132 p., ISBN : 9782874894176

fuegJe hais la lit­téra­ture auto-cen­trée (…) Écrire, c’est témoign­er (…) Faire émerg­er le col­lec­tif der­rière les his­toires per­son­nelles. Ain­si s’explique Jean-François Füeg au terme de cette chronique famil­iale et comme ces annales per­son­nelles pour évo­quer le milieu bour­geois, étriqué et con­formiste dont il provient et cette cel­lule parentale se con­sid­érant mod­èle absolu de la réus­site, idéal indé­pass­able où tout était un peu mieux que dans les autres familles. L’occasion d’interroger le sens de l’existence, du rap­port aux con­di­tion­nements et à la lib­erté, et ce qui fait la trans­mis­sion avec ses défail­lances et mal­adress­es. Et puis la néces­sité d’écrire afin de lever la chape et libér­er son des­tin d’un fardeau – parce que le geste d’écrire porte en lui une libéra­tion, dira un ami. Con­tin­uer la lec­ture