Archives par étiquette : F. Deville éditions

Ce que mystère cache

Brigitte MOREAU, La complainte d’Isabeau, F. Deville, 2021, 270 p., 20 €, ISBN : 9782875990464

moreau la complainte d'isabeauAurore a entamé des études de lettres à la Sorbonne. Elle ambitionne de devenir romancière et elle est revenue dans sa famille pour passer les vacances d’été, laissant son compagnon à Paris. Dans la demeure familiale, elle retrouve sa mère, Madeline qui vit aux côté de sa grand-mère, Huguette. Ici, point d’homme, juste le souvenir d’un grand-père parti trop tôt et d’un mari enfui. Ce retour marque une rupture avec la vie en ville, elle redécouvre un univers sur lequel l’aïeule règne sans partage, imposant une organisation intangible et dirigeant la vie de la maison. Pour sa petite-fille, qui doit être épuisée, elle veut un séjour sans histoire, du repos à l’ombre, de longues nuits, des repas réguliers. Continuer la lecture

À la recherche du tant perdu

Didier ROBERT, L’empreinte du silence, F. Deville, 2021, 150 p., 15 €, ISBN : 9782875990389

robert l empreinte du silenceLes secrets de famille, on le sait aujourd’hui, peuvent empeser l’existence de ceux et celles qui en supportent la charge, parfois sans le savoir. Ils ont la peau dure, peuvent faire sentir leurs effets par-delà les générations, jusqu’à ce que quelqu’un se décide à lever l’omerta et trouve les mots pour lever le verrou. C’est la démarche effectuée par Didier Robert qui est parti à la recherche d’un parent arrêté au petit matin par l’occupant allemand durant la Seconde guerre mondiale et qui n’est jamais revenu : Continuer la lecture

De la difficulté de l’attachement

Verena HANF, La fragilité des funambules, F. Deville, 2021, 300 p., 23 €, ISBN : 9782875990396

hanf la fragilité des funambulesLes romans de Verena Hanf pétrissent toujours le matériau humain. La fragilité des funambules, dernier livre de l’autrice, ne déroge pas à la règle. On y retrouve également un autre invariant chez Hanf, qui se niche dans la mise en présence, voire dans la mise en friction, d’êtres et d’univers qui se seraient développés en parallèle si des éléments extérieurs n’avaient pas provoqué une rencontre. Comme celle d’Adriana, une jeune Roumaine au passé aussi rugueux que l’attitude qu’elle affiche, et Nina Jung, une psychologue confortablement installée aux agacements multiples. Tout, pratiquement, éloigne les deux femmes : leurs racines, leur éducation, leur statut social et marital, leur inscription au monde. Une faille aiguë les rassemble toutefois : leur maternité contrariée. Continuer la lecture