Archives par étiquette : Les oiseaux de nuit éditions

Vols de nuit

Pietro PIZZUTI, Qui a tué Amy Winehouse, Oiseaux de nuit, coll. “Rideaux rouges”, 2020, 96 p., 10 €, ISBN : 978-2-931101-19-3
Pietro PIZZUTI, Pop-corn, Oiseaux de nuit, coll. “Rideaux rouges”, 2020, 96 p., 10 €, ISBN : 978-2-931101-18-6

Les actrices et les acteurs sont les lucioles de nos scènes ; ils apparaissent, elles disparaissent et demeurent dans la mémoire du spectateur et des autres actrices et acteurs. Le souvenir d’une voix, le tremblement d’un geste, la présence d’un corps l’intonation singulière donnée à un mot, tout fait que le théâtre s’appuie sur une magie de la mémoire et de l’oubli conjoints. Continuer la lecture

Voyage onirique à Saint-Martin-d’Ardèche

Christine DELMOTTE-WEBER, Ceci n’est pas un rêve, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2020, 122 p., 10 €, ISBN : 978-2-931101-23-0

delmotte-weber ceci n'est pas un reveAlice, photoreporter de guerre, a besoin de s’éloigner du rythme intense de sa vie professionnelle. Après avoir découvert un échange de lettres entre les deux artistes peintres surréalistes, Leonora Carrington et Leonor Fini, elle se rend à Saint-Martin-d’Ardèche sur leurs traces. Depuis qu’elle est arrivée dans ce village, Alice rêve énormément. C’est comme si ses songes se matérialisaient, comme si des univers parallèles se manifestaient. Elle s’immisce dans la vie des deux peintres et assiste aux épisodes de 1939, lorsque Leonora, en couple avec Max Ernst, accueille Leonor et son ami Federico fuyant la capitale et la fureur nazie. Suite à un appel de sa rédactrice en chef, Alice accepte de conjuguer son repos avec un reportage sur les deux artistes. Peu à peu, le présent d’Alice se mélange au passé des deux femmes. Elle assiste à leurs conversations sans être vue. Mais parfois, un bruit, un élément témoigne de sa présence. Alice marche dans leurs pas. Elle produit des photos étranges, d’une autre texture, qui s’inspirent de la dimension poétique des deux artistes. Elle a l’impression de pouvoir enfin vraiment s’exprimer, même si sa rédactrice en chef n’est pas du même avis. Continuer la lecture

Sans voix

Jessica GAZON, Synovie, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2020, 108 p., 10 €, ISBN : 978-2-931101-06-3

gazon synovieÀ quinze ans, alors que la vie lui sourit, Synovie est prise d’un mal mystérieux. Sa voix devient molle. Son sourire se crispe. C’est un coup dur pour cette passionnée de théâtre et de lecture à voix haute. Ce blocage, à première vue inoffensif, devient de plus en plus fréquent. Personne, même le médecin du village, ne prend son problème au sérieux. Quelques mois plus tard, elle voit un neurologue qui diagnostique de la spasmophilie. Ce mal serait donc psychologique. Toutefois, son défaut d’articulation s’intensifie. Synovie choisit la voie du silence et se tait autant au cours de théâtre qu’à l’école. Un an après l’apparition des premiers symptômes, même déglutir devient difficile. Sa mère n’y comprend rien. Son père est dans le déni. Comme les vrais médecins ne trouvent rien, sa mère se tourne vers les sciences occultes et erre de magnétiseuse en marabout… Mais rien ne marche. Ses paupières continuent de s’affaisser. Son visage de pendre. Son corps la lâche peu à peu. Une nuit, son état s’aggrave. Ses parents l’emmènent chez un vieux médecin de campagne qui veut faire des examens supplémentaires et l’envoie chez un bon neurologue. Le verdict finit par tomber : elle souffre de myasthénie, une maladie rare. Le chemin de la guérison commence alors… Continuer la lecture

À la recherche des déesses grecques enrobées

Guillaume DRUEZ, Nous, les grosses, Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2020, 78 p., 10 €, ISBN : 978-2-931101-00-1

druez nous les grossesBlanche, 46 ans, souffre de boulimie. Certain·e·s sont accros au sexe, à la cigarette, à l’alcool… Elle, c’est le sucre. En totale franchise, Blanche nous raconte ses déboires avec les régimes, ce fichu calcul de l’IMC (indice de masse corporelle), ses conseils pour une pesée réussie, cette horrible étiquette d’ « obésité modérée » – qui, comparée à l’ « obésité morbide » est encore acceptable… Être grosse, c’est aussi avoir son lot de regards, de réflexions à demi-mot, de remarques hypocrites, méchantes ou psychologisantes : « Oh, elle doit certainement compenser un manque, une perte… ». Mais n’a-t-on pas le droit d’être gros·se, un point c’est tout ? Continuer la lecture