Archives par étiquette : écriture

Père, fils et ABC

Sébastien MINUSTRU, Apprendre à lire, Grasset, 2018, 160 p., 17,00 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782246813996

ministru apprendre a lireAntoine, à presque soixante ans, se rapproche de son père, un octogénaire bourru auquel il rend visite dès que son travail le consent. Père et fils évoluent dans des univers antinomiques. Le paternel est un Sarde au machisme appuyé, analphabète, qui s’abreuve des nouvelles télévisées tout en critiquant l’hypocrisie des journalistes ; il se nourrit de plats en barquette qu’il réchauffe sur une gazinière qui participe à alimenter la couche de gras recouvrant la totalité de la cuisine et l’inquiétude du fils quant à l’usage du gaz combiné à l’âge avancé de son utilisateur. Le fiston, directeur général à la tête d’un groupe de presse, est un professionnel exigent et antipathique, qui vit en couple avec Alex, son compagnon. Ces deux protagonistes se fréquentent, ou plutôt, se frôlent, plus qu’ils ne semblent avoir tissé ensemble une véritable relation ; pourtant, avoue Antoine, ils sont bien liés, reliés par « ce lien que j’ai tant essayé de défaire mais qui, peine perdue, ne fait que se renforcer ».

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Romanistes mode d’emploi

Romanistes et romanciers. Actes du colloque organisé par l’Association des Romanistes Ulg en mars 2012, textes recueillis par Daniel Charneux, Christian Delcourt et Janine Delcourt-Angélique, Editions de la Province de Liège, 2014, 304 p., 20 €

ROMANISTES & ROMANCIERS Actes du colloque organisé par l'Association des Romanistes ULg / Bruxelles, Palais des Académies / 10 mars 2012À l’initiative de l’Association des Romanistes de l’Université de Liège, présidée par Jeanne Delcourt-Angélique, des écrivains-romanistes issus des différentes universités du pays ont été invités à participer à un colloque accueilli par Jacques De Decker sous l’égide de l’Académie. Leur mission : livrer leurs sentiments sur le rapport de ce cursus  avec leur activité d’écrivain et sur son apport à leurs écrits. Il en résulte un livre rassemblant les actes de ce colloque où se déshabillent sous cet éclairage 36 écrivains marquants de chez nous (36 comme les chandelles de l’éblouissement…). Le rideau ouvert par France Bastia se refermera avec elle et avec son époux grammairien André Goosse. Quant à la présentation de cette entreprise, elle est assurée par Jeanne Delcourt-Angélique dans un avant-propos éclairant, circonstancié et exemplatif de ce supplément de technicité et de subtilité analytique  dispensé par la formation de romaniste. Et c’est avec raison aussi que la présentatrice évite de citer les noms des romanciers dont elle reprend certains propos pour illustrer et cerner  la diversité des ressentis et des orientations développés ensuite dans l’ensemble des prestations personnelles. Mais s’il s’agit d’écrivains uniquement nourris au biberon de ces études universitaires et s’ils représentent une part majoritaire des plumes les plus célébrées de notre bassin littéraire, les acteurs de ce colloque sont évidemment bien conscients que les romanes ne sont en rien un passage obligé pour que s’affirment un talent et une vocation de romancier, comme l’attestent bien des grands noms des lettres belges d’hier et d’aujourd’hui. Continuer la lecture