Archives par étiquette : écriture

… Et je n’ai pas (encore) écrit tous les livres

Luc DELLISSE, Le temps de l’écrivain, Impres­sions nou­velles, 2025, 192 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑39070–236‑8

dellisse le temps de l'écrivainDepuis qua­tre décen­nies au moins, Luc Del­lisse s’est coif­fé alter­na­tive­ment, grâce à une rigoureuse et impa­ra­ble con­ti­nu­ité d’écriture, de toutes les cas­quettes qu’il est per­mis d’emprunter (et de garder) lorsqu’on exerce le curieux méti­er d’écrivain : romanci­er, chroniqueur, essay­iste, nou­vel­liste, poète, dra­maturge, scé­nar­iste (de bande dess­inée), enseignant (le ciné­ma notam­ment), con­férenci­er, et même, depuis 2021, académi­cien, suc­cé­dant à cette fig­ure majeure et regret­tée des let­tres belges que fut Jacques De Deck­er. Con­tin­uer la lec­ture

Comment écrire certains de mes livres

Jean ROUAUD, Nathalie SKOWRONEK, Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, Seghers, 2024, 318 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑232–14779‑1

rouaud skowronek necessaire d'écritureUn néces­saire de cou­ture com­porte de nom­breux objets : patron, ciseaux, aigu­illes, fil, etc.  Il en est pareil de ce Néces­saire d’écriture. Con­seils aux jeunes romanciers, de Jean Rouaud et Nathalie Skowronek. On y trou­ve des recom­man­da­tions sur l’art d’écrire, des propo­si­tions d’exercices, des réflex­ions sur la lit­téra­ture, de l’histoire lit­téraire, et surtout l’expression de leurs pro­pres expéri­ences. Con­tin­uer la lec­ture

Amélie, avec deux ailes

Un coup de cœur du Car­net

Amélie NOTHOMB, Psy­chopompe, Albin Michel, 2023, 156 p., 19 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑226–48561‑8
Livre audio lu par Françoise Gillard, Audi­olib, 2h52, 20 €

nothomb psychopompePsy­chopompe reprend le cours de l’exploration auto­bi­ographique qu’Amélie Nothomb a entamée dès 1993 avec la paru­tion du Sab­o­tage amoureux, et a entretenue régulière­ment par la suite (Stu­peur et trem­ble­ments, Méta­physique des tubes, Biogra­phie de la faim, Ni d’Ève ni d’Adam et La nos­tal­gie heureuse). Ce nou­veau livre revient sur des événe­ments déjà nar­rés aupar­a­vant, pour leur chercher un sens et une unité. Con­tin­uer la lec­ture

À pas feutrés

Natal­ie DAVID-WEILL, L’atelier d‘écriture, Stock, 2023, 264 p., 20,50 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 978–2‑234–09531‑1

david weill l atelier d ecritureL’héroïne du roman, Esther, est une jeune femme qui tra­verse une tran­si­tion déli­cate dans sa vie. Pro­fesseure de français con­ver­tie en cuisinière dans un restau­rant, elle se sent dans une impasse depuis sa rup­ture avec son com­pagnon avec qui elle tra­vail­lait. Elle se retrou­ve désor­mais seule et sans tra­vail dans un état de vul­néra­bil­ité où il lui est dif­fi­cile de rebondir et d’identifier ses désirs pour l’avenir.

Elle accepte de se ren­dre à un ate­lier d’écriture sous les con­seils insis­tants de son amie Niki, plus par las­si­tude que par con­vic­tion. Lorsqu’elle fran­chit la porte de l’atelier et décou­vre l’animateur ain­si que les par­tic­i­pants avec une réserve mât­inée de crainte, elle prend con­science de l’ampleur de son manque de con­fi­ance et de sa peur de la ren­con­tre causés par sa blessure. Con­tin­uer la lec­ture

Le collectionneur d’expériences

Thomas LAVACHERY, Le Net­suke, Esper­luète, 2022, 192 p., 22 €, ISBN : 9782359841572

lavachery le netsukeDans Le net­suke, le nou­veau roman de Thomas Lavach­ery, le nar­ra­teur Jacques Mellery racon­te avec une ten­dresse douce-amère la fin de son ado­les­cence. À cette époque, il passe ses journées hors de sa mai­son, dénuée de présence mater­nelle (par la mort) et pater­nelle (par l’effacement). En-dehors de l’école, où il ne brille pas par son impli­ca­tion, il explore sa com­mune et fréquente aus­si bien les esseulés que les familles de ses cama­rades au sein desquelles il se voit accueil­li avec évi­dence. Encore main­tenant, « [il] ignore ce qui plai­sait en [lui] mais [il] ne devai[t] pas en faire beau­coup pour [s]e faire accepter ». Peut-être était-ce dû à sa plas­tic­ité sociale, sym­pa­thique petit caméléon lui qui « changeai[t] de manière d’être, de par­ler, en fonc­tion des per­son­nes avec qui [il] se trouvai[t] ». Con­tin­uer la lec­ture

Face aux tremblements du monde

François EMMANUEL, Guérir par l’écriture ?, Tail­lis pré, 2022, 77 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87450–191‑3

emmanuel guerir par l ecritureGuérir par l’écriture ? est une ques­tion qui en cache d’autres, et c’est cer­taine­ment pour son ampli­tude et ses ombres que François Emmanuel l’a choisie pour titre de ce petit essai con­den­sé et éru­dit, qui explore les points de jonc­tion et de rup­ture entre la vie et l’œuvre, entre les chemins thérapeu­tique et artis­tique qui jalon­nent le par­cours des auteurs et des autri­ces. En deux par­ties dont la sec­onde s’attache à exem­pli­fi­er les réflex­ions dévelop­pées dans la pre­mière, l’auteur inter­roge le proces­sus de créa­tion et ses réper­cus­sions sur le corps des auteurs et autri­ces à par­tir du courant de l’art-thérapie. Mais plutôt que de se con­sacr­er aux ate­liers en tant que tels, François Emmanuel décale le con­cept et l’applique non plus à des écrivants (des per­son­nes qui ne font pas de l’écriture leur méti­er mais s’y glis­sent dans le but d’y trou­ver une voie vers la guéri­son), mais à des écrivains. Con­tin­uer la lec­ture

Confidences incomplètes

Jean-Philippe TOUSSAINT, C’est vous l’écrivain, Le Robert, coll. « Secrets d’écri­t­ure », 2022, 160 p., 14,90 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑32101–678‑6

toussaint c'est vous l'écrivainÉlar­gis­sant leur cat­a­logue lex­i­cographique bien con­nu, et peut-être inspirées par la vogue actuelle des “mak­ing of”, les édi­tions Le Robert lan­cent la col­lec­tion « Secrets d’écri­t­ure », qui veut faire décou­vrir au pub­lic cul­tivé la com­plexe cui­sine des œuvres lit­téraires en don­nant la parole à des auteurs con­sacrés : Michel Bus­si, Jean-Philippe Tou­s­saint, demain Frank Thilliez, Susie Mor­gen­stern… « C’est vous l’écrivain » est une réplique de Jérôme Lin­don à Tou­s­saint qui le con­sul­tait en 1984 à pro­pos de son pre­mier man­u­scrit, et nous livre aujour­d’hui des réflex­ions cir­con­stan­ciées sur son tra­vail de romanci­er. Filant la métaphore du fleuve, le livre est struc­turé de façon apparem­ment rigoureuse – déri­va­tions et reflux abon­dent – en qua­tre « temps » de longueur iné­gale : La source (orig­ines du vouloir-écrire, débuts dans l’édi­tion), Le cours (anam­nèse détail­lée du tra­vail), L’es­tu­aire (ren­con­tres avec le pub­lic), Le grand large (procédés nar­rat­ifs util­isés). En aucune façon l’au­teur ne cherche à com­menter ses livres finis : davan­tage lui importe le tra­vail en train de se faire, car l’écrire est du côté de la vie tan­dis que l’écrit est un objet figé, inerte, que seuls ani­ment les lecteurs, cri­tiques, tra­duc­teurs, adap­ta­teurs. C’est vous l’écrivain ne relève donc nulle­ment d’une démarche her­méneu­tique : il est le compte ren­du d’un appren­tis­sage et d’un méti­er, on voudrait dire d’un “arti­sanat”. Con­tin­uer la lec­ture

Ô poids ! suspends ta courbe !

Claude FROIDMONT, Dom­mage qu’elle soit si grosse…, F dev­ille, coll. « Œuvres au rouge », 2022, 270 p., 20 €, ISBN : 9782875990556

froidmont dommage qu'elle soit si grosseBernard est obèse, adipeux, gorgé de graisse, « comme un énorme beignet trem­pant dans son huile avant d’être abon­dam­ment sucré dans l’assiette ». Cette car­ac­téris­tique physique s’est imposée à lui dès son enfance, a été gon­flée par les soins culi­naires mater­nels, a nour­ri les moqueries de ses cama­rades de classe et les regards avides des incon­nus, a englouti ses vel­léités de se frot­ter au monde. La réclu­sion s’est rapi­de­ment pro­filée comme le salut pos­si­ble, entre les murs de sa cham­bre du vivant de ses par­ents d’abord, dans une mai­son au milieu des arbres (dont la boîte aux let­tres se situe à un kilo­mètre, tou­jours par­cou­ru en quad) ensuite. À l’abri, il s’adonne à ses péchés mignons : la nour­ri­t­ure, en chair et en let­tres. Car le nar­ra­teur présente un sec­ond pen­chant insa­tiable, celui des mots. Il avale, dévore, se gave de livres : ceux-ci con­stituent « des rem­parts à [s]a dif­fi­culté d’être », et les écrivains, une famille. Ses par­ents, alliés de tou­jours, l’ont à des­sein tôt dégagé de toute inquié­tude basse­ment matérielle et ont veil­lé à ce que leur poussin se sente comme un coq en pâte. Con­tin­uer la lec­ture

Vivrelireécrire

Colette NYS-MAZURE, Par des sen­tiers d’intime pro­fondeur, pré­face d’Alexis Jen­ni, Sal­va­tor, coll. « Chemins d’étoiles », 2022, 203 p., 18,50 €, ISBN : 9782706721281

nys mazure par des sentiers d intime profondeur« La marche est une par­en­thèse enchan­tée pour nom­bre de nos con­tem­po­rains.  Dans le monde de la vitesse, du ren­de­ment, de la per­for­mance, c’et une échap­pée belle » nous dit David Le Bre­ton, soci­o­logue et anthro­po­logue  l’université de Stras­bourg (Le monde de la Bible, n°240).

Dans son dernier livre, Colette Nys-Mazure partage son amour et sa pra­tique de la marche en chapitres courts et plus ou moins thé­ma­tiques : les prom­e­nades en soli­taire, en com­pag­nie, à tra­vers la cam­pagne, dans les rues de villes, à l’étranger ou près de chez elle, vers l’église parois­siale, au rythme des saisons, … Con­tin­uer la lec­ture

Éloge de la fiction

Les mon­des pos­si­bles de Jérôme Fer­rari. Entre­tiens sur l’écriture avec Pas­ca­line David, Actes Sud et Diag­o­nale, 2020, 176 p., 18 €, ISBN : 978–2‑330–12442‑7

En por­tant son choix sur Jérôme Fer­rari, Pas­ca­line David (co-fon­da­trice de la mai­son d’éditions namuroise Diag­o­nale asso­ciée à Actes-Sud pour cette pub­li­ca­tion) se mon­tre par­ti­c­ulière­ment avisée non seule­ment pour bra­quer les pro­jecteurs « en direct » sur un auteur majeur d’aujourd’hui, mais aus­si pour met­tre en lumière les enjeux de la fic­tion romanesque et sus­citer en tout cas la réflex­ion sur les con­di­tions de sa légitim­ité et sur son rôle spé­ci­fique. Durant plus d’une semaine passée en Corse ‑la terre natale de l’écrivain – Pas­ca­line David l’a con­fron­té à un ques­tion­naire ser­ré, méthodique et per­ti­nent pour activ­er une recherche nour­rie par une con­nais­sance appro­fondie de son œuvre. Il appa­raît au fil de la dialec­tique de l’écrivain et philosophe – à qui l’on doit notam­ment Le principe, Le ser­mon sur la chute de Rome (prix Goncourt 2012), Un dieu un ani­mal, ou plus récem­ment Á son image (Prix du jour­nal Le Monde et Prix Méditer­ranée) – que l’ouvrage con­stitue aus­si, en fil­igrane de pro­fes­sions de foi lit­téraires bien mar­quées et assumées, un out­il à met­tre utile­ment entre les mains de tout can­di­dat à l’écriture romanesque et à la fic­tion sig­nifi­ante. Bien enten­du, pour l’intéressé, il ne s’agit nulle­ment de dis­tribuer des recettes, mais surtout de faire enten­dre que l’écriture de ses romans est soumise à une dou­ble exi­gence. Elle pour­rait se définir en somme par deux maîtres-mots : intégrité de la démarche et cohérence interne. Bref, écrire vrai : Je ne peux pas écrire quelque chose en quoi, d’une cer­taine manière, je ne crois pas. Je sais bien que c’est de la fic­tion, mais en même temps, il faut que j’y croie. Il faut que j’y croie parce que sinon pourquoi irais-je l’écrire ? Con­tin­uer la lec­ture

Le grand jeu de lire

Daniel SIMON, Posi­tions pour la lec­ture. Prom­e­nades lec­tures-écri­t­ures-ate­liers, Couleur livres, 2019, 140 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87003–901‑4

Bien rares sont les auteurs qui sor­tent tout armés de leur écri­t­ure pre­mière. La plu­part tour­nent en rond inter­minable­ment. Ils effectuent des rites de pas­sages, sac­ri­fient aux idol­es du jour, et suiv­ent des pistes qui débouchent sur des sources taries. Soit qu’ils croient que la lit­téra­ture est de la musique, soient qu’ils pensent qu’elle est un témoignage vécu, ils n’échappent pas aux apparences, c’est-à-dire à la répéti­tion.

Il est pour­tant tout sim­ple de remar­quer que la lit­téra­ture est une vision, soutenue par une langue intime, et hap­pée par l’amour de la vérité. Pour en faire l’expérience per­son­nelle, il suf­fit d’explorer quelques-unes de ces îles au tré­sor qu’on appelle les chefs d’œuvre. Con­tin­uer la lec­ture

Atelier de parole collective

Vin­cent THOLOMÉ, 4 QIB & 4QTP, Rêves et vies d’Alphonse Brown, Mike Triso, Hen­ri M et Diego Dora, Mael­ström, 2019, 52 p., 5 €, ISBN : 978–2‑87505–342‑8

tholome reves et vies d alphonse brown couverture maelströmÀ dix repris­es, Vin­cent Tholomé a ren­con­tré des élèves de l’Institut Tech­nique de Namur, recueil­li leurs vies, leurs rêves, leurs pen­sées, leurs silences. Comme ces ado­les­cents de 4 QIB (4ème qual­i­fi­ca­tion indus­trie du bois) et de 4 QTP (4ème qual­i­fi­ca­tion en travaux publics) assem­blent des machines, des meubles, ici, avec Vin­cent Tholomé, ils assem­blent des frag­ments de leurs vies, con­stru­isent un réc­it qui a la par­tic­u­lar­ité d’être fon­du en un seul texte col­lec­tif, scan­dé par les noms d’Alphonse Brown, Mike Triso, Hen­ri M et Diego Dora. La cir­cu­la­tion de la parole per­met d’interroger les rap­ports à soi, aux autres, au monde. Vin­cent Tholomé place la démarche sous le signe de l’art japon­ais du kintsu­gi, l’art de rec­oller les restes, de rassem­bler les ruines, les morceaux d’un bol brisé. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on suit passionnément pas à pas les premiers pas d’une autrice dans l’écriture

Chan­tal DELTENRE, Écrire en marchant. Pre­miers pas, Mael­ström, 2018, 134 p., 14 €, ISBN : ISBN : 978–2‑87505–305‑3

deltenre ecrire en marchant

Deux événe­ments minus­cules se pro­duisent à ce moment-là. Une mouche, soudain piégée au cor­don de glu qui pend du lus­tre au-dessus de ma tête, se met à vib­ri­on­ner. Sa lutte dés­espérée me vrille les oreilles. En même temps, une mésange vient se pos­er au bord de l’ap­pui de fenêtre extérieur. (…) Ma gorge se serre. (…) Je n’en peux plus de cette immo­bil­ité. Si je ne bouge pas, le tour­bil­lon qui emporte le sourire de ma grand-mère (…), l’or­dre et le décor figés de la pièce à vivre, (…), je glis­serai avec eux dans la mort, l’ex­tinc­tion.

Des fois, tout se décide sur un coup de tête. Irréfléchi. Comme une réponse, pas du tout atten­due, aux aléas ou aux impass­es de la vie. À la lec­ture d’Écrire en marchant, on se dit que Chan­tal Del­tenre aurait très bien pu ne jamais écrire, ne jamais pub­li­er. Sauf qu’il y a eu cet instant T, événe­ment fab­uleux, véri­ta­ble matrice de sa vie d’écrivain. Con­tin­uer la lec­ture

Père, fils et ABC

Sébastien MINISTRU, Appren­dre à lire, Gras­set, 2018, 160 p., 17,00 € / ePub : 11.99 €, ISBN : 9782246813996

ministru apprendre a lireAntoine, à presque soix­ante ans, se rap­proche de son père, un octogé­naire bour­ru auquel il rend vis­ite dès que son tra­vail le con­sent. Père et fils évolu­ent dans des univers antin­o­miques. Le pater­nel est un Sarde au machisme appuyé, anal­phabète, qui s’abreuve des nou­velles télévisées tout en cri­ti­quant l’hypocrisie des jour­nal­istes ; il se nour­rit de plats en bar­quette qu’il réchauffe sur une gazinière qui par­ticipe à ali­menter la couche de gras recou­vrant la total­ité de la cui­sine et l’inquiétude du fils quant à l’usage du gaz com­biné à l’âge avancé de son util­isa­teur. Le fis­ton, directeur général à la tête d’un groupe de presse, est un pro­fes­sion­nel exi­gent et antipathique, qui vit en cou­ple avec Alex, son com­pagnon. Ces deux pro­tag­o­nistes se fréquentent, ou plutôt, se frô­lent, plus qu’ils ne sem­blent avoir tis­sé ensem­ble une véri­ta­ble rela­tion ; pour­tant, avoue Antoine, ils sont bien liés, reliés par « ce lien que j’ai tant essayé de défaire mais qui, peine per­due, ne fait que se ren­forcer ».

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Romanistes mode d’emploi

Roman­istes et romanciers. Actes du col­loque organ­isé par l’Association des Roman­istes Ulg en mars 2012, textes recueil­lis par Daniel Charneux, Chris­t­ian Del­court et Janine Del­court-Angélique, Edi­tions de la Province de Liège, 2014, 304 p., 20 €

ROMANISTES & ROMANCIERS Actes du colloque organisé par l'Association des Romanistes ULg / Bruxelles, Palais des Académies / 10 mars 2012À l’initiative de l’Association des Roman­istes de l’Université de Liège, présidée par Jeanne Del­court-Angélique, des écrivains-roman­istes issus des dif­férentes uni­ver­sités du pays ont été invités à par­ticiper à un col­loque accueil­li par Jacques De Deck­er sous l’égide de l’Académie. Leur mis­sion : livr­er leurs sen­ti­ments sur le rap­port de ce cur­sus  avec leur activ­ité d’écrivain et sur son apport à leurs écrits. Il en résulte un livre rassem­blant les actes de ce col­loque où se désha­bil­lent sous cet éclairage 36 écrivains mar­quants de chez nous (36 comme les chan­delles de l’éblouissement…). Le rideau ouvert par France Bas­tia se refer­mera avec elle et avec son époux gram­mairien André Goosse. Quant à la présen­ta­tion de cette entre­prise, elle est assurée par Jeanne Del­court-Angélique dans un avant-pro­pos éclairant, cir­con­stan­cié et exem­platif de ce sup­plé­ment de tech­nic­ité et de sub­til­ité ana­ly­tique  dis­pen­sé par la for­ma­tion de roman­iste. Et c’est avec rai­son aus­si que la présen­ta­trice évite de citer les noms des romanciers dont elle reprend cer­tains pro­pos pour illus­tr­er et cern­er  la diver­sité des ressen­tis et des ori­en­ta­tions dévelop­pés ensuite dans l’ensemble des presta­tions per­son­nelles. Mais s’il s’agit d’écrivains unique­ment nour­ris au biberon de ces études uni­ver­si­taires et s’ils représen­tent une part majori­taire des plumes les plus célébrées de notre bassin lit­téraire, les acteurs de ce col­loque sont évidem­ment bien con­scients que les romanes ne sont en rien un pas­sage obligé pour que s’affirment un tal­ent et une voca­tion de romanci­er, comme l’attestent bien des grands noms des let­tres belges d’hier et d’aujourd’hui. Con­tin­uer la lec­ture