Archives par étiquette : oralité

Les cyclotrons langagiers de Vincent Tholomé

Un coup de cœur du Car­net

Vin­cent THOLOMÉ, Mon épopée, Lan­sK­ine, coll. « Poé­film », 2020, 132 p., 15 €, ISBN : 978–2359630282

Bâtir une épopée à base d’uranium et de dub­ni­um, une chevauchée sauvage dans les steppes de la langue, voilà ce à quoi Vin­cent Tholomé s’est attelé dans Mon épopée. Une épopée qui n’est pas la sienne mais celle de Kon­stan­tin Peterzhak, une épopée qui est la sienne mais insérée dans un dis­posi­tif plus large, le texte ryth­mé par des pho­togra­phies, le texte con­nec­té à des images, des per­for­mances, des sons élec­tron­iques (à décou­vrir sur le site uranium.be). Le livre nous plonge dans l’ère sovié­tique, au début des années 1970, dans la tête de Kon­stan­tin Peterzhak qui, des années durant, tint des pro­pos sur tout, sur rien, à Geor­gy Fliorov dans une cafétéria du cen­tre atom­ique de Dub­na.  Struc­turé en vingt-deux chants, Mon épopée. Pro­pos de Kon­stan­tin Peterzhak traduits ou trans­posés de l’arménien par son col­lègue et ami Geor­gy Fly­orov vol­ume 13, roule la langue dans ses zones inter­dites, libère les visions de Peterzhak. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots de la tribu tholoméenne

Vin­cent THOLOMÉ, Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 321 p., 10 €    ISBN : 9782875680792

tholomeEspace Nord réu­nit pour la pre­mière fois deux textes majeurs du poète et per­formeur Vin­cent Tholomé, à savoir Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences. Ce livre est égale­ment doté d’une post­face indis­pens­able de Jan Baetens, spé­cial­iste de cet auteur et théoricien de la poésie orale actuelle et de ses rap­ports à l’écrit. Au fur et à mesure du réc­it, on décou­vre que les per­son­nages s’appellent tous Sven, Har­ald, ou Tho­ra. Que l’histoire est une suc­ces­sion de mini-réc­its, à la fois loufo­ques et décalés. De sorte qu’il s’agit plus d’une fable mod­erne sous forme de road-trip avec comme cli­max une fin de monde en soi : « Hé. Mais, les Sven. C’est par là. Nos corps. Pas par là. Fait lui. Har­ald. Tête en com­pote. Tan­dis que. Eux. Sven et Sven. Si dis­sol­vent eux dans le brouil­lard. Per­dus déjà. Au-delà de crêtes. Dans le monde blanc par­tant en couille ». Con­tin­uer la lec­ture

Du souffle, de l’air et de l’eau. La vie en somme

Un coup de coeur du Carnet

Lau­rence VIELLE, Ouf (livre + CD), Brux­elles, mael­strÖm, 2015, 15 €

Quoi ? Un CD, joint à OUF ? Excel­lente idée ! Nous aurait man­qué quelque chose, sinon. Incon­cev­able, en effet, de « lire » Lau­rence Vielle sans aus­si l’« enten­dre », « sen­tir » sa présence. C’est qu’elle fait par­tie de ces poètes pour qui POÉSIE ≠ TEXTE, pour qui poésie n’est pas qu’une affaire d’écri­t­ure. Pour qui POÉSIE = un TEXTE + un CORPS.
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