Archives par étiquette : performance

Des poètes au carré à Liège

poetes au carre 2024

Poètes2, c’est un cycle de per­for­mances poé­tiques pro­posé par la Mai­son de la poésie Jacques Izoard. Un auteur ou une autrice y présente, sous une forme libre, le poète ou la poétesse de son choix. 

La Mai­son de la poésie Jacques Izoard rend ain­si hom­mage au tra­vail du poète qui lui a don­né son nom. Jacques Izoard a en effet inlass­able­ment œuvré en faveur des ren­con­tres lit­téraires de tous ordres. Con­tin­uer la lec­ture

Ekphrasis

Théo CASCIANI, Rétine, P.O.L., 2019, 284 p., 19,90 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 978–2‑8180–4743‑9

Rétine, pre­mier roman de Théo Cas­ciani paru aux édi­tions P.O.L., séduira ceux et celles qui aiment sor­tir des sen­tiers bat­tus. Ce roman est d’abord un con­cept : ren­dre compte d’un univers essen­tielle­ment artis­tique à tra­vers le seul prisme du regard.

Les titres des dif­férents chapitres, comme celui du livre, en dis­ent long dans leur brièveté : Expo­si­tion / Images / Regard / Optogramme. Tout com­mence au Japon, au print­emps bien sûr, que l’auteur con­naît man­i­feste­ment bien. Le nar­ra­teur débar­que au Musée pré­fec­toral de Hyō­go à Kyoto pour par­ticiper au cat­a­logue et à la mise en place d’une expo­si­tion de l’artiste DGF (com­prenez : Dominique Gon­za­lez-Foer­ster, jamais citée comme telle dans le roman. Artiste et réal­isatrice française, née en 1965, DGF, qui réside à Paris et Rio de Janeiro, a une œuvre d’envergure inter­na­tionale). Expo­si­tion inti­t­ulée… Rétine. Par­al­lèle­ment à ce tra­vail, le nar­ra­teur com­mu­nique par écran inter­posé avec son amie Hit­o­mi, instal­lée à Berlin pour un cours… d’histoire de l’art. Tout se tient. Quand le lecteur la décou­vre, elle est nue. Muette. Théo Cas­ciani la décrit comme il le ferait d’une sculp­ture. Il a tro­qué le pinceau pour le clavier, mais il se lance dans un exer­ci­ce de style pré­cis, con­cis, détail­lé où la descrip­tion prime. Une per­for­mance sur une autre per­for­mance, mise en scène par Hit­o­mi avec l’apparition d’un chat qu’elle a teint en rouge. « Hit­o­mi n’était plus qu’une image ». Con­tin­uer la lec­ture

Johan Muyle, biker street artist

Johan MUYLE, Sculp­ture Surf­ing, pré­face d’Éric Fab­re, Édi­tions du Caïd, 2018, 80 p., 35 €, ISBN : 978–2‑930754–12‑3   

Acteur mul­ti-activiste de l’art con­tem­po­rain en Bel­gique, con­nu tout autant pour ses grandes fresques murales réal­isées avec (et à la façon) des pein­tres affichistes de Madras en Inde, que pour ses con­struc­tions et assem­blages d’objets ani­més par de minu­tieux mou­ve­ments d’horlogerie, mix­ant à la fois les cul­tures pop­u­laires, les con­flits médi­atisés du monde actuel, et les jeux ironiques du lan­gage, écrit ou visuel, Johan Muyle (Charleroi, 1956) est aus­si un pas­sion­né de moto, et par­ti­c­ulière­ment de l’une des mar­ques les plus mythiques de l’histoire des deux-roues motorisés : la Harley-David­son. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on ramène une bonne dose de réel dans un monde qui se rêverait aseptisé

Éric THÉRER, Le déficit des années antérieures, East­ern Bel­gium at night, 2017, 7 €, 56 p.

therer le deficit des années anterieuresUn con­stat tout d’abord : Le déficit des années antérieures est un objet soigné. Très classe. « Fait mai­son », pour­rait-on dire. Ou du moins ayant les qual­ités de tout objet conçu avec amour. Se parant soudaine­ment d’une aura qui le dis­tingue des autres. Le déficit des années antérieures ne dif­fère pas en cela des autres livres d’Éric Thér­er. Un poète pour­tant qui aime s’af­franchir de la page. Sor­tir ses poèmes du petit monde des livres et des revues, pour nous les dire, assén­er sur scène, entouré de com­pars­es, d’amis musi­ciens élec­tro-con­tem­po­rains. Con­tin­uer la lec­ture

Hardcore, verbe, défoncés

Antoine BOUTE, Opéra­tions bio­hard­cores, Les petits matins, coll. « Les grands soirs », 2017, 144 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36383–238‑2

boute operations biohardcores.pngTu as 39 ans. Tu es auteurper­former, tu aimes ça, les mots à bal­ancer sur la sur­face des choses, et à la face des gens, depuis quelques mois sur Face­book tu annonces des per­for­mances d’un genre hard­core, mais bio, c’est-à-dire vivant, dans la forêt, dans les étangs, dans les ter­rains vagues où tu nous con­vies à divaguer, ça a l’air fun, on ne sait pas très bien ce qui va avoir lieu, tu sors un livre inti­t­ulé Opéra­tions bio­hard­cores, on le lit, sur la cou­ver­ture il y a ton nom: Antoine Boute, ok Antoine, on te lit et puis on se met à écrire comme toi à la deux­ième per­son­ne du sin­guli­er, parce qu’en fait ton bouquin c’est un truc de chaman qui fait que le rythme reste dans la tête qui fait qu’on est porté par lui, genre con­t­a­m­iné, comme si en fait on allait se cou­vrir de feuilles rouges et jaunes en début de putré­fac­tion dans une posi­tion qui offre le plus de con­tact pos­si­ble avec la terre, ce qui n’est pas le plus pra­tique pour écrire un arti­cle qui par­le de ton livre mais qui a le mérite de coller au pro­pos, la tête pleine de ton verbe on com­mence donc par dire que tu t’ap­pelles Antoine Boute et que tu viens de pub­li­er aux Petits matins à Paris un objet sin­guli­er comme toi qui es un peu un ovni et en même temps un type qui écrit.


Lire aus­si : Antoine, boute en train pornolet­triste


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La vie ordinaire. Propos à propos d’Éric Thérer

Éric THÉRER et Ben­jamin MONTI, Ping-pong, East­ern Bel­gium at night, 2015, 300 p., 8 € ; ORDINAIRE (Éric THÉRER et Stéphan INK), Le temps qu’il fait, CD, les édi­tions East­ern

thererDécédé en 2014, Bernard Hei­d­sieck, immense poète, n’est décidé­ment pas près de som­br­er dans l’ou­bli. Tant mieux tant mieux. C’est que, de son vivant, il n’ar­rê­tait pas de faire des petits, le bougre, d’in­spir­er du monde dans les par­ages de la poésie sonore et de la poésie action. Dans les par­ages d’une poésie qui, hop !, décide de sor­tir lit­térale­ment de la page, d’user de tous les moyens tech­niques et tech­nologiques pour se faire enten­dre en per­for­mance, sur scène, hors des recueils, dans des formes totale­ment étrangères aux canons clas­siques. N’hési­tant pas, par exem­ple, à utilis­er des langues et des manières de faire issues de nos écrits et usages les plus quo­ti­di­ens : let­tres admin­is­tra­tives, relevés ban­caires, infos dif­fusées à la radio, etc. C’est que, de son vivant, Bernard Hei­d­sieck n’a eu de cesse de créer, à par­tir de ces langues a pri­ori « déshu­man­isées », a pri­ori à mille lieues du « fris­son poé­tique », des objets lumineux et jouis­sifs, à lire, voir et enten­dre, des objets drôles et cri­tiques, éminem­ment en prise sur leur époque. Usant, par exem­ple, lui, le ban­quier, des lan­gages économiques pour tir­er sar­cas­tique­ment le por­trait du monde con­tem­po­rain. C’est que, de son vivant, Bernard Hei­d­sieck aura été l’un de ceux qui n’au­ront pas cessé de « bidouiller », super­posant, par exem­ple, sur scène voix enreg­istrées et voix « live », com­posant directe­ment ses poèmes sur mag­né­to­phones plutôt que sur papi­er. Ouvrant ain­si la voie à bon nom­bre de « poètes per­formeurs » actuels. Con­tin­uer la lec­ture

Prix Paroles urbaines 2017 : la finale

paroles urbainesLes Prix Paroles urbaines fêtent cette année leur qua­trième édi­tion. La finale se tien­dra au Botanique le 23 avril 2017 à 18h. Lors de cette finale, les 8 artistes nom­inés pro­poseront tour à tour leurs per­for­mances scéniques a cap­pel­la ou accom­pa­g­nés de musi­ciens, dans les 2 dis­ci­plines que sont le Slam et l’écriture Rap. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots de la tribu tholoméenne

Vin­cent THOLOMÉ, Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 321 p., 10 €    ISBN : 9782875680792

tholomeEspace Nord réu­nit pour la pre­mière fois deux textes majeurs du poète et per­formeur Vin­cent Tholomé, à savoir Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences. Ce livre est égale­ment doté d’une post­face indis­pens­able de Jan Baetens, spé­cial­iste de cet auteur et théoricien de la poésie orale actuelle et de ses rap­ports à l’écrit. Au fur et à mesure du réc­it, on décou­vre que les per­son­nages s’appellent tous Sven, Har­ald, ou Tho­ra. Que l’histoire est une suc­ces­sion de mini-réc­its, à la fois loufo­ques et décalés. De sorte qu’il s’agit plus d’une fable mod­erne sous forme de road-trip avec comme cli­max une fin de monde en soi : « Hé. Mais, les Sven. C’est par là. Nos corps. Pas par là. Fait lui. Har­ald. Tête en com­pote. Tan­dis que. Eux. Sven et Sven. Si dis­sol­vent eux dans le brouil­lard. Per­dus déjà. Au-delà de crêtes. Dans le monde blanc par­tant en couille ». Con­tin­uer la lec­ture

En performant en écrivant

Jan BAETENS, À voix haute. Poésie et lec­ture publique, Les Impres­sions nou­velles, 190 p., 17 €/ePub : 11.99 €

baetensSes lecteurs fidèles savent que Jan Baetens ne s’empare jamais d’une ques­tion à la légère, si décalée sem­ble-t-elle par rap­port aux champs de la recherche lit­téraire. Voilà de sur­croît un uni­ver­si­taire qui se refuse à con­sid­ér­er la poésie comme let­tre morte, juste bonne à être dis­séquée. Lui est un prati­cien, qui s’applique à saisir sur le vif les man­i­fes­ta­tions et les évo­lu­tions de l’expression artis­tique qui le pas­sionne depuis tou­jours. Mais l’homme de ter­rain n’en est pas moins bardé de références livresques, et sait en user s’il s’agit de retrac­er les rap­ports que les auteurs entre­ti­en­nent entre l’oral et l’écrit, plus par­ti­c­ulière­ment entre leur oral et leur écrit, depuis l’époque charnière du XIXe siè­cle. Con­tin­uer la lec­ture