Archives par étiquette : Patrick Devaux

… cet infini tiré à quatre épingles…

Patrick DEVAUX (texte) et Cather­ine BERAEL (gravures), Aval­oirs, Coudri­er, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5

Devaux AvaloirsLes gravures de Cather­ine Berael réson­nent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réu­nis sous le titre d’Aval­oirs. Elles ont en effet la dou­ble car­ac­téris­tique de con­serv­er les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effac­er jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes réson­nent ain­si comme l’écho, loin­tain et trans­par­ent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réus­sisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement ver­ti­cal de la typogra­phie accentue l’abîme qu’il dévoile. Con­tin­uer la lec­ture

« (…) La manigance des mots … »

Patrick DEVAUX, Ne le dites à per­son­ne, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2025, 55 p., 18 €, ISBN : 978–39052-070–2

devaux ne le dites a personnePoète pro­lifique, Patrick Devaux pub­lie ses recueils avec une régu­lar­ité de métronome. Sa bib­li­ogra­phie (par­tielle !) donne le ver­tige et pour­rait don­ner à crain­dre une pro­fu­sion dévelop­pée au détri­ment de l’inspiration. Ce n’est certes pas le cas ici.

Avec Ne le dites à per­son­ne, Devaux se laisse porter par la nos­tal­gie d’un temps qu’il regrette de n’avoir pu sauve­g­arder. Loin des réseaux soci­aux (qu’il pra­tique pour­tant avec une gour­man­dise allè­gre), ce temps-là préser­vait les vrais con­tacts (que le poète développe avec une non moins grande affa­bil­ité, ne serait-ce que dans l’exercice de ses respon­s­abil­ités au sein de l’AREAW dont il est le prési­dent). Con­tin­uer la lec­ture

De l’impermanence et du temps

Patrick DEVAUX, Stat­ues ombel­lifères, illus­tra­tions de Cather­ine Berael, Coudri­er, 2024, 61 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–060‑3

devaux statues ombellifèresNé à Mouscron le 14 juil­let 1953, Patrick Devaux éprou­ve dès l’en­fance une atti­rance très forte pour la poésie. Sa ren­con­tre avec la jeune poétesse Kath­leen Van Melle, puis avec Paul, le père de celle-ci, qui l’in­tè­gre à ses activ­ités lit­téraires au sein du G.R.I.L., accélère sa moti­va­tion pour l’écriture. Poète dis­cret pour ne pas dire timide et volon­tiers enclin à la mod­estie, Patrick Devaux abor­de pro­gres­sive­ment dans ses thèmes tous les sujets, de la vie à la mort, de l’om­bre à la lumière. Sa sen­si­bil­ité le porte à observ­er la nature, à en saisir les images et les sym­bol­es, à en capter le tran­si­toire et l’éternel retour. Con­tin­uer la lec­ture

Et je n’ai plus su ce qu’on sait des choses

Patrick DEVAUX, Le trou de ver, pré­face de Jean-Michel Aubev­ert, ill. Cather­ine Berael, Coudri­er, 2023,  59 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–046‑7

devaux le trou de verLa dis­po­si­tion typographique de la page par­ticipe-t-elle à la poésie ? Depuis Apol­li­naire, la ques­tion a trou­vé réponse. Le trou de ver, dernier recueil de Patrick Devaux, se décline dans l’alignement ver­ti­cal de vers courts (un mot, une pré­po­si­tion de deux let­tres par­fois). Il entraîne la lec­ture dans une ver­ti­cal­ité ver­tig­ineuse. On ne peut éviter de s’interroger à nou­veau ici, au gré des pages dont plusieurs s’ouvrent sur ce qu’on sait des choses. Con­tin­uer la lec­ture

Pour peindre le portrait d’une poète-oiseau…

Patrick DEVAUX et Mar­tine ROUHART, Mou­vances de plumes, Ill. de Cather­ine Berael, Pré­face de Anne-Marielle Wilw­erth, Coudri­er, 2022, 52 p., 16 €, ISBN 978–239052-032–0

devaux rouhart mouvances de plumesDans l’ « avant-lire » qui ouvre le recueil paru aux édi­tions Le Coudri­er, Anne-Marielle Wilw­erth cite oppor­tuné­ment Chateaubriand : Les poètes sont des oiseaux : tout bruit les fait chanter. Les (trop rares) illus­tra­tions de Cather­ine Berael nous don­nent à voir de ces oiseaux quelques cray­on­nés, de rouge et de noir, com­posés dans ces atti­tudes qui sont famil­ières et que cer­tains poèmes évo­quent.

Patrick Devaux et Mar­tine Rouhart déposent dans ce vol­ume allè­gre et heureux, feuille à feuille, des poèmes com­posés à qua­tre mains. Qua­tre mains enlacées, com­plices, sol­idaires de l’émotion poé­tiques : elles ne sont pas iden­ti­fiées. Au lecteur de ten­ter le jeu d’attribuer à l’une ou à l’autre telle ou telle ful­gu­rance, telle ou telle image ver­bale, telle ou telle évo­ca­tion. Il lui fau­dra beau­coup de famil­iar­ité avec l’œuvre de l’un, Patrick Devaux et de l’autre, Mar­tine Rouhart, pour redis­tribuer les cartes et sign­er d’un seul nom l’une ou l’autre de ces mou­vances. On aimerait savoir com­ment les affinités com­plices  ont orchestré les papiers / aux regards / d’encre. Con­tin­uer la lec­ture

Chute ascensionnelle

Patrick DEVAUX, Le temps appris, Coudri­er, 2021, 74 p., 16 €, ISBN : 978–2‑39052–025‑2

devaux le temps apprisÀ soix­ante-huit ans, Patrick Devaux prend désor­mais son temps. Surtout celui de la réflex­ion, se tour­nant face au passé comme devant un miroir. Il y mire ses sou­venirs, y recon­nait la nos­tal­gie, y revoit des gens ren­con­trés et ceux qui ne sont déjà plus là. « Un sou­venir est un acquis, ce n’est pas du temps per­du », m’explique-t-il par télé­phone. Ain­si, le titre de son recueil, Le temps appris, sig­ni­fie que ce dernier n’a rien pris sans laiss­er quelque chose, des bribes, des frag­ments, des pous­sières d’étoiles ; leur scin­tille­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Ostende-Bangkok Express

Patrick DEVAUX, Dorures légères sur l’es­tran, Brux­elles, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2015, 100 p., 12 €

devauxIl y a des romans qui sont d’énormes pavés. Des fic­tions labyrinthiques qui emmè­nent dans les méan­dres du monde ou d’une langue. D’autres sont d’une extrême minceur. Brossent en quelques traits la trame d’une his­toire. N’ont que faire des fior­i­t­ures d’une langue baroque. N’ont que faire des inten­tions pro­fondes et secrètes des per­son­nages. Filent à toute vitesse de la pre­mière à la dernière page, en somme. Comme des trains express, ils ne lais­sent à leurs lec­tri­ces et lecteurs qu’à peine le temps de saisir une atmo­sphère, une couleur. Ces romans « marchent » peut-être d’au­tant mieux qu’ils se réfèrent à un genre très codé. Le roman d’amour, par exem­ple. Con­tin­uer la lec­ture