Patrick DEVAUX (texte) et Catherine BERAEL (gravures), Avaloirs, Coudrier, 2026, 75 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–082‑5
Les gravures de Catherine Berael résonnent en un écho idéal aux courts textes de Patrick Devaux réunis sous le titre d’Avaloirs. Elles ont en effet la double caractéristique de conserver les traces presque diaphanes d’un instant et, en même temps de les effacer jusqu’à l’abstraction. La brièveté, la sobriété des poèmes résonnent ainsi comme l’écho, lointain et transparent, de ce qui fut l’inspiration du poète jusqu’à ce qu’il réussisse à en retenir l’essentiel. Chaque texte se situe au bord d’un précipice, dont l’alignement vertical de la typographie accentue l’abîme qu’il dévoile. Continuer la lecture

Né à Mouscron le 14 juillet 1953, Patrick Devaux éprouve dès l’enfance une attirance très forte pour la poésie. Sa rencontre avec la jeune poétesse Kathleen Van Melle, puis avec Paul, le père de celle-ci, qui l’intègre à ses activités littéraires au sein du G.R.I.L., accélère sa motivation pour l’écriture. Poète discret pour ne pas dire timide et volontiers enclin à la modestie, Patrick Devaux aborde progressivement dans ses thèmes tous les sujets, de la vie à la mort, de l’ombre à la lumière. Sa sensibilité le porte à observer la nature, à en saisir les images et les symboles, à en capter le transitoire et l’éternel retour. 

À soixante-huit ans, Patrick Devaux prend désormais son temps. Surtout celui de la réflexion, se tournant face au passé comme devant un miroir. Il y mire ses souvenirs, y reconnait la nostalgie, y revoit des gens rencontrés et ceux qui ne sont déjà plus là. « Un souvenir est un acquis, ce n’est pas du temps perdu », m’explique-t-il par téléphone. Ainsi, le titre de son recueil, Le temps appris, signifie que ce dernier n’a rien pris sans laisser quelque chose, des bribes, des fragments, des poussières d’étoiles ; leur scintillement. 