
Conversation d’un jour de pluie
Autrice : Martine Rouhart
Maison d’édition : Cygne
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 59
Prix : 12 €
Livre numérique : /
ISBN : 978–2‑849248–669
Voici un recueil singulier et double, où alternent deux voix issues d’un même cœur, battant et vibrant, celui de la poétesse et romancière Martine Rouhart. Elle écrit cette Conversation d’un jour de pluie avec elle-même, ou plutôt si on en croit l’épigraphe, avec « La Poésie », complice indulgente et confidente bienveillante. C’est dans Traces de nous-mêmes de la grande poétesse Marie-Claire d’Orbaix, que Martine Rouhart a épinglé les vers qui ouvrent son recueil : Poésie, / Mon amie, / Voici longtemps / Que nous n’avons causé / Comme des sœurs : / Toi, m’ouvrant le cœur / Moi te répondant. Continuer la lecture









Le nouvel opus de Martine Rouhart se présente sous la forme d’un journal de bord divisé en vingt-trois tableaux. L’autrice nous y relate un fragment de sa vie réelle, lorsqu’elle a dû se battre contre un cancer il y a quelques années.
Dans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jelloun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il considère assez pour les transmettre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu singulier de passage, de partage, de mise en lumière, mais également de sélection, de choix, de défense. En parcourant étagères et présentoirs, le lecteur concentré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qualité et parfois l’intérêt particulier du personnel qui la peuple. Car, oui, une librairie est peuplée de livres qui battent, chacun à sa pulsation, chacun à son tempo, et appellent leur lecteur prédestiné. C’est du moins la conviction d’une étrange libraire, aux envoûtements bohémiens et à la boutique évanescente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous librement dans mon magasin, vous y trouverez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuilletez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choisissent. Ils nous attendent patiemment, sur une étagère, et puis quand nous passons à leur portée, ils nous appellent, et là… c’est inutile de vouloir résister. »
De sages paysages aux doux pastels jalonnent ce nouveau recueil de Martine Rouhart, comme autant d’instantanés prenant par la main et le chemin des saisons. Loin des routes agitées, les sons de la nature, dont surtout le coulis de l’eau, sont pris en charge par la plume murmurante de l’auteure, perceptible à l’oreille, transformant son écriture en une rivière de mots légers et parfumés ; quoique sans plus d’illusions.
Comme tous les dimanches, Charlie rend visite à son père Théodore. Ces deux-là sont unis par une belle complicité où les mots sont superflus : contemplatifs, ils aiment se gorger des petites contingences de la vie.