Archives par étiquette : Martine Rouhart

Un prix pour Martine Rouhart

Martine Rouhart

Mar­tine Rouhart

Mar­tine Rouhart a rem­porté le prix des Trou­vères — Lycéens 2026. Con­tin­uer la lec­ture

Ce vaste espace à traverser, de soi à soi…

Un coup de cœur du Car­net

Mar­tine ROUHART, La nuit ne dort jamais, Cygne, coll. « Le chant du cygne », 2025, 59 p., 12 €, ISBN 978–2‑84924–814‑0

rouhart la nuit ne dort jamaisMar­tine Rouhart a été sub­tile­ment inspirée en plaçant quelques vers d’Anne Per­ri­er en épigraphe de La nuit ne dort jamais : “En dor­mant, je me suis tournée / Vers la pente ombrée Des Paroles”(Extrait de D’entre Ciel et Terre).

Le pre­mier recueil pub­lié par la poétesse suisse ne s’intitulait-il pas Selon la nuit (Édi­tions Les Amis du livre, Lau­sanne, 1952) ? Appa­rait une affinité sen­si­ble entre la poétesse belge et son ainée, sin­gulière­ment mise en lumière dans ce vol­ume paru aux Édi­tions du Cygne. Il est com­posé de trois par­ties (« La nuit vient », « Elle ne dort jamais » et « La nuit s’en va ») dont les titres s’entrelacent pour for­mer celui du qua­torz­ième ouvrage de l’autrice mon­toise. Con­tin­uer la lec­ture

Braconnière de riens

Mar­tine ROUHART, Guet­ter les embel­lies, Pré­face Patrick Devaux, Illus­tra­tions Isabelle Simon, Coudri­er, 2024, 62 p., 18 €, ISBN 978–2‑39052–065‑8

rouhart guetter les embelliesDepuis peu prési­dente de l’Association des écrivains de Bel­gique (AEB), mem­bre active de l’Association des écrivains et artistes de Wal­lonie (AREAW), Mar­tine Rouhart est une per­son­nal­ité attachante du monde des Let­tres belges de langue française. On la con­naît prin­ci­pale­ment comme poétesse, une forme qu’elle alterne avec la prose romanesque. On se sou­vien­dra entre autres d’un émou­vant réc­it auto­bi­ographique Les ailes bat­tantes (2021, Édi­tions M.E.O.) et du roman Les fan­tômes de Théodore (2020, Édi­tions Mur­mure des soirs). Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2024, avec sobriété

Rentrée littéraire 2024

Pour la plu­part d’entre nous, le début des vacances est aus­si immi­nent qu’attendu. Évo­quer en ce moment la ren­trée, fût-elle lit­téraire, a donc for­cé­ment quelque chose d’incongru. Pour­tant, les maisons d’édition ont générale­ment déjà bouclé leur pro­gramme autom­nal et plusieurs d’entre elles l’ont présen­té aux libraires, voire aux médias. Comme tou­jours, les autri­ces et auteurs belges seront nom­breux à dévoil­er leur nou­veau livre cet automne. Le point sur leurs sor­ties annon­cées au deux­ième semes­tre.

Mais d’abord quelques con­stats. À part les édi­tions M.E.O., Weyrich et Les impres­sions nou­velles, dont cer­tains romans parais­sent dès la fin août, les maisons d’édition belges ne se calquent pas sur le cal­en­dri­er de la ren­trée lit­téraire française : la plu­part de leurs pub­li­ca­tions sont prévues plus tard dans la sai­son. Ce décalage peut s’expliquer par une volon­té de ne pas se plac­er en con­cur­rence, for­cé­ment déséquili­brée, avec des sor­ties hexag­o­nales accom­pa­g­nées de moyens pro­mo­tion­nels sans com­mune mesure. Il reflète aus­si une logique autre : plusieurs maisons d’édition inter­rogées pour pré­par­er cet arti­cle nous ont expliqué pro­gram­mer leurs paru­tions en fonc­tion non de la ren­trée lit­téraire, mais des événe­ments plus por­teurs pour elles, tels que le Marché de la poésie, le fiEs­ti­val ou encore le Poet­ik Bazar. Con­tin­uer la lec­ture

Espace géométrique variable

Mar­tine ROUHART, L’inconnu dans le jardin, ill. Chris­t­ian Arjonil­la, Bleu d’encre, 2023, 54 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–56‑7

rouhart l'inconnu dans le jardinL’inconnu dans le jardin héberge la per­spec­tive d’une ren­con­tre entre une écrivaine de soix­ante-huit ans, qui a choisi son jardin pour muse, et une forme obscure, s’adossant au tronc d’un érable durant les insom­nies de la nar­ra­trice. Ce jardin, « entre le vis­i­ble et l’invisible », con­di­tionne le regard de l’autrice : les ani­maux et végé­taux qui le peu­plent ne tra­versent pas son champ de vision et, pour­tant, elle les sait présents, « en espoir de quelque chose ». Sen­si­ble à cette fausse absence, elle se laisse donc envahir par cette ombre, ce pré­ten­du incon­nu, aux appari­tions irrégulières, qui finit par peu­pler sa pen­sée diurne. Con­tin­uer la lec­ture

Même la nuit ne glisse plus sur son ardoise…

Isabelle BIELECKI, Fiel au cœur, Bleu d’encre, 2023, 60 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–55‑0

bielecki fiel au coeurOrné de pho­togra­phies en noir et blanc de Pierre More­au, agré­men­té d’une pré­face de Mar­tine Rouhart, le recueil Fiel au cœur (dédié d’ailleurs à la pré­facière et au pho­tographe) s’ouvre sur la ful­gu­rante for­mu­la­tion de Jean-Paul Sartre, « L’enfer c’est les autres », en guise d’épigraphe. On sait trop bien l’importance des sig­naux que lance un livre avant même que sa lec­ture n’en ait été entre­prise. Ain­si le Noir et Blanc chez un pho­tographe dont on con­naît la mer­veilleuse dilec­tion pour la couleur, la force de frappe de ce « les autres » et du titre de la pièce de Sartre, Huis clos, annon­cent d’emblée qu’il s’agira ici d’affronter les élé­ments d’une météorolo­gie inclé­mente, le con­traste vio­lent, l’affrontement de Titans dont la puis­sance ron­fle au loin. Comme le titre l’indique, il s’agira ici d’un con­flit intime, intérieur dont l’intensité se déploie d’autant plus qu’elle est con­tenue, retenue. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (2)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Effer­ves­cence édi­to­ri­ale, course aux prix…, la ren­trée lit­téraire d’automne est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’intense activ­ité dans le monde du livre fran­coph­o­ne. La pléthore d’ouvrages disponibles expose les plus frag­iles d’entre eux à un pas­sage aus­si éphémère qu’anonyme sur les tables des libraires. Au jeu de la vis­i­bil­ité et de la con­sécra­tion, la presse joue naturelle­ment un rôle de médi­a­tion et de con­seil auprès des lec­tri­ces et lecteurs.

Le 10 sep­tem­bre, la revue de presse du Car­net et les Instants pro­po­sait un bilan de l’accueil médi­a­tique et cri­tique des autri­ces et auteurs belges de la ren­trée pub­liés dans des maisons d’édition français­es. Les maisons d’édition belges lan­cent leur ren­trée quelques semaines plus tard que leurs homo­logues hexag­o­nales ; les pre­miers livres arrivent sur les tables des librairies en sep­tem­bre seule­ment. Cette deux­ième livrai­son de notre revue de presse de la ren­trée 2022 leur est con­sacrée. Con­tin­uer la lec­ture

Pleuvoir peu

Mar­tine ROUHART, Il faut peu de mots, Cygne, 2022, 52 p., 10 €, ISBN : 9782849247099

rouhart il faut peu de motsMar­tine Rouhart, qui choisit d’intituler son dernier recueil Il faut peu de mots, joint le geste à la parole en pro­posant une poignée de textes brefs et sans apprêt. L’on y ren­con­tre une parole poé­tique médi­ta­tive, réflex­ive et ludique.

Il faut peu de mots, livre de poèmes, vient de paraître aux Édi­tions du Cygne (Paris). Son titre évoque une ébauche d’art poé­tique que le recueil met­tra tra­di­tion­nelle­ment en œuvre. Les textes de Mar­tine Rouhart n’y excè­dent pas six vers, eux-mêmes remar­quables de brièveté. Écrire peu pour dire beau­coup, voilà qui sem­ble le pro­jet avoué de l’écrivaine qui chem­inera avec agilité autour de cette idée. Con­tin­uer la lec­ture

Pour peindre le portrait d’une poète-oiseau…

Patrick DEVAUX et Mar­tine ROUHART, Mou­vances de plumes, Ill. de Cather­ine Berael, Pré­face de Anne-Marielle Wilw­erth, Coudri­er, 2022, 52 p., 16 €, ISBN 978–239052-032–0

devaux rouhart mouvances de plumesDans l’ « avant-lire » qui ouvre le recueil paru aux édi­tions Le Coudri­er, Anne-Marielle Wilw­erth cite oppor­tuné­ment Chateaubriand : Les poètes sont des oiseaux : tout bruit les fait chanter. Les (trop rares) illus­tra­tions de Cather­ine Berael nous don­nent à voir de ces oiseaux quelques cray­on­nés, de rouge et de noir, com­posés dans ces atti­tudes qui sont famil­ières et que cer­tains poèmes évo­quent.

Patrick Devaux et Mar­tine Rouhart déposent dans ce vol­ume allè­gre et heureux, feuille à feuille, des poèmes com­posés à qua­tre mains. Qua­tre mains enlacées, com­plices, sol­idaires de l’émotion poé­tiques : elles ne sont pas iden­ti­fiées. Au lecteur de ten­ter le jeu d’attribuer à l’une ou à l’autre telle ou telle ful­gu­rance, telle ou telle image ver­bale, telle ou telle évo­ca­tion. Il lui fau­dra beau­coup de famil­iar­ité avec l’œuvre de l’un, Patrick Devaux et de l’autre, Mar­tine Rouhart, pour redis­tribuer les cartes et sign­er d’un seul nom l’une ou l’autre de ces mou­vances. On aimerait savoir com­ment les affinités com­plices  ont orchestré les papiers / aux regards / d’encre. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Philippe Remy-Wilkin

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Philippe Remy-Wilkin. Con­tin­uer la lec­ture

La femme qui marchait dans sa tête

Mar­tine ROUHART, Les ailes bat­tantes, pré­face de Philippe Remy-Wilkin, M.E.O., 2021, 64 p., 10 € / ePub : 6.49 €, ISBN : 9782807003057

rouhart les ailes battantesLe nou­v­el opus de Mar­tine Rouhart se présente sous la forme d’un jour­nal de bord divisé en vingt-trois tableaux. L’autrice nous y relate un frag­ment de sa vie réelle, lorsqu’elle a dû se bat­tre con­tre un can­cer il y a quelques années.

Habitée par la volon­té de partager l’impartageable et d’écrire pour ne pas oubli­er, Mar­tine Rouhart nous fait part de ses réflex­ions sur sa vie boulever­sée suite à une retraite for­cée chez elle. Alors que tout un cha­cun con­tin­ue de vivre son quo­ti­di­en, elle s’isole loin des bruits du monde afin de se retir­er à l’intérieur de soi, là où les pen­sées et les émo­tions se bous­cu­lent, envis­ageant la mal­adie comme une chance de s’enrichir et de se recen­tr­er sur l’essentiel. Con­tin­uer la lec­ture

Poèmes en trois temps

Mar­tine ROUHART, Dans le refuge de la lumière, Bleu d’encre, 2020, 54 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930725–32‑1

rouhart dans le refuge de la lumiere

Pre­mier dessin après trois poèmes : une femme s’éloigne dans la cam­pagne et l’herbe écrit des mots de loin en proche, depuis l’horizon jusqu’à l’avant-plan. Je marche / en écrivant des phras­es / qui se com­posent / se décom­posent / comme la cal­ligra­phie / des oiseaux / dans le bleu.

Deux­ième dessin après vingt-trois poèmes : un arbre s’effiloche dans la page et le vent invente des mots depuis le tronc jusques au sol. Elles chantent lente­ment / assoupies / comme des pen­sées / les feuilles dorées / étin­celles d’un soleil attardé. Con­tin­uer la lec­ture

Du côté de saint Jordi

COLLECTIF, Du côté des librairies, Mur­mure des soirs, 2020, 188 p., 13 €, ISBN : 978–2‑930657–62‑2

du côté des librairies murmure des soirsDans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jel­loun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il con­sid­ère assez pour les trans­met­tre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu sin­guli­er de pas­sage, de partage, de mise en lumière, mais égale­ment de sélec­tion, de choix, de défense. En par­courant étagères et présen­toirs, le lecteur con­cen­tré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qual­ité et par­fois l’intérêt par­ti­c­uli­er du per­son­nel qui la peu­ple. Car, oui, une librairie est peu­plée de livres qui bat­tent, cha­cun à sa pul­sa­tion, cha­cun à son tem­po, et appel­lent leur lecteur prédes­tiné. C’est du moins la con­vic­tion d’une étrange libraire, aux envoûte­ments bohémiens et à la bou­tique évanes­cente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous libre­ment dans mon mag­a­sin, vous y trou­verez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuil­letez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choi­sis­sent. Ils nous atten­dent patiem­ment, sur une étagère, et puis quand nous pas­sons à leur portée, ils nous appel­lent, et là… c’est inutile de vouloir résis­ter. » Con­tin­uer la lec­ture

Allant de soi à soi

Mar­tine ROUHART, Loin des routes agitées, Coudri­er, 2020, 73 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39052–006‑1

martine rouhart loin des routes agitees le coudrierDe sages paysages aux doux pas­tels jalon­nent ce nou­veau recueil de Mar­tine Rouhart, comme autant d’instantanés prenant par la main et le chemin des saisons. Loin des routes agitées, les sons de la nature, dont surtout le coulis de l’eau, sont pris en charge par la plume mur­mu­rante de l’auteure, per­cep­ti­ble à l’oreille, trans­for­mant son écri­t­ure en une riv­ière de mots légers et par­fumés ; quoique sans plus d’illusions. Con­tin­uer la lec­ture

Une étoile solitaire à la recherche de la rédemption

Un coup de cœur du Car­net

Mar­tine ROUHART, Les fan­tômes de Théodore, Mur­mure des soirs, 2020, 116 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930657–60‑8

Comme tous les dimanch­es, Char­lie rend vis­ite à son père Théodore. Ces deux-là sont unis par une belle com­plic­ité où les mots sont super­flus : con­tem­plat­ifs, ils aiment se gorg­er des petites con­tin­gences de la vie. Con­tin­uer la lec­ture

La mer / la mère / l’amer / l’âme erre

Isabelle BIELECKI et Mar­tine ROUHART, pho­togra­phies de Pierre MOREAU, Miroirs à marée basse, Coudri­er, 2019, 77 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930498–94‑2 — Expo­si­tion des pho­tos sur 100 mètres aux Galeries Royales d’Ostende du 24 juin au 4 août 2019

Trente ans ! C’est le temps qu’il a fal­lu à Isabelle Bielec­ki pour com­pren­dre que ses poèmes adressés à la mer, alors écrits « d’un jet brûlant », par­lent en vérité de sa mère. L’amniotique homo­phonie est restée incon­sciente tout ce temps. Ce sont les pho­tos à grand for­mat de son com­pagnon Pierre More­au qui ont réveil­lé ses textes longtemps enfouis. Ils for­ment aujourd’hui la pre­mière par­tie du recueil Miroirs à marée basse. Con­tin­uer la lec­ture