Archives par étiquette : Stéphanie Blanchoud

Quarante-cinq minutes

Stéphanie BLANCHOUD, Le temps qu’il faut à un bébé girafe pour se tenir debout,  Lansman/Rideau, coll. « Théâtre à vif », 2023, 40 p., 10 €, ISBN : 9782807103740

blanchoud le temps qu'il faut a un bebe girafe pour se tenir deboutQuar­ante-cinq min­utes. C’est le temps d’une mi-temps au foot­ball ou le temps qu’il faut à un gira­fon pour se tenir debout, après sa nais­sance. C’est aus­si le temps régle­men­taire que dure une vis­ite au par­loir, en prison. Et le temps que Louise passe sur un banc, chaque mer­cre­di, face au numéro 44 de la rue Berk­endael, à Brux­elles, la prison des femmes.

Tout en comp­tant les trous dans le trot­toir, Louise racon­te son his­toire depuis ce banc. Elle par­le de sa mère qui est comme un fan­tôme à présent. Elle se sou­vient de sa mère qui visait les pigeons avec son pis­to­let à billes. Des his­toires qu’elle leur racon­tait. De sa voix récon­for­t­ante. Mais aus­si de la vio­lence de l’homme qui a partagé sa vie durant dix-huit ans. Quand elle était plus jeune, Louise mon­tait dans sa cham­bre lors de leurs dis­putes et ne redescendait que quand elle entendait Vival­di, signe qu’il était par­ti et que sa maman ramas­sait les morceaux brisés. Dix-huit années à voir sa mère s’éteindre à petit feu. Vival­di était l’échappatoire de celle-ci, sa bouée de sauve­tage. Que s’est-il passé le jour du meurtre ? Le jour où sa mère a mis fin à son cal­vaire en tuant son beau-père ? Louise a plein de ques­tions, mais sa mère ne se sou­vient de rien. Elle se ferme de plus en plus jusqu’à défini­tive­ment refuser de la voir. Con­tin­uer la lec­ture

La cinquantaine et plus !

COLLECTIF, 50 ans, ça se joue !, Lans­man, 2019, 96 p., 12 €, ISBN : 978–2‑8071–0239‑2

Un  Cinquan­te­naire nou­veau vient de pren­dre place dans le paysage cul­turel : celui du Théâtre Jean Vilar. Étrange et for­mi­da­ble his­toire que celle de ce théâtre et de son fon­da­teur, Armand Del­campe…

Le fameux « Walen buiten » de Leu­ven en 1968 fut une érup­tion poli­tique et cul­turelle belge qui a mar­qué depuis l’ac­céléra­tion du proces­sus de fédéral­i­sa­tion de notre pays… Il ne s’ag­it pas ici de glos­er sur ces ques­tions mais de rap­pel­er que le som­met de l’intelligence per­verse et de la bêtise, selon Flaubert ou Jar­ry, a bien eu lieu chez nous. Cela s’est traduit par la sépa­ra­tion, la frac­ture de la Bib­lio­thèque uni­ver­si­taire de Leu­ven Les étu­di­ants fran­coph­o­nes eurent le droit à une demi bib­lio­thèque et les néer­lan­do­phones à l’autre moitié ! Con­tin­uer la lec­ture

« Tu crois que les gens sont morts mais en fait ils ne meurent pas »

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Jack­son Bay, Lans­man, 2017, 64 p., 12€, ISBN : 978–2‑8071–0131‑9

blanchoud jackson bayJack­son Bay, Nou­velle-Zélande. Le bout du monde. Les touristes y vont pour sa nature sauvage, ses plages escarpées, sa faune locale… et surtout sa soli­tude de baie isolée du reste du monde. Le beau temps n’est pas tou­jours de la par­tie. Nor­man, Jeanne, Fish et Mendy y sont coincés. Les intem­péries les oblig­ent à rester enfer­més dans la kitch­enette du camp­ing. L’envie de s’évader est très présente, mais cha­cun doit pren­dre son mal en patience. Dans ce huis-clos non désiré, on tue le temps et on apprend peu à peu à se con­naître. Nor­man et Jeanne, la quar­an­taine, voy­a­gent ensem­ble en camp­ing-car. Nor­man a per­du sa femme, Claire, depuis peu. Il réalise son plus grand rêve : voy­ager en Nou­velle-Zélande, à défaut d’avoir pu le faire avec elle, si ce n’est à tra­vers la lec­ture du Lone­ly Plan­et. Jeanne n’est pas très heureuse dans cette rela­tion. Elle comble son mal-être en par­lant beau­coup. Elle aimerait que Nor­man soit plus ten­dre, mais il reste dans sa bulle. Fish et Mendy, la trentaine, voy­a­gent en soli­taire. Eux aus­si ont emporté avec eux leur lot de mal­heurs. Ils sem­blent se plaire et se rap­prochent l’un de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Le combat d’une rupture

Un coup de coeur du Carnet

Stéphanie BLANCHOUD, Je suis un poids plume, Lans­man, 2017, 36 p., 10€, ISBN : 978–2‑8071–0136‑4

blanchoud.jpgUn cou­ple se sépare. Qui garde la petite lampe ? Le meu­ble en teck ? Les casseroles ? Ces cou­verts, il n’en a plus besoin. Ces assi­ettes ? Ce sont celles de sa grand-mère à elle. Les DVD là, qui les prend ? Et ain­si de suite, jusqu’à la ser­pil­lière et le tapis d’entrée. Peu à peu, leur loge­ment, qui a vu leur amour se révéler, brûler de mille feux avant de s’éteindre douce­ment, est déserté par ses occu­pants. L’appartement est vidé, net­toyé, la clé est ren­due au pro­prié­taire, les sou­venirs sont exilés. Il n’y a plus qu’à se ressourcer ailleurs, voy­ager, essay­er d’oublier, se famil­iaris­er avec la soli­tude, retrou­ver un toit, acheter de la nou­velle vais­selle, inscrire son nom sur la son­nette une Xème fois… Con­tin­uer la lec­ture