Archives par étiquette : Daniel Charneux

Reine de neuf jours

Daniel CHARNEUX, Si près de l’aurore, Luce Wilquin, 2018, 342 p., 22 €, ISBN : 978–2‑88253–546‑7

charneux si pres de l aurore.jpgSans doute est-ce l’effet d’une influ­ence réciproque, mais l’Histoire sem­ble con­naître auprès du pub­lic un notable regain de faveur tant au tra­vers de  la lit­téra­ture que des médias. Ain­si de nom­breuses séries télévisées à car­ac­tère his­torique exploitent-elles, avec gour­man­dise et suc­cès, des fonds lit­téraires anciens ou récents. Avec des choix plus mar­qués pour cer­tains ter­ri­toires et cer­taines épo­ques. C’est certes le cas pour l’Angleterre et par­ti­c­ulière­ment pour l’époque des Tudor qui a inspiré de nom­breuses réal­i­sa­tions comme la  série Wolf Hall par exem­ple, adap­tée de deux romans d’Hilary Man­tel et axée plus par­ti­c­ulière­ment sur la per­son­ne de Cromwell. Ce pour­rait aus­si bien être le cas pour Si près de l’aurore, le roman his­torique de Daniel Charneux  dont l’héroïne n’est autre que Jane Grey, petite fille de Mary Tudor et d’Henry VIII, dont le jeu des suc­ces­sions fit une reine éphémère, à l’âge de seize ans. Zéla­trice sincère et incon­di­tion­nelle de la nou­velle reli­gion angli­cane, elle allait, après un règne éclair de neuf jours, se voir sup­plan­tée et vouée à la hache du bour­reau par sa tante, la très catholique reine Mary 1re dite « la Sanglante », fille d’Henry VIII et de Cather­ine d’Aragon, future épouse aus­si de Philippe II d’Espagne.   Con­tin­uer la lec­ture

Deux vies

Daniel CHARNEUX, Nuage et Eau suivi de Maman Jeanne, post­face de Françoise Chate­lain, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 335 p., 9€

charneuxTout le monde sait, dans les grandes lignes du moins, ce que sont le boud­dhisme et le zen ; ces réal­ités du Lev­ant ont depuis longtemps per­cé la société occi­den­tale. Loin de leur ter­reau ances­tral, elles se voient par­fois envis­agées de façon réduc­trice et for­matée, ou au con­traire, impres­sion­nent, parais­sent réservées à des ini­tiés. Daniel Charneux, dans Nuage et Eau, offre de pénétr­er tout en douceur et en justesse la philoso­phie boud­dhiste. C’est Ryōkan qui sert de guide dans ce voy­age spir­ituel, car c’est son exis­tence qui est égrenée en qua­tre-vingt-un courts frag­ments de vie. Con­tin­uer la lec­ture

Une aventure hasardeuse

Daniel CHARNEUX, More. Essai – vari­a­tions, pré­face de Geneviève Bergé, M.E.O., 2015, 181 p. , 16 € /ePub : 9.99 €               

More Invité à écrire une Vie de saint pour une col­lec­tion qui fera long feu, faute de moyens, Daniel Charneux, qui avait répon­du pos­i­tive­ment à cette sol­lic­i­ta­tion, a con­tin­ué le tra­vail de recherche qu’il avait déjà amor­cé et pour lequel il s’était pris d‘un grand intérêt. Il se cherchera dès lors un autre édi­teur. Ce sera, selon son mot,  la « biofic­tion » du saint de son choix, Thomas More, ami d’Erasme, grand chance­li­er d’Angleterre sous Hen­ri VIII, décapité sur l’ordre de son roi pour avoir refusé de recon­naître son autorité religieuse anti-papale, et ensuite canon­isé au sein de l’église catholique.  Pourquoi avoir choisi ce per­son­nage, inat­ten­du à côté des vies de saints qu’il a pu déchiffr­er lors de ses études de philolo­gie romane, quand pré­valaient encore les  let­tres médié­vales ? Daniel Charneux s’en explique en toute sim­plic­ité : c’est une série de petits inci­dents sur­venus dans son enfance qui le lient à cette fig­ure éton­nante, fût-ce, par exem­ple, la ren­con­tre de son nom,  de deux de ses por­traits et de sa notice dans son pre­mier dic­tio­n­naire Larousse. Le tout lié au sou­venir de son père, de l’école, et de ce moment de la décou­verte du monde. Con­tin­uer la lec­ture

Daniel Charneux, Une semaine de vacance

Vertige du vide

Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, Luc Pire, 2001
Mise à jour 27/05/2024 : une réédi­tion du roman parait le 6 juin 2024 aux édi­tions MEO : Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, MEO, 2024, 16 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782807004498

charneux une semaine de vacance luc pire charneux une semaine de vacanceUne semaine de vacance de Daniel Charneux com­mence comme un roman min­i­mal­iste : l’ab­sence de « s » au mot « vacance » est jus­ti­fiée par le fait que le nar­ra­teur, Jean-Pierre Jou­ve, veut s’en­nuy­er pen­dant ses con­gés : il aspire au vide. Il décide alors de s’of­frir une semaine de ran­don­née dans un départe­ment choisi en jouant aux fléchettes sur une carte de France : la Creuse, dont le nom tombe à pic. Il prévoit son itinéraire à l’a­vance de manière à éviter tous les sites touris­tiques, puis il se met en route. Comme dans un roman min­i­mal­iste, nom­bre de petits faits sans con­séquence sont racon­tés pour eux-mêmes (alors que dans un roman tra­di­tion­nel, les détails ser­vent à l’in­trigue générale ou ont fonc­tion de pro­duire l’ef­fet de réel théorisé par Roland Barthes). Con­tin­uer la lec­ture