Archives par étiquette : Luc Pire

À la recherche du temps perdu

Nathalie GONDRY, Matthieu, Luc Pire, 2022, 186 p., 18 €, ISBN : 9782875422644

gondry matthieuUn cri déchi­rant brise le silence de la nuit. Une mère a per­du son fils de 19 ans, Matthieu, dans un acci­dent de voiture. Le chauf­feur était ivre. Une seule réponse s’impose face à ce drame : le silence.

Juste après l’accident, Nathalie Gondry, qui n’est pas autrice au départ, écrit pour se libér­er. Elle plonge dans les sou­venirs, de la nais­sance de son fils aux derniers moments avec lui, en pas­sant par des anec­dotes de la vie quo­ti­di­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Le combat d’une amazone

Fatouma­ta Fathy SIDIBÉ, La voix d’une rebelle, Luc Pire, 2021, 279 p., 22 € / ePub : 9.99 €, ISBN : 978–2875422132

sidibe la voix d une rebelleFatouma­ta Fathy Sidibé est une femme noire, de cul­ture musul­mane, laïque et fémin­iste qui nous racon­te ici son par­cours mil­i­tant pour les droits humains. Très tôt mar­quée par le con­traste des rôles soci­aux de l’homme et la femme dans son Mali natal, elle se forge naturelle­ment un car­ac­tère de rebelle et de fémin­iste face aux Mali­ennes pris­on­nières des tra­di­tions et du patri­ar­cat Con­tin­uer la lec­ture

À la rencontre de Julos Beaucarne

Nel­ly GAY, Julos Beau­carne. Il faut s’aimer à tort et à tra­vers, Luc Pire, 2020, 160 p., 29 €, ISBN : 9782875421920

gay julos beaucarnePlutôt qu’une biogra­phie, c’est à une vis­ite en toute cor­dial­ité du Julosland – ain­si qu’elle nomme l’univers de Julos Beau­carne – que nous invite Nel­ly Gay dans son ouvrage, Julos Beau­carne, Il faut s’aimer à tort et à tra­vers. Elle ne pou­vait pas écrire un livre pré-cadré, il fal­lait un livre à l’image de cet artiste aux cordes sen­si­bles et mul­ti­ples : imag­i­natif et libre. Mais peut-être faut-il rap­pel­er qui est Julos Beau­carne aux plus jeunes lecteur.rice.s car sa car­rière est en som­meil depuis une petite décen­nie ? Con­tin­uer la lec­ture

“Je n’ai rien remarqué de spécial”

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Luc FONCK, Les hommes préfèrent les grottes, Luc Pire, coll. « Romans de gare/Kill and read », 2016, 144 p., 10 €/ePub : 9.99 €   ISBN : 978–2‑507–05413‑7

fonck«Je m’ap­pelle Hubert. On m’a déjà dit que c’é­tait un drôle de prénom, mais per­son­nelle­ment, je ne trou­ve pas. Pour moi, Jean-Jacques ou Thier­ry, ça, ce sont de drôles de prénoms. Fabi­enne aus­si. Mais Hubert, non, je trou­ve que c’est un prénom comme la plu­part des autres prénoms sauf ceux que je trou­ve drôles. Enfin, de toute façon, ce livre n’est pas con­sacré aux prénoms et à leur taux de drô­lerie. On ne va donc pas en par­ler pen­dant plusieurs lignes.»

Ain­si s’ou­vre la dernière grenade textuelle que Jean-Luc Fon­ck nous lance entre les mains, et qui nous explose au vis­age toutes les qua­tre lignes. Le Mon­ty Python à toute berzingue dans la dili­gence de Lau­rence Sterne avec Alice en guise de cocher, fou­et­tant les chevaux en leur bal­ançant des exem­plaires de L’employé de Stern­berg, et chan­tant du Sttel­l­la. Le pitch ? Hubert, le héros-nar­ra­teur, « une espèce d’a­gent secret », est envoyé en mis­sion : il doit décou­vrir ce qui se passe d’é­trange dans les grottes de Han. Con­tin­uer la lec­ture

Promenades littéraires en Principauté

Guy DELHASSE, Prom­e­nades lit­téraires au pays de Liège, pré­face de Bernard Gheur, Brux­elles, Luc Pire, 2015

delhasseGuy Del­has­se est un récidi­viste. N’a‑t-il pas déjà pub­lié une demi-douzaine de guides lit­téraires depuis 2007, fruits de flâner­ies ped­ibus (ou encore à vélo) qu’il organ­ise au fil des saisons en Wal­lonie ori­en­tale, dans plusieurs lieux han­tés par l’âme des écrivains ? (Ain­si ce sym­pa­thique Guide lit­téraire de Bas­togne en hom­mage à Alain Bertrand, paru cette année chez Dri­cot.) Con­tin­uer la lec­ture

Au bonheur des dames


Eva KAVIAN, Le tré­sor d’Hugo Doigny,  Brux­elles, Luc Pire, 2015, 135 p., 10 €/ePub : 6.49€

kavianC’est au cœur de Namur que l’auteure mal­on­noise Eva Kavian trans­porte le lecteur. On y suit Hugo, his­to­rien n’ayant jamais obtenu le moin­dre diplôme, pas­sion­né de sa ville et de lec­ture et guide saison­nier depuis cinq ans à la majestueuse Citadelle. Mais Le Tré­sor d’Hugo Doigny, c’est aus­si l’histoire de femmes, de beau­coup de femmes ! Il y a d’abord Char­lotte, ensuite Vin­ciane, Laeti­tia, Ginette, Brigitte et enfin Axelle. Leur point com­mun : toutes sont tristes, seules ou aban­don­nées par leur mari. Con­tin­uer la lec­ture

La guerre des polices

Xavier DEUTSCH, La Dyle noire, Luc Pire, 2015, 140 p., 10 € / ePub : 6.49 €, ISBN : 978–2‑87542–097‑8

deutschLa for­mule de la col­lec­tion « Romans de gare / Kill and read », lancée par les Édi­tions Luc Pire, est con­nue : elle asso­cie une ville et une intrigue poli­cière écrite par un auteur belge.  Ce vol­ume con­sacré à la cité de Wavre y ajoute un événe­ment remar­quable, la libéra­tion de l’été 1944. Con­tin­uer la lec­ture

Les caricatures d’un autre barbu

Un coup de coeur du Carnet

Éric VAN DEN ABEELE, Léopold II. Car­i­ca­tures d’un roi, Brux­elles, Luc Pire, 2014, 160 p., 29 €

van den abeele_saenenAvec la bouille en poire de Louis-Philippe en France, le faciès roy­al qui inspi­ra le plus volon­tiers la presse satirique du XIXe siè­cle fut celui de Léopold II. Déclinée en objets (stat­uettes, coupe-papi­er, pipes) ou sur tous les sup­ports imag­in­ables (tim­bres, pub­lic­ités, cartes d’affiliation à un club, éven­tails, etc.), la sil­hou­ette recon­naiss­able entre mille du sou­verain à la redin­gote som­bre aura pul­lulé durant un règne long de quar­ante-qua­tre ans. Le riche ouvrage Léopold II. Car­i­ca­tures d’un roi d’Éric Van Den Abeele nous per­met de mesur­er cette omniprésence de Léopold II dans le champ de la représen­ta­tion car­i­cat­u­rale. Con­tin­uer la lec­ture

En cavale

Un coup de coeur du Carnet


Agnès DUMONT, Le gar­di­en d’Ansembourg, Brux­elles, Luc Pire, coll. « Romans de gare / Kill and read », 146 p., 10 €/ePUB : 6.99 €

dumontDans le pays qui a accueil­li la pre­mière jonc­tion fer­rovi­aire entre deux villes européennes, il n’est rien d’étonnant à ce que le genre du « roman de gare » ait ses let­tres de noblesse. Et bien heureux qui, sur un quai désert, sor­ti­ra de sa poche Le Gar­di­en d’Ansembourg au moment où une annonce-micro lui appren­dra que telle grève inopinée ou telle rup­ture de caté­naire entraîn­era des retards… Con­tin­uer la lec­ture

Line Alexandre, Petites pratiques de la mort

Cadavres exquis

Line ALEXANDRE, Petites pra­tiques de la mort, Luc Pire, coll. “Le grand miroir”, 2008

alexandre petites pratiques de la mort« Le romanci­er … est ter­ri­ble­ment exposé à la vie », écrit Vir­ginia Woolf, dans un arti­cle pub­lié par le New York Her­ald Tri­bune, en 1926. Il ne peut, selon elle, se tenir en retrait comme les autres artistes car il n’oublie jamais et est rarement dis­trait, stim­ulé et manip­ulé en même temps par la réal­ité dont il tire son art. Peut-être a for­tiori s’il est une femme, serais-je ten­tée d’ajouter. Qu’en dirait Line Alexan­dre, elle qui, sans le savoir, lance comme un défi à cela qui paraît une évi­dence à son illus­tre devan­cière ? La vie, elle la prend à bras-le-corps, la con­sid­érant d’un point de vue inédit, dans un pre­mier roman, Petites pra­tiques de la mort, aus­si orig­i­nal que son titre peut l’annoncer. Con­tin­uer la lec­ture

Daniel Charneux, Une semaine de vacance

Vertige du vide

Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, Luc Pire, 2001
Mise à jour 27/05/2024 : une réédi­tion du roman parait le 6 juin 2024 aux édi­tions MEO : Daniel CHARNEUXUne semaine de vacance, MEO, 2024, 16 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 9782807004498

charneux une semaine de vacance luc pire charneux une semaine de vacanceUne semaine de vacance de Daniel Charneux com­mence comme un roman min­i­mal­iste : l’ab­sence de « s » au mot « vacance » est jus­ti­fiée par le fait que le nar­ra­teur, Jean-Pierre Jou­ve, veut s’en­nuy­er pen­dant ses con­gés : il aspire au vide. Il décide alors de s’of­frir une semaine de ran­don­née dans un départe­ment choisi en jouant aux fléchettes sur une carte de France : la Creuse, dont le nom tombe à pic. Il prévoit son itinéraire à l’a­vance de manière à éviter tous les sites touris­tiques, puis il se met en route. Comme dans un roman min­i­mal­iste, nom­bre de petits faits sans con­séquence sont racon­tés pour eux-mêmes (alors que dans un roman tra­di­tion­nel, les détails ser­vent à l’in­trigue générale ou ont fonc­tion de pro­duire l’ef­fet de réel théorisé par Roland Barthes). Con­tin­uer la lec­ture