Archives par étiquette : Émile Verhaeren

Émile Verhaeren, la pensée anarchiste d’un poète

David GULLENTOPS, Émile Ver­haeren inédit, Brux­elles, VUB­Press, 2015, 215 p., 25,95 €

D. Gullentops, Émile Verhaeren inéditL’abord d’un poète par la descrip­tion de son imag­i­naire pré­cip­ite le risque de sa mécon­nais­sance puisqu’elle facilite la représen­ta­tion ver­si­fi­ca­trice, nat­u­ral­iste et sen­ti­men­tale du poète et de la poésie. Le refus de cet apri­ori nous met face à la ques­tion : quelle pen­sée dans la poésie ? Car pen­sée il y a, d’autant plus forte qu’elle n’est pas con­ceptuelle, qu’elle donne, comme toutes les approches artis­tiques, une autre forme de pen­sée. Autour des années soix­ante du XXème siè­cle, le renou­veau cri­tique écla­tant avait fait de grands pas dans cette recherche de la pen­sée d’une forme avant que les restau­ra­tions tra­di­tion­nal­istes ne la recou­vrent de leurs pré­ten­tions pseu­do-sci­en­tifiques et pseu­do-lit­téraires. Le meurtre du ques­tion­nement par la biogra­phie monologique est ain­si suivi ou accom­pa­g­né de la céré­monie funèbre de l’essai styl­isé. D’où le retour de l’académisme « human­iste » dont les noms d’Antoine Com­pagnon ou de Tzve­tan Todor­ov sont aujourd’hui d’autant plus les coupables à désign­er qu’ils se paraient des per­cées de la Nou­velle Cri­tique ou des For­mal­istes Russ­es. Le symp­tôme le plus scan­daleux de cette sit­u­a­tion appa­raît dans la réduc­tion de l’auteur des Essais cri­tiques et des Élé­ments de sémi­olo­gie, Roland Barthes, à la fig­ure d’un « anti-mod­erne », minia­tur­isé, à la manière des Jivaros plus que du XVI­I­Ième, dans ses Frag­ments d’un dis­cours amoureux quand ce n’est pas dans le jour­nal intime du deuil de sa mère… Con­tin­uer la lec­ture

« Voici un pavé ! » ou l’immense et beau travail de citations

Émile Van Bal­berghe, « La Bel­gique même s’en est mêlée, justes cieux ! » Léon Bloy et la Bel­gique, I, Édi­tion des écrits sur Léon Bloy pub­liés de son vivant par des Belges ou en Bel­gique, pré­face de Pierre Glaudes, Mons, Uni­ver­sité de Mons, Ser­vice de Com­mu­ni­ca­tion écrite, coll. « Travaux et doc­u­ments » n° 3, 2014, 317 p.

Pre­mier d’une série d’ouvrages d’Émile Van Bal­berghe  sur Léon Bloy, celui-ci, « La Bel­gique même s’en est mêlée, justes cieux ! » Léon Bloy et la Bel­gique, I, est dévolu à l’édition des écrits sur Léon Bloy, pub­liés de son vivant, par des Belges ou en Bel­gique. La matière est con­sid­érable, con­sti­tuée par un cor­pus doc­u­men­taire établi avec pré­ci­sion et rigueur, en recourant tou­jours aux doc­u­ments orig­in­aux, par cet éru­dit de l’extrême qu’est Émile Van Bal­berghe. Pourquoi Léon Bloy a‑t-il intéressé autant ses con­tem­po­rains belges, écrivains et cri­tiques ? On peut se pos­er la ques­tion, sachant que cet impré­ca­teur pro­fes­sion­nel n’a pas man­qué d’assassiner aus­si la Bel­gique de ses pro­pos : Con­tin­uer la lec­ture

Des insurgés, des rebelles, des “fantastiqueurs”

Jean-Bap­tiste BARONIAN, La Lit­téra­ture fan­tas­tique belge. Une affaire d’insurgés, Académie Royale de Bel­gique, coll. « L’Académie en poche », 70 p.

baronianQui d’autre que Jean-Bap­tiste Baron­ian pou­vait relever le défi d’explorer en moins de soix­ante pages un domaine entier de nos Let­tres, celui du fan­tas­tique ? Si le tour d’horizon est exhaus­tif, il ne vise bien enten­du qu’à la syn­thèse. L’on trou­vera peu de détails biographiques ou d’études fouil­lées au sujet des nom­breux auteurs cités dans cette pla­que­tte. Par con­tre, quelle mise en appétit lit­téraire, dès qu’un éru­dit de cette enver­gure, au lieu de cul­tiv­er jalouse­ment le plaisir de ses con­nais­sances, ouvre ain­si les portes de sa bib­lio­thèque intime ! Con­tin­uer la lec­ture