Archives par étiquette : Jean Ray

Littérature et ésotérisme

Lau­rence BROGNIEZ et Stéphanie PEEL (sous la dir. de), Ésotérique Bel­gique, Textyles n°69, Ker, 2025, 178 p., 18 €, ISBN : 9782875865366

textyles 69 esotérique belgiqueCe remar­quable dossier de la revue Textyles comble un vide à pre­mière vue éton­nant : il pal­lie l’absence d’études de fond con­sacrées au lien entre lit­téra­ture belge et ésotérisme. Signée par Lau­rence Brog­niez et Stéphanie Peel, l’introduction pose la méthodolo­gie qui pré­side au rassem­ble­ment des con­tri­bu­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Éric Brog­ni­et. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2023 de Michel Torrekens

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la sélec­tion de Michel Tor­rekens. Con­tin­uer la lec­ture

Sur les traces d’Oncle John

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Lord John, Névrosée, coll. « Sous-Exposés », 2020, 220 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931048–44‑3

baronian lord johnSous-exposé, Jean-Bap­tiste Baron­ian ? Lui qui a une bib­li­ogra­phie longue comme les deux bras, et dans des gen­res très var­iés, de la lit­téra­ture de jeunesse à l’essai, en pas­sant par les dic­tio­n­naires amoureux (le dernier en date de la cui­sine et de la gas­tronomie belges, au Rouer­gue) ou ency­clopédiques (celui, remar­quable­ment dirigé par ses soins, sur Rim­baud) mais aus­si la nou­velle, le roman polici­er ou d’amour ? Lui dont le nom est cité avec cette déférence qu’on n’accorde qu’aux mon­stres sacrés par tous les ama­teurs du genre fan­tas­tique ou par les simenon­iens – deux castes lit­téraires éminem­ment exigeantes, peu­plées d’érudits à qui on ne la fait pas ? Lui qui, inlass­able­ment, courageuse­ment, joue son rôle de passeur dans divers­es revues lit­téraires, afin de don­ner à lire des clas­siques oubliés comme les plumes con­tem­po­raines que son flair infail­li­ble lui fait dénich­er ? En sus, force est de con­stater que la qual­ité de sa pro­duc­tion – que seuls les grincheux, jaloux de cette énergie cav­aleuse qu’ils sont inca­pables de suiv­re, qual­i­fieront de pléthorique, voire de dis­per­sée – ne faib­lit pas. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 3 de Philippe Remy-Wilkin

Chaque jour, Le Car­net et les Instants revis­ite l’an­née lit­téraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujour­d’hui : la dou­ble sélec­tion de Philippe Remy-Wilkin. Con­tin­uer la lec­ture

La Fureur de lire : les 6 plaquettes de l’édition 2020

À l’oc­ca­sion de la Fureur de lire, 6 pla­que­ttes — nou­velles, albums illus­trés ou ban­des dess­inés — signées d’au­teurs et illus­tra­teurs de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles sont pub­liées et disponibles gra­tu­ite­ment. Voici les titres de l’édi­tion 2020. Con­tin­uer la lec­ture

Les débuts de Jean Ray

Jean RAY, Les con­tes du whisky, texte établi par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2019, 256 p., 10 Ꞓ, ISBN 978–2‑87568–420‑2
Le car­net péd­a­gogique « Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray » est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

ray les contes du whisky espace nordEn 1925, le Gan­tois Ray­mond De Kre­mer, 38 ans, a déjà pub­lié divers textes dans des péri­odiques, la plu­part en néer­landais, sous le pseu­do­nyme “Jean Ray”. C’est alors que La Renais­sance du Livre édite en français – désor­mais sa langue d’écrivain – son pre­mier vol­ume, Les con­tes du whisky, recueil de vingt-sept nou­velles étranges parues en revue aupar­a­vant, sauf une. Con­tin­uer la lec­ture

L’alter-belgitude, ce frémissement enténébré qui court de Bosch à Spilliaert…

Un coup de cœur du Car­net

Jean RAY, Le grand noc­turne / Les cer­cles de l’épouvante, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 434 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–419‑6
Le car­net péd­a­gogique « Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray » est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

Rap­pel. Espace Nord est une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale con­sacrée aux per­les de notre his­toire lit­téraire (belge fran­coph­o­ne). Son cat­a­logue, remar­quable, appar­tient à la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles qui a con­fié l’édition, par marché pub­lic, aux Impres­sions Nou­velles.

Obser­va­tions prélim­i­naires. Les ouvrages sont de mag­nifiques objets, excellem­ment orchestrés. Celui-ci n’y déroge pas : de la superbe illus­tra­tion de cou­ver­ture (de Romain Renard) à la mise en page soignée, en pas­sant par l’accompagnement édi­to­r­i­al d’Arnaud Hufti­er, la post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, les dossiers biographique et bib­li­ographique. Con­tin­uer la lec­ture

Délice et terreur

Un coup de cœur du Car­net

Jean RAY,Le car­rousel des malé­fices, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 254 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–480‑6
Le car­net péd­a­gogique “Le fan­tas­tique, autour de Jean Ray” est télécharge­able gra­tu­ite­ment sur le site Espace Nord

Quand la rédac­tion du Car­net vous pro­pose de chroni­quer la sor­tie, dans la col­lec­tion Espace Nord, d’un recueil de Jean Ray, vous êtes partagé entre délice et ter­reur. Délice parce que per­spec­tive d’une lec­ture déli­cieuse, plaisir mul­ti­plié par les échos de lec­tures anci­ennes, nos­tal­gie d’une époque révolue où, étu­di­ant, je tour­nais, hal­lu­ciné, les pages de Malper­tu­is, déjà chez Espace Nord, ou celles des Cer­cles de l’épouvante et du Grand noc­turne, pages qui ne m’ont pas quit­té, dont j’ai fréquen­té régulière­ment les mys­tères, en témoigne l’état de mes bouquins. Délice aus­si parce que quand on est belge fran­coph­o­ne et qu’on aime la lit­téra­ture, on a l’âme caressée du côté de la bib­lio­thèque de savoir qu’une col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale fait du si bon tra­vail. Mais ter­reur, bien enten­du, parce qu’on se sent bien petit devant l’ampleur de la tâche. Con­tin­uer la lec­ture

« … toute l’horreur de Malpertuis »

Jean RAY, Malper­tu­is, His­toire d’une mai­son fan­tas­tique, édi­tion établie par Arnaud Hufti­er, post­face de Jacques Car­i­on et Joseph Duhamel, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2020, 300 p., 10 €, ISBN : 978–2875684790

Pour les férus de fan­tas­tique, le nom Malper­tu­is est, tout comme celui de Ctul­hu, syn­onyme d’épouvante. Chez les ama­teurs de « Nos Let­tres » en général, le titre Malper­tu­is résonne comme un moment cap­i­tal de l’histoire lit­téraire belge et se hisse au rang d’un clas­sique. La déf­i­ni­tion, attribuée à Mark Twain, de cette caté­gorie d’ouvrages est con­nue : « un livre dont tout le monde par­le et que per­son­ne n’a lu ». Et c’est sans doute le sort réservé depuis sa pub­li­ca­tion, au mitan de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, à ce roman-mon­stre, ardu, com­plexe, unique. Con­tin­uer la lec­ture

De quoi est faite l’amitié en littérature ?

Jean-Louis ÉTIENNE, Jean Ray / Thomas Owen. Cor­re­spon­dances lit­téraires, Pré­face d’Arnaud Hufti­er, Post­face d’Anne Neuschäfer, Valen­ci­ennes, Press­es Uni­ver­si­taires  de Valen­ci­ennes, 2016, 302 p., 19 €, ISBN : 13 9782364240513

etienneCom­mençons par la pré­face qui cadre bien les enjeux du livre. Arnaud Hufti­er y fait remar­quer l’importance du « principe asso­ci­atif » dont use la cri­tique : un nou­v­el auteur est com­paré à un auteur bien con­nu. Com­para­i­son néces­saire­ment réduc­trice car elle nég­lige des qual­ités de l’écrivain mais aus­si d’autres aspects du champ lit­téraire. Mais, à terme, elle per­met cepen­dant  à ce nou­v­el auteur de jouer de cette référence, de se posi­tion­ner et de se con­stru­ire une per­son­nal­ité lit­téraire pro­pre, en accen­tu­ant ce qui le dif­féren­cie de l’auteur à qui il est com­paré : il peut devenir « autonome ». Avant éventuelle­ment – mais après com­bi­en de temps ? – de devenir lui-même une référence. C’est ain­si que l’on a qual­i­fié Jean Ray d’« Edgar Poe belge » ou de « Love­craft fla­mand », avant qu’il ne devi­enne lui-même la référence pour Thomas Owen. Con­tin­uer la lec­ture

Le Jean Ray d’Henri Vernes

Hen­ri VERNES, Thier­ry MORTIAUX, Jean Ray, 14 rue d’Or, pré­face de Jean-Bap­tiste Baron­ian, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2016, 141 p., 36 €

vernesHen­ri Vernes s’honore d’une ami­tié de vingt ans avec Jean Ray. Après divers­es pré­faces et post­faces, il pro­pose main­tenant un texte de plus grande ampleur. Son livre oscille entre sou­venirs per­son­nels et réflex­ions sur l’art lit­téraire de Jean Ray.

Il ren­con­tre le Gan­tois en 1943, alors que celui-ci pub­lie beau­coup, des textes majeurs, qui sont aus­si des suc­cès de vente. L’après-guerre est cepen­dant une péri­ode plus terne pour Ray qui croit son heure passée. Mais Vernes, qui devient un auteur de référence chez Marabout, conçoit un pro­jet de réédi­tion. Il apporte aujourd’hui des pré­ci­sions sur les cir­con­stances de ces réédi­tions, par­ti­c­ulière­ment celles des Har­ry Dick­son, aux­quels Ray ne sem­blait plus croire du tout. H. Vernes a égale­ment été impliqué dans les négo­ci­a­tions avec Alain Resnais pour l’adaptation au ciné­ma d’Har­ry Dick­son, et explique les raisons de l’abandon du pro­jet. Con­tin­uer la lec­ture

Lire ou relire Jean Ray ? Oui et oui

Un coup de coeur du Carnet

Jean RAY, Les con­tes du whisky, Paris, Alma, 2016, 283 p., 18 €
Jean RAY, La cité de l’indicible peur, Paris, Alma, 2016, 253 p., 18 €

ray whiskyLa ques­tion de la disponi­bil­ité des droits ayant trou­vé une solu­tion, les édi­tions Alma se lan­cent aujourd’hui dans un néces­saire et ambitieux pro­gramme de réédi­tions de Jean Ray. Comme le dit Arnaud Hufti­er, maître d’œuvre de ce tra­vail, on a mal­heureuse­ment per­du une généra­tion de lecteurs. Il faut main­tenant ten­ter de réim­pos­er le nom de Jean Ray dans l’univers fran­coph­o­ne dont il était presque totale­ment absent depuis la fin des années 80 et les pub­li­ca­tions chez NéO, si l’on excepte les trois titres disponibles dans la col­lec­tion Espace Nord. Par con­tre, il n’a jamais cessé d’être édité dans d’autres langues et est encore con­sid­éré aujourd’hui, en dehors du domaine fran­coph­o­ne, comme un auteur majeur de la lit­téra­ture et pas seule­ment de la lit­téra­ture de l’étrange. Con­tin­uer la lec­ture

Des insurgés, des rebelles, des “fantastiqueurs”

Jean-Bap­tiste BARONIAN, La Lit­téra­ture fan­tas­tique belge. Une affaire d’insurgés, Académie Royale de Bel­gique, coll. « L’Académie en poche », 70 p.

baronianQui d’autre que Jean-Bap­tiste Baron­ian pou­vait relever le défi d’explorer en moins de soix­ante pages un domaine entier de nos Let­tres, celui du fan­tas­tique ? Si le tour d’horizon est exhaus­tif, il ne vise bien enten­du qu’à la syn­thèse. L’on trou­vera peu de détails biographiques ou d’études fouil­lées au sujet des nom­breux auteurs cités dans cette pla­que­tte. Par con­tre, quelle mise en appétit lit­téraire, dès qu’un éru­dit de cette enver­gure, au lieu de cul­tiv­er jalouse­ment le plaisir de ses con­nais­sances, ouvre ain­si les portes de sa bib­lio­thèque intime ! Con­tin­uer la lec­ture

Au coeur de la création

Anne RICHTER, Étranges et fam­i­liers – 38 por­traits d’écrivains de Simenon à Éric-Emmanuel Schmitt, Water­loo, Avant-Pro­pos, 2015, 256 p., 19,95 €

richer_cottonSous un titre dont le para­doxe incline déjà à de hautes  curiosités, Anne Richter pro­pose, dans Étranges et fam­i­liers, les por­traits de trente-huit écrivains – dont une ving­taine de Belges – qui ont sus­cité chez elle un intérêt par­ti­c­uli­er. Con­tin­uer la lec­ture