Alain DANTINNE, André DOMS, Jean-Louis RAMBOUR, Pierre TREFOIS, Sur La Rupture des falaises de Pierre Bartholomée, L’herbe qui tremble, coll. « Trait d’union », 2024, 60 p., 12 €, ISBN : 978–2‑491462–83‑3
Autour de La Rupture des falaises, une œuvre musicale du compositeur et chef d’orchestre Pierre Bartholomée, créée en 2008, récemment enregistrée, une autre partition, de dessins et de poèmes, retentit, tissant des harmoniques visuels et scripturaux. Les dessins de Pierre Tréfois, les textes poétiques d’Alain Dantinne, d’André Doms et de Jean-Louis Rambour forment comme un quatuor qui traduit le champ sonore dans un espace autre. Des vagues de poèmes et de dessins montent à l’assaut de la création de Pierre Bartholomée, laquelle évoque la figure de la mystique et poétesse Hadewijch d’Anvers. Nés de l’écoute de l’œuvre musicale, d’une source sonore, les dessins intitulés « Érosion-Rébellion » et les poèmes inscrivent leurs interrogations esthétiques dans un geste activiste en phase avec le mouvement Extinction-Rebellion. Continuer la lecture
Plaisir non dissimulé de retrouver la voix toujours voyageuse et lucide du poète Alain Dantinne avec ce nouveau recueil publié à L’herbe qui tremble. Comme un prolongement 


À vivre depuis quelques mois comme des reclus, on en viendrait presque à perdre le nord et dès lors, la notion du voyage. Étourdis, désorientés, nous n’avons, comme seul horizon, que celui de la chambre autour de laquelle nous bombinons. Dans cette attente de nouveaux départs, la lecture du volume-anthologie d’Alain Dantinne, Amour quelque part le nom d’un fleuve, ravive l’espoir. Celui non seulement d’envisager reprendre la route, entonner une fois encore le chant des pistes mais plus essentiel peut-être, celui de pouvoir choisir son exil intérieur. Et c’est justement par ce titre que débute la déambulation dans l’œuvre du poète-voyageur Dantinne. Toute la tension qui anime l’écriture de l’auteur est là, présente dès ce premier recueil
« Plongez dans le parcours d’un enseignant libre et rétif à toute discipline imposée, imaginatif, fou de poésie et de théâtre ! Un prof philosophe qui voyage et aime partager ses découvertes, n’hésitant pas à transformer sa classe en agora et à pousser chaque élève au bout de lui-même. »
« Écrire, c’est scruter le visible pour entendre l’invisible », nous dit Alain Dantinne aux premières pages de Brise de mère. Un livre intense, dans lequel il scrute, en chapitres courts — instants de vie, scènes saisies sur le vif, émotions vivaces -, son histoire familiale jusqu’à un présent déchirant. Marqués par la présence de sa mère, le lien indéfectible qui les a noués dès l’enfance : ce « elle-et-moi » longtemps limpide, parfois orageux, mais invincible.
Comme chaque année au début de l’été, Livres Hebdo a annoncé les chiffres de la prochaine rentrée littéraire en France. En 2017, ce seront 581 romans et recueils de nouvelles qui arriveront sur les tables des libraires. Ils étaient 560 l’année dernière. Parmi les 581, le magazine a recensé 390 titres d’auteurs francophones et 81 premiers romans. Plusieurs auteurs belges seront de la partie.
Bon. Allez. J’avoue. Je jalouse, extrêmement, tous ces gaillards, toutes ces gaillardes, à l’œil vif et pointu, ces intelligences en éveil, capables de vous écrire, en deux lignes, une phrase qui tue, un aphorisme, un trait d’esprit tout ce qu’il y a de plus aiguisé, de plus perçant, de plus rosse ou de plus drôle. C’est que, pour ma part, on me rangerait plutôt sur une autre armoire. Celle de la vie ralentie. De l’œil terne et sans éclat. De l’intelligence molle du genou. Toujours en retard d’une guerre en somme. De sorte que, petite vengeance sournoise et personnelle, je l’avoue, je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir un recueil d’aphorismes sans partir à la traque, à l’affût des phrases bancales, celles qui retombent comme un soufflé, celles où l’intelligence serait, pour ainsi dire, à force de faire sa maligne, comme prise en défaut.
« Au cœur de l’écriture / l’ombre de la main / Au cœur de l’ombre / une fêlure / Au cœur de la fêlure / l’absence / Au creux de l’absence / la poésie »
Ces Propos éphémères sont ceux qu’Alain Dantinne vient de confier à quelques heureux – entendons les happy few amoureux de la belle ouvrage bibliophilique. Ainsi le dernier-né de Dantinne a‑t-il été « Composé au plomb dans ce vieux romain corps 10 et tiré sur presse typographique à platine du siècle dernier, par un typographe non moins jeune… » Et l’éditeur (Arch’Libris à Charleville-Mézières) de préciser encore : « Tirage à 178 exemplaires numérotés augmenté de 22 exemplaires de chapelle », ce qui résonne déjà, aux oreilles de bibliophiles, comme un début de poème…