Archives par étiquette : culture

Pour que la culture embrasse les cultures

Jean HURSTEL, Cul­tures des lisières. Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 144 p., 12 €   ISBN : 978–2872671960

hurstel.jpgCul­tures des lisières. Un beau titre, plein de promess­es, au sous-titre exci­tant Éloge des passeurs, con­tre­bandiers et autres explo­rateurs, pour le livre dans lequel Jean Hurs­tel, acteur pas­sion­né, engagé de la vie cul­turelle, par­ti­c­ulière­ment dans le domaine théâ­tral, retra­verse son par­cours avec autant de rigueur que de fran­chise et de sen­si­bil­ité.

De Stras­bourg où il s’inscrit à seize ans à l’École supérieure d’Art dra­ma­tique, qui vise à for­mer des acteurs pour aller au-devant des publics pop­u­laires, puis, étu­di­ant en philoso­phie à l’Université, y créait le Théâtre uni­ver­si­taire, à Brux­elles où il pré­side depuis dix ans les Halles de Schaer­beek, c’est un itinéraire aux mul­ti­ples étapes qu’il revit avec nous. Porté par l’ardente con­vic­tion que toute poli­tique cul­turelle doit se fonder sur l’histoire de l’art, la créa­tion artis­tique, mais aus­si sur la ren­con­tre avec les pop­u­la­tions trop sou­vent oubliées de la cul­ture offi­cielle, celles des zones indus­trielles désaf­fec­tées, des périphéries urbaines, des cam­pagnes aban­don­nées. Con­tin­uer la lec­ture

Les mémoires du Baron perché

Jacques FRANCK, La vie est un voy­age, pré­face de Jacques De Deck­er, regard de Stéphane Lam­bert, témoignage de Fran­cis Van de Woestyne, Luce Wilquin, 2016, 350 p., 25 €/ePub : 17.99 €, ISBN : 978–2‑88253–522‑1

franck.jpgPour peu qu’on s’intéresse à la presse belge, et davan­tage encore à la cul­ture, le nom de Jacques Franck est indé­fectible­ment lié à l’histoire du quo­ti­di­en La Libre Bel­gique, où il est entré comme jour­nal­iste, en… 1957, alors même que s’érigeait à Brux­elles l’Atomium.

Né en 1931 dans une famille aisée des envi­rons d’Anvers, ten­té un moment par la diplo­matie (dont il a gardé un sens cer­tain de la dis­cré­tion et l’art de négoci­er), Jacques Franck a longtemps dirigé la rédac­tion de La Libre, après avoir semé un peu partout dans ses pages les traces de son inlass­able curiosité pour le monde. Aujourd’hui encore, bien que retiré offi­cielle­ment depuis 1996 de toute charge pro­fes­sion­nelle, celui qui est devenu le baron Franck, pub­lie chaque semaine ou presque un arti­cle, tou­jours élégam­ment tourné, dans les pages lit­téraires du quo­ti­di­en. Autant dire qu’il n’en sor­ti­ra sans doute jamais, et qu’à l’instar du Baron per­ché d’Italo Calvi­no, il con­tin­uera, pour le plus grand bon­heur de ses afi­ciona­dos, de chercher à com­pren­dre (« Intel­lig­ite ! » est sa devise nobil­i­aire) les mou­ve­ments d’horlogerie qui exer­cent, pour le meilleur et pour le pire, leur implaca­ble tic-tac sur le monde et notre temps. Con­tin­uer la lec­ture

Le spectacle de la culture n’est pas la culture

Francine GHYSEN

dapoz_ghysenQui en eût douté ? Sous le titre sere­in La cap­i­tale de la cul­ture, c’est un pam­phlet que nous livre Jacques Dapoz. Écrit à l’encre noire, sar­cas­tique, avec des flam­bées d’un rouge moqueur, qui ne craint pas l’outrance, et même, par­fois, s’en réclame. Con­tin­uer la lec­ture