Archives par étiquette : mémoires

La sérénité du plongeur de fond

Jean-Luc OUTERS, Le com­mence­ment, l’éternité, Impres­sions nou­velles, 2025, 200 p., 18 €, ISBN : 9782390702511

outers le commencement l'éternitéToute écri­t­ure de l’enfance est roman davan­tage qu’autobiographie, dans la mesure où il s’agit à l’auteur.ice qui ose s’emparer de ce sujet si flou et flu­ant, son moi ancien, de faire renaitre un monde irrémé­di­a­ble­ment englouti par le cours du temps, enfoui dans les tré­fonds de l’intimité. Pour Jean-Luc Out­ers, renouer avec le com­mence­ment, l’éternité de son être, c’est pro­pos­er en une suite de chapitres ser­rés autant de microfic­tions où il met en scène le per­son­nel de son réc­it famil­ial et fam­i­li­er ; et de microfrictions où il con­voque sen­sa­tions, humeurs, émo­tions, ten­sions et joies pour nous en faire ressen­tir l’étoffe, en toute prox­im­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Démêler le chaos du monde

Colette BRAECKMAN, Mes car­nets noirs, Weyrich, 2023, 444 p., 28 € / ePub : 22,99 €, ISBN : 9782874899096

braeckman mes carnets noirsLe nom de Colette Braeck­man est intime­ment lié au quo­ti­di­en Le Soir, pour lequel elle tra­vaille depuis des décen­nies, et au Con­go, ce pays dont elle a acquis une con­nais­sance incon­testable depuis de nom­breuses années. Elle vient de pub­li­er un ouvrage imposant dans lequel elle nous livre pas à pas son itinéraire de jour­nal­iste, avec un souci de faire mémoire nour­ri d’une sincérité peu com­mune. Con­tin­uer la lec­ture

Les deux amours de Lôc Vàng, chanteur à la voix d’or et à la vie tragique

Un coup de cœur du Car­net

Tuyêt-Nga NGUYEN, 927, Onlit, 2023, 300 p., 18,5 € / ePub : 9,49 €, ISBN : 978–2‑87560–171‑1

nguyen 927927, 3 chiffres en titre pour con­denser tout un roman. 927, 3 chiffres aux­quels on a ten­té de réduire la vie et l’art d’un homme. 3 chiffres qui cachent toute l’émotion qui se dégage à la lec­ture des mémoires de cet homme, Lôc Vàng, chanteur de Nhac Vàng (Musique jaune, d’or), genre musi­cal viet­namien qui n’est pas sans rap­pel­er le boléro et par­le d’amour, de cœurs brisés, de la con­di­tion humaine et qui fut inter­dit par le pou­voir com­mu­niste dans les années 60. 927 n’est pas le titre de ces mémoires mais celui du nou­veau roman de Tuyêt-Nga Nguyên dont ils sont une part. Nous expliquons. Con­tin­uer la lec­ture

« Mais comment peut-on être artiste ? »

Léon WUIDAR, Mémoires d’un pein­tre lié­geois, 1945–1980, Pré­face de Xavier Canonne, Per­ron, 2018, 144 p., 30 €, ISBN : 978–2‑87114–260‑7

De la même manière que Mon­tesquieu inter­ro­geait l’altérité dans ses Let­tres per­sanes, pour mieux faire saisir qu’il n’y a pas anom­alie mais dif­férence, ouver­ture au monde plutôt que repli sur soi, ain­si pour­rait-on retenir entre nos doigts le fil rouge que tend l’artiste Léon Wuidar (Liège, 1938) dans ses Mémoires d’un pein­tre lié­geois.

Élevé, comme il le dit lui-même, « dans le silence d’un milieu famil­ial, sco­laire et social peu porté sur les ques­tions esthé­tiques », le jeune Wuidar devient par la suite pro­fesseur de dessin, puis au milieu des années 1970, d’arts graphiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège – tout en cher­chant en par­al­lèle son pro­pre chemin artis­tique. Et c’est prob­a­ble­ment ce qui frappe immé­di­ate­ment le lecteur dans ces mémoires, qui ne cou­vrent que les quar­ante pre­mières années de la vie de Wuidar : l’étonnement dis­cret, le regard presque incré­d­ule que l’auteur porte sur l’artiste qu’il est lui-même devenu. Con­tin­uer la lec­ture

La caverne aux merveilles, l’Esprit Frappeur

Albert-André LHEUREUX, L’Esprit frappeur, réc­it d’une aven­ture théâ­trale, pré­face de Jacques De Deck­er, Genèse, 2017, 19,50 €, ISBN : 1094689092

lheureux.jpgLes sou­venirs de spec­ta­cles sont des luci­oles, elles sur­gis­sent de la nuit, nous illu­mi­nent avant de rep­longer dans l’obscurité. Les pho­tos, les vidéos, les cap­ta­tions, sont des traces sou­vent mélan­col­iques pour celles et ceux qui ont vécu la ren­con­tre de ces spec­ta­cles vivants. Con­tin­uer la lec­ture

Les mémoires du Baron perché

Jacques FRANCK, La vie est un voy­age, pré­face de Jacques De Deck­er, regard de Stéphane Lam­bert, témoignage de Fran­cis Van de Woestyne, Luce Wilquin, 2016, 350 p., 25 €/ePub : 17.99 €, ISBN : 978–2‑88253–522‑1

franck.jpgPour peu qu’on s’intéresse à la presse belge, et davan­tage encore à la cul­ture, le nom de Jacques Franck est indé­fectible­ment lié à l’histoire du quo­ti­di­en La Libre Bel­gique, où il est entré comme jour­nal­iste, en… 1957, alors même que s’érigeait à Brux­elles l’Atomium.

Né en 1931 dans une famille aisée des envi­rons d’Anvers, ten­té un moment par la diplo­matie (dont il a gardé un sens cer­tain de la dis­cré­tion et l’art de négoci­er), Jacques Franck a longtemps dirigé la rédac­tion de La Libre, après avoir semé un peu partout dans ses pages les traces de son inlass­able curiosité pour le monde. Aujourd’hui encore, bien que retiré offi­cielle­ment depuis 1996 de toute charge pro­fes­sion­nelle, celui qui est devenu le baron Franck, pub­lie chaque semaine ou presque un arti­cle, tou­jours élégam­ment tourné, dans les pages lit­téraires du quo­ti­di­en. Autant dire qu’il n’en sor­ti­ra sans doute jamais, et qu’à l’instar du Baron per­ché d’Italo Calvi­no, il con­tin­uera, pour le plus grand bon­heur de ses afi­ciona­dos, de chercher à com­pren­dre (« Intel­lig­ite ! » est sa devise nobil­i­aire) les mou­ve­ments d’horlogerie qui exer­cent, pour le meilleur et pour le pire, leur implaca­ble tic-tac sur le monde et notre temps. Con­tin­uer la lec­ture

André Dartevelle, du silence familial à la mise en images de la parole

André DARTEVELLE, Si je meurs un soir. Mémoires, Cuesmes, Édi­tions du Cerisi­er, coll. « Place publique », 2016, 277 p., 16€

André Dartev­elle fut un grand reporter de télévi­sion, ain­si que l’auteur fécond de nom­breux doc­u­men­taires his­toriques et artis­tiques. En 2014, il présen­tait ses derniers films, con­sacrés aux mas­sacres de civils per­pétrés par l’armée alle­mande en août 1914 à Dinant et en Ardenne. Atteint d’un can­cer, il man­i­fes­ta jusqu’au bout la ténac­ité et la créa­tiv­ité qui le fai­saient vivre en par­venant à ter­min­er ses mémoires, aujourd’hui pub­liés au Cerisi­er sous le titre Si je meurs un soir. Con­tin­uer la lec­ture

Mémoires d’un homme qui en a trop vu

Michel ROSTEN, Le temps des nervis, L’Âge d’Homme, 2015, 312 p., 25 €

Michel Rosten - Le Temps des NervisJean Guillemin, à l’entame de son réc­it, se con­fie à nous : en démis­sion­nant de son poste de min­istre des affaires étrangères, il a ressen­ti le besoin de racon­ter ses sou­venirs. Les mémoires d’hommes poli­tiques, s’ils nous cap­tivent ou nous intriguent par­fois par la tru­cu­lence des détails et l’importance des enjeux, peu­vent aus­si nous aider à com­pren­dre le fonc­tion­nement de la chose publique, c’est-à-dire for­mer le citoyen qui est en nous. C’est plus vrai encore dans le cas de mémoires d’un homme poli­tique fic­tif, per­son­nage sig­nifi­ant plus que lui-même, essence même de dizaines d’années d’observation jour­nal­is­tique de l’auteur. Le roman est une des manières de sor­tir du reg­istre de l’anecdote et, para­doxale­ment, d’atteindre la vérité. Con­tin­uer la lec­ture

Van Hamme se raconte

Jean VAN HAMME, Mémoires d’écriture, pré­face de Huguette Marien, Char­nay-Lès-Mâcon, Bam­boo Édi­tions, 2015, 112 p.

BD MÉMOIRES D'ÉCRITUREPrès de cinquante années de créa­tion, cela vaut bien un bilan. Jean Van Hamme se livre à l’exercice dans ce qu’il appelle son « auto­bib­li­ogra­phie ».

Dans ce livre qui adopte le for­mat d’une bande dess­inée stan­dard, il retrace le chemin qu’il a par­cou­ru depuis ses pre­mières vel­léités scrip­turales ado­les­centes jusqu’à l’apogée d’une car­rière qui compte quelques best-sell­ers. Sou­vent présen­té comme le scé­nar­iste au suc­cès assuré, qui réus­sir­ait tout ce qu’il entre­prend, Jean Van Hamme remet à cet égard les pen­d­ules à l’heure. Thor­gal, Largo Winch et XIII ne sont que le som­met de l’iceberg. Celui qui est aujourd’hui le Cheva­lier (il a été anobli en juil­let 2015) de la bande dess­inée belge a en effet aus­si con­nu échecs, dif­fi­cultés et insuc­cès. Et un départ pas tout à fait artis­tique. Con­tin­uer la lec­ture