Archives par étiquette : Stéphane Lambert

Spilliaert. Passer de l’autre côté des choses

Stéphane LAMBERT, Être moi, toujours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert, Arléa, 2020, 128 p., 10 €, ISBN : 978-2-36308-223-7

Après Monet (L’adieu au paysage. Les nymphéas de Claude Monet, La Différence, Monet, impressions de l’étang, Arléa), Rothko (Mark Rothko, rêver de ne pas être, Arléa), Nicolas de Staël (Nicolas de Staël, le vertige et la foi, Arléa), Goya (Visions de Goya, l’éclat dans le désastre, Arléa, prix Malraux 2019), le dialogue que Stéphane Lambert noue avec la peinture se porte sur Léon Spilliaert. Proximité, sismographe de poète, affinités électives, démarche questionnante qui décloisonne l’œuvre et la vie et plonge à mains nues dans l’imaginaire des peintres : ce quatuor compose moins une méthode qu’un embrasement passionné. Dans Être moi, toujours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert, Stéphane Lambert livre un récit à deux voix, celle du peintre Spilliaert, celle du narrateur-auteur.


Lire aussi : Histoires de vie, des rencontres risquées entre réel et imaginaire (C.I. 190)


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Stéphane Lambert reçoit le prix André Malraux

Stéphane Lambert ©Anne Bourguignon

Le jury du prix André Malraux a révélé ses lauréats 2019. Stéphane Lambert remporte le prix dans la catégorie « Essai sur l’art ». Continuer la lecture

Stéphane Lambert toujours en lice pour le prix Malraux

Le jury du prix André Malraux a livré sa deuxième sélection, dans les catégories Essai sur l’art et Fiction engagée. Stéphane Lambert reste en lice pour le prix, qui sera attribué le 23 novembre.  Continuer la lecture

Le lieu noir de la création

Stéphane LAMBERT, Visions de Goya. L’éclat dans le désastre, Arléa, 2019, 115 p., 17 €, ISBN : 9782363081803

Dans son dernier opus, Stéphane Lambert se définit comme un amateur de peinture. Se révéler comme tel c’est à la fois se dévoiler et se montrer bien modeste. S’il est plus qu’un amateur, il n’est pas un critique académique. Il ne se range ni du côté des historiens ni du côté des experts. Lorsqu’il évoque un littérateur ou un artiste, ici Goya, il le fait en son nom et avec ses mots.

Je me demande combien l’écriture n’a pas été une manière de prolonger mon trouble devant la peinture, de devenir un peintre avec des mots, d’explorer le mystérieux contenu de mon regard. Continuer la lecture

Stéphane Lambert parmi les choix estivaux du prix Médicis

Stéphane Lambert ©Anne Bourguignon

C’est désormais une tradition : avant les grandes manœuvres de la rentrée littéraire et les sélections pour les prestigieuses récompenses automnales, les jurys des grands prix littéraires français délivrent des listes de lecture pour l’été. Après le Goncourt (qui a retenu Myriam Leroy) et le Renaudot (qui mentionne Michel Lambert), c’est au tour du Médicis, avec cette fois encore un Belge dans la sélection. Il s’agit de Stéphane Lambert.  Continuer la lecture

Où l’on apprend à vivre dans les textures

Stéphane LAMBERT, Art Poems, La Lettre Volée, 2018, 72 p., 15 €, ISBN : 978-2-87317-505-4

I.
derrière le sommet
où s’affaisse la montagne
s’ouvre une autre faille

II.
la profondeur
tel qu’on le croit
n’est pas spirituelle
me dis-je
dans la Rothko room
à Washington
la profondeur
est spatiale

plus on regarde
la surface colorée
plus on s’enfonce
dans son lointain

lambert art poemsOn pourrait lire très vite. Se contenter de voir, dans cet Art Poems, des hommages sensibles de Stéphane Lambert à des démarches, à des œuvres d’artistes contemporains majeurs, tels Mark Rothko, Cy Twombly ou James Turrell, ou à l’art antique de la fresque. On aurait beau jeu alors de rappeler que Stéphane Lambert n’en est pas à son premier livre gravitant autour de l’art. Qu’on lui doit de splendides choses déjà, sur Monet, Nicolas de Staël, Rothko déjà. Qu’il affectionne aussi les essais « sur les grands noms ». Beckett notamment. Et puis, basta, on penserait avoir tout dit. Continuer la lecture

Deux Belges dans la sélection du Prix François Billetdoux

stéphane lambert 5 (c) anne bourguignon

Stéphane Lambert – (c)Anne Bourguignon

Décerné par la Scam (France) et doté de 5.000 €, le prix François Billetdoux est attribué à l’auteur d’une œuvre littéraire publiée entre mars 2017 et février 2018, en langue française, évoquant l’univers de la littérature, de la photographie, du cinéma, de la radio, du journalisme ou de la télévision. La sélection finale du prix comporte huit ouvrages, dont deux sont signés par des auteurs belges. Continuer la lecture

Le roman de l’amitié ou repousser l’ennui d’exister

Stéphane LAMBERT, Fraternelle mélancolie, Arléa, 2018, 218 p., 19  €, ISBN : 978-2-36308-150-6

lambert fraternelle melancolieCe pourrait être un roman qui commence avec brio par la relation de la rencontre entre Nathaniel Hawthorne et Herman Melville, au Monument Mountain, le 5 août 1850.

Les deux personnages sont introduits tour à tour par un rapide portrait physique et déjà comportemental. Rien ne permet encore de deviner cette Fraternelle mélancolie qui fait l’objet du dernier livre de Stéphane Lambert. Ce début est délibérément orienté vers le genre romanesque et cela correspond à un choix de la part de l’auteur. Il l’affirme clairement : ce ne sera ni une biographie ni une étude littéraire. Faudrait-il pour cela écarter le genre de la fiction ? Non. Stéphane Lambert revendique le droit à la subjectivité dans son projet, le recours à l’invention, et pour cause. Comment pourrait-il se borner aux faits en l’occurrence ? Soit ils ne sont pas connus, soit ils sont trop rares et dispersés pour livrer un soupçon d’évidence ou simplement un sens. En effet, que sait-on des relations entre Hawthorne et Melville ? Quelques rencontres ont eu lieu, des lettres ont été échangées, mais une part de celles-ci, celles de Hawthorne, a été détruite par Melville, on ne sait d’ailleurs pour quel motif. Il faut ajouter le carnet de notes de Melville lui-même, intéressant entre prolixité et retenue. Demeurent surtout les œuvres, mine où puisera notre auteur inspiré. Elles lui fourniront le thème de la mélancolie où s’épanche la fraternité. Il faut à cet égard signaler l’à-propos de l’illustration de la première de couverture, une reproduction de Deux jeunes hommes devant la lune qui se lève sur la mer, de Caspar David Friedrich. Continuer la lecture

Prix littéraires : premières sélections

lecture.jpgAlors que les grands prix d’automne s’apprêtent à distiller leurs sélections jusqu’à la révélation du lauréat, plusieurs prix littéraires ont déjà dévoilé leurs finalistes. Parmi ceux-ci : des Belges. Continuer la lecture

Stéphane Lambert primé par l’Académie française

stéphane lambert 5 (c) anne bourguignon

Stéphane Lambert
© Anne Bourguignon

Comme en 2016, la Belgique est représentée parmi les lauréats des prix littéraires remis par l’Académie française en juin 2017. Stéphane Lambert a en effet reçu le Prix Roland de Jouvenel.

À lire : les Prix de l'Académie française 2016

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Une vie reconduite, avec discrétion et panache

Stéphane LAMBERT, Monet, Impressions de l’étang, Paris, Arléa, 2016, 73 p., 7 €   ISBN : 9782363081209

lambert_monetPour la deuxième fois, Stéphane Lambert écrit sur Monet, à nouveau sur les Nymphéas. Après l’Adieu au paysage : les Nymphéas de Claude Monet, paru en 2008, voici Monet, Impressions de l’étang, complément mais aussi supplément au premier livre déjà très inspiré sur le rapport entre le peintre et ses œuvres ultimes. Un premier essai documenté qui montrait aussi la relation entre Giverny, l’Orangerie à Paris et le ressenti du narrateur traitant de cette matière selon son émotion et une réflexion intime. Bien qu’ils soient sous-entendus dans le second ouvrage, on devinera la présence de ces mêmes éclairages et qu’ils ont présidé au choix renouvelé du thème. Continuer la lecture

Les mémoires du Baron perché

Jacques FRANCK, La vie est un voyage, préface de Jacques De Decker, regard de Stéphane Lambert, témoignage de Francis Van de Woestyne, Luce Wilquin, 2016, 350 p., 25 €/ePub : 17.99 €, ISBN : 978-2-88253-522-1

franck.jpgPour peu qu’on s’intéresse à la presse belge, et davantage encore à la culture, le nom de Jacques Franck est indéfectiblement lié à l’histoire du quotidien La Libre Belgique, où il est entré comme journaliste, en… 1957, alors même que s’érigeait à Bruxelles l’Atomium.

Né en 1931 dans une famille aisée des environs d’Anvers, tenté un moment par la diplomatie (dont il a gardé un sens certain de la discrétion et l’art de négocier), Jacques Franck a longtemps dirigé la rédaction de La Libre, après avoir semé un peu partout dans ses pages les traces de son inlassable curiosité pour le monde. Aujourd’hui encore, bien que retiré officiellement depuis 1996 de toute charge professionnelle, celui qui est devenu le baron Franck, publie chaque semaine ou presque un article, toujours élégamment tourné, dans les pages littéraires du quotidien. Autant dire qu’il n’en sortira sans doute jamais, et qu’à l’instar du Baron perché d’Italo Calvino, il continuera, pour le plus grand bonheur de ses aficionados, de chercher à comprendre (« Intelligite ! » est sa devise nobiliaire) les mouvements d’horlogerie qui exercent, pour le meilleur et pour le pire, leur implacable tic-tac sur le monde et notre temps. Continuer la lecture

Une rencontre capitale

Un coup de coeur du Carnet

Stéphane LAMBERT, Avant Godot, Paris, Arléa, 2016, 176 p., 18 €

Déjà en 1936, le régime nazi évacue des collections publiques  les œuvres d’art « dégénéré ». Beckett a trente ans lorsqu’il fait un voyage en Allemagne. Il y séjourne plusieurs mois et visite différentes villes et leurs musées. De ce périple on retiendra surtout les impressions qu’il communique dans ses lettres ou qu’il note dans ses carnets à propos des œuvres qu’il a pu contempler : leur nom et celui des peintres, notamment. Il n’a pas encore beaucoup écrit et encore moins publié. Un prélude sur l’un des personnages qui lui deviendront familiers, Murphy, un essai sur Proust qui en dit autant sur lui-même et ses intentions littéraires que sur son sujet, la traduction d’écrits du philosophe flamand Geulincx et l’étude de son enseignement. Pour le reste, il n’est pas vraiment en bonne santé, fatigué par le voyage et le mauvais temps, accablé par toutes sortes de soucis et traînant la tentation de garder la chambre et de se réfugier dans son lit. Continuer la lecture

Stéphane Lambert redévoilé

Primaëlle VERTENOEIL

lambertLa collection « Espace Nord » réédite ce mois-ci, fort opportunément, un des premiers textes de l’écrivain Stéphane Lambert, Charlot aime Monsieur ainsi que deux autres récits : Ensemble, Simone et Jean sont entrés dans la rivière et Mes morts. Continuer la lecture