Archives par étiquette : Stéphane Lambert

Le lieu noir de la création

Stéphane LAMBERT, Visions de Goya. L’éclat dans le désastre, Arléa, 2019, 115 p., 17 €, ISBN : 9782363081803

Dans son dernier opus, Stéphane Lambert se définit comme un amateur de peinture. Se révéler comme tel c’est à la fois se dévoiler et se montrer bien modeste. S’il est plus qu’un amateur, il n’est pas un critique académique. Il ne se range ni du côté des historiens ni du côté des experts. Lorsqu’il évoque un littérateur ou un artiste, ici Goya, il le fait en son nom et avec ses mots.

Je me demande combien l’écriture n’a pas été une manière de prolonger mon trouble devant la peinture, de devenir un peintre avec des mots, d’explorer le mystérieux contenu de mon regard. Continuer la lecture

Stéphane Lambert parmi les choix estivaux du prix Médicis

Stéphane Lambert ©Anne Bourguignon

C’est désormais une tradition : avant les grandes manœuvres de la rentrée littéraire et les sélections pour les prestigieuses récompenses automnales, les jurys des grands prix littéraires français délivrent des listes de lecture pour l’été. Après le Goncourt (qui a retenu Myriam Leroy) et le Renaudot (qui mentionne Michel Lambert), c’est au tour du Médicis, avec cette fois encore un Belge dans la sélection. Il s’agit de Stéphane Lambert.  Continuer la lecture

Où l’on apprend à vivre dans les textures

Stéphane LAMBERT, Art Poems, La Lettre Volée, 2018, 72 p., 15 €, ISBN : 978-2-87317-505-4

I.
derrière le sommet
où s’affaisse la montagne
s’ouvre une autre faille

II.
la profondeur
tel qu’on le croit
n’est pas spirituelle
me dis-je
dans la Rothko room
à Washington
la profondeur
est spatiale

plus on regarde
la surface colorée
plus on s’enfonce
dans son lointain

lambert art poemsOn pourrait lire très vite. Se contenter de voir, dans cet Art Poems, des hommages sensibles de Stéphane Lambert à des démarches, à des œuvres d’artistes contemporains majeurs, tels Mark Rothko, Cy Twombly ou James Turrell, ou à l’art antique de la fresque. On aurait beau jeu alors de rappeler que Stéphane Lambert n’en est pas à son premier livre gravitant autour de l’art. Qu’on lui doit de splendides choses déjà, sur Monet, Nicolas de Staël, Rothko déjà. Qu’il affectionne aussi les essais « sur les grands noms ». Beckett notamment. Et puis, basta, on penserait avoir tout dit. Continuer la lecture

Deux Belges dans la sélection du Prix François Billetdoux

stéphane lambert 5 (c) anne bourguignon

Stéphane Lambert – (c)Anne Bourguignon

Décerné par la Scam (France) et doté de 5.000 €, le prix François Billetdoux est attribué à l’auteur d’une œuvre littéraire publiée entre mars 2017 et février 2018, en langue française, évoquant l’univers de la littérature, de la photographie, du cinéma, de la radio, du journalisme ou de la télévision. La sélection finale du prix comporte huit ouvrages, dont deux sont signés par des auteurs belges. Continuer la lecture

Le roman de l’amitié ou repousser l’ennui d’exister

Stéphane LAMBERT, Fraternelle mélancolie, Arléa, 2018, 218 p., 19  €, ISBN : 978-2-36308-150-6

lambert fraternelle melancolieCe pourrait être un roman qui commence avec brio par la relation de la rencontre entre Nathaniel Hawthorne et Herman Melville, au Monument Mountain, le 5 août 1850.

Les deux personnages sont introduits tour à tour par un rapide portrait physique et déjà comportemental. Rien ne permet encore de deviner cette Fraternelle mélancolie qui fait l’objet du dernier livre de Stéphane Lambert. Ce début est délibérément orienté vers le genre romanesque et cela correspond à un choix de la part de l’auteur. Il l’affirme clairement : ce ne sera ni une biographie ni une étude littéraire. Faudrait-il pour cela écarter le genre de la fiction ? Non. Stéphane Lambert revendique le droit à la subjectivité dans son projet, le recours à l’invention, et pour cause. Comment pourrait-il se borner aux faits en l’occurrence ? Soit ils ne sont pas connus, soit ils sont trop rares et dispersés pour livrer un soupçon d’évidence ou simplement un sens. En effet, que sait-on des relations entre Hawthorne et Melville ? Quelques rencontres ont eu lieu, des lettres ont été échangées, mais une part de celles-ci, celles de Hawthorne, a été détruite par Melville, on ne sait d’ailleurs pour quel motif. Il faut ajouter le carnet de notes de Melville lui-même, intéressant entre prolixité et retenue. Demeurent surtout les œuvres, mine où puisera notre auteur inspiré. Elles lui fourniront le thème de la mélancolie où s’épanche la fraternité. Il faut à cet égard signaler l’à-propos de l’illustration de la première de couverture, une reproduction de Deux jeunes hommes devant la lune qui se lève sur la mer, de Caspar David Friedrich. Continuer la lecture

Prix littéraires : premières sélections

lecture.jpgAlors que les grands prix d’automne s’apprêtent à distiller leurs sélections jusqu’à la révélation du lauréat, plusieurs prix littéraires ont déjà dévoilé leurs finalistes. Parmi ceux-ci : des Belges. Continuer la lecture

Stéphane Lambert primé par l’Académie française

stéphane lambert 5 (c) anne bourguignon

Stéphane Lambert
© Anne Bourguignon

Comme en 2016, la Belgique est représentée parmi les lauréats des prix littéraires remis par l’Académie française en juin 2017. Stéphane Lambert a en effet reçu le Prix Roland de Jouvenel.

À lire : les Prix de l'Académie française 2016

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