Archives par étiquette : Jacques De Decker

Jacques De Decker sur le devant de la scène

Jacques DE DECKER, Théâtre, Édition établie et présentée par Paul Emond, Académie royale de langue et de littérature française, 2020, 432 p., 20 €, ISBN : 9-782803-200559

de decker theatre

Une œuvre ne se laisse pas réduire à l’effet immédiat qu’elle a produit lors de sa première apparition : ni dans l’espace sociologique, ni dans la mémoire de ceux qui l’ont côtoyée. Il faut y ajouter la lumière qui naît d’une entreprise créatrice quand elle échappe aux circonstances originelles et qu’elle entre dans la durée. S’agissant de Jacques De Decker, se souvenir de son talent de chroniqueur, de romancier, de débatteur – et d’incomparable ami pour ceux qui ont pu jouir de sa fréquentation régulière – ne suffit pas. On risque de manquer le cœur du personnage, le centre de sa pensée, et de rester aveugle à l’essentiel. Continuer la lecture

Le Top 3 de Jean Jauniaux

Chaque jour, Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la double sélection de Jean Jauniaux. Continuer la lecture

D’académicienne à académicien

Véronique BERGEN, Jacques De Decker. L’immortel de l’Académie royale de Belgique, Lamiroy, coll. « L’article », 2020, 40 p., 4 € / ePub : 1.99 €, ISBN : 9782875953698

bergen jacques de de decker l immortel de l academie royale de belgiqueNouvelle collection de petits formats à parution mensuelle des éditions Lamiroy, « L’article » livre son deuxième volume. Véronique Bergen y esquisse Jacques De Decker, L’immortel de l’Académie royale de Belgique.

L’exercice d’admiration est le cœur même de la collection (pour le premier numéro, Gorian Delpâture parlait de Stephen King comme du « plus grand écrivain du monde »). Dans ce genre codifié, Véronique Bergen a choisi d’évoquer celui qui a été le Secrétaire perpétuel de l’Académie pendant dix-sept ans, l’écrivain, le traducteur et intellectuel dont le décès le 12 avril 2020 a plongé le monde littéraire belge dans la sidération. Dans l’hommage de l’académicienne à celui qui l’a accueillie dans la vénérable institution le 17 novembre 2018, l’émotion affleure souvent. Continuer la lecture

Le Top 3 de Philippe Remy-Wilkin

Chaque jour, Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2020 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la double sélection de Philippe Remy-Wilkin. Continuer la lecture

Fragment d’Éden… à croquer !

Un coup de cœur du Carnet

Jacques DE DECKER, Suzanne à la pomme, mis en images par Maja POLACKOVA, Maelström, 2020, 71 p., 12 €, ISBN : 978-2-87505-364-0

de decker suzanne a la pommeLe plus chouette dans ce travail, c’est l’horaire. (…) c’est cool (…) Le quartier du Sablon est sympa aussi, il y a plein de boutiques dans les environs (…). 

Dès la première page, Jacques De Decker adopte un langage simple, familier, et nous projette dans un monologue intérieur, qui s’étendra jusqu’au terme du micro-roman : une jeune femme nous raconte une tranche de vie, elle semble se construire, se reconstruire, autour de son nouveau travail, la surveillance d’une galerie d’art. Continuer la lecture

Six films scénarisés par des auteurs belges

Les relations entre littérature et cinéma sont étroites et multiformes. Après avoir évoqué des adaptations hollywoodiennes de la littérature belge ou des écrivains belges cinéastes, ce seront cette fois les auteurs scénaristes (occasionnels) qui seront à l’honneur. Nous présentons ici 6 films, d’hier ou d’aujourd’hui, scénarisés par des auteurs belges, en-dehors des adaptations de leurs propres oeuvres. Continuer la lecture

L’amour selon Libens

Christian LIBENS, Sève de femmes, Weyrich, 2020, 128 p., 13 €, ISBN : 9782874895883

La peinture de nus féminins, signée Geneviève Van Der Wielen, en couverture du recueil de nouvelles de Christian Libens, Sève de femmes, ainsi que son titre, pourraient le ranger dans la catégorie des erotica. Ce qu’il est mais pour partie seulement. Il fait d’ailleurs écho à un autre titre, Amours crues, publié au Grand Miroir en 2009, dont le présent recueil reprend trois textes aux versions remaniées et définitives. Continuer la lecture

Jacques De Decker (1945-2020)

…Ou comment une personnalité éclectique et puissante, figure tutélaire des Lettres belges francophones, a voilé un grand auteur, humaniste et engagé, moderne et inventif, fidèle en ses tréfonds et au-delà des apparences à son Thyl Ulenspiegel fondateur. 

Jacques de Decker

Jacques De Decker, JDD

Durant des décennies, il a épaté par son écriture ou son élocution, sa culture et ses analyses, comme critique, modérateur, préfacier, conférencier… À l’apercevoir de loin, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale (de langue et de littérature françaises de Belgique) ou frère d’un politique éminent, on pouvait lui attribuer un smoking de statue du Commandeur. Il suffisait d’amenuiser la distance, d’oser se rapprocher pour renverser la perception, rencontrer un homme passionnant et attachant, espiègle et généreux. Continuer la lecture

« J’ai cent ans » : Jacques De Decker dans nos archives

Jacques de Decker

Pour son centième numéro, paru en novembre 1997, Le Carnet et les Instants avait invité les écrivains belges à imaginer leur propre centenaire et à rédiger un texte sur le thème « J’ai cent ans ». Les contributions ainsi collectées donnent à ce numéro 100 les allures d’une étonnante anthologie de la littérature belge. Parmi les auteurs qui avaient répondu à l’appel de notre revue : Jacques De Decker.

Un texte que nous republions aujourd’hui, en hommage à l’écrivain et figure des Lettres belges décédé ce 12 avril 2020. Celui qui venait alors d’entrer à l’Académie (il en deviendra secrétaire perpétuel cinq ans plus tard) imaginait le 23 août 2045, jour de son centième anniversaire, sur un mode quelque peu ironique.

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Jacques De Decker est décédé

Jacques De Decker

Nous apprenons le décès, survenu le 12 avril au soir, de Jacques De Decker (né le 19 août 1945), écrivain, passeur de littérature et secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique.  Continuer la lecture

Marginales 300 au chevet de l’Europe

COLLECTIF, La dernière EUR?, Marginales n° 300-301, Printemps-Été 2019, 170 p., 10 €  

La revue Marginales célèbre aujourd’hui sa 300e livraison. Créée en 1945 par l’écrivain belge Albert Ayguesparse, elle a connu une interruption de 1991 à 1998. Date à laquelle Jacques de Decker, en prit la direction, lui donnant un nouveau départ, mais aussi une nouvelle spécificité en orientant, à chaque parution, les textes littéraires inédits et venus de tous horizons, vers un thème central. Continuer la lecture

Jean Rochefort et la littérature belge au cinéma

PARIS: emission

Le comédie français Jean Rochefort est décédé ce 9 octobre à l’âge de 87 ans. Sa filmographie, prestigieuse et particulièrement riche, compte notamment des adaptations pour le cinéma de romans d’auteurs belges francophones.  Continuer la lecture

Amélie Nothomb : voyages en littérature

Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Discours de réception d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Belgique. Accueillie par Jacques De Decker, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €

nothomb_riquetUn nouveau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’aucuns haussent déjà les épaules : évidemment, l’auteure n’a pas manqué une rentrée littéraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécriture d’un conte de Perrault ? Rien de bien nouveau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit récit précieux semble taillé sur mesure pour la geisha gothique des Lettres belges, lui qui met aux prises les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séductions de la conversation. Alors, circulez, y a rien à voir ? Continuer la lecture

Les mémoires du Baron perché

Jacques FRANCK, La vie est un voyage, préface de Jacques De Decker, regard de Stéphane Lambert, témoignage de Francis Van de Woestyne, Luce Wilquin, 2016, 350 p., 25 €/ePub : 17.99 €, ISBN : 978-2-88253-522-1

franck.jpgPour peu qu’on s’intéresse à la presse belge, et davantage encore à la culture, le nom de Jacques Franck est indéfectiblement lié à l’histoire du quotidien La Libre Belgique, où il est entré comme journaliste, en… 1957, alors même que s’érigeait à Bruxelles l’Atomium.

Né en 1931 dans une famille aisée des environs d’Anvers, tenté un moment par la diplomatie (dont il a gardé un sens certain de la discrétion et l’art de négocier), Jacques Franck a longtemps dirigé la rédaction de La Libre, après avoir semé un peu partout dans ses pages les traces de son inlassable curiosité pour le monde. Aujourd’hui encore, bien que retiré officiellement depuis 1996 de toute charge professionnelle, celui qui est devenu le baron Franck, publie chaque semaine ou presque un article, toujours élégamment tourné, dans les pages littéraires du quotidien. Autant dire qu’il n’en sortira sans doute jamais, et qu’à l’instar du Baron perché d’Italo Calvino, il continuera, pour le plus grand bonheur de ses aficionados, de chercher à comprendre (« Intelligite ! » est sa devise nobiliaire) les mouvements d’horlogerie qui exercent, pour le meilleur et pour le pire, leur implacable tic-tac sur le monde et notre temps. Continuer la lecture

Littérature et cinéma, d’hier à aujourd’hui

 Dans sonCI 185 - fév-mars 2015  n° 185 (février-mars 2015), Le Carnet et les Instants consacrait un riche dossier aux relations entre littérature et cinéma. Parmi les réactions des lecteurs se détacha une proposition de Jacques De Decker, Secrétaire Perpétuel de l’Académie de Langue et de Littérature : organiser une table ronde à propos d’une question peu abordée, le rôle des pouvoirs publics et des professionnels dans les décennies précédentes, spécialement les années 1970, avec les défis que cela révèle mais aussi que cela implique aujourd’hui, quant à l’adaptation d’œuvres littéraires en Belgique francophone. Continuer la lecture

Ars criticandi

Un coup de coeur du Carnet

Jacques DE DECKER, Littérature belge d’aujourd’hui. La Brosse à relire, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, coll. « Espace Nord », 335 p.

Se présenter comme « critique littéraire » peut s’avérer une entreprise périlleuse. N’est-ce pas un rictus de défiance, voire de mépris, qui se dessine sur le visage de l’interlocuteur ? Quoi, « critique » ? Parasite, oui. Un bonhomme qui, incapable de torcher correctement un livre, épuise sa vie à passer au crible ceux des autres. Il les descend avec rancœur quand ils lui paraissent trop bons, ou les exhausse s’il est sûr qu’ils ne feront point trop d’ombre à son chef-d’œuvre en sempiternelle gestation. Continuer la lecture