Archives par étiquette : Jacques De Decker

Jacques De Decker (1945-2020)

…Ou comment une personnalité éclectique et puissante, figure tutélaire des Lettres belges francophones, a voilé un grand auteur, humaniste et engagé, moderne et inventif, fidèle en ses tréfonds et au-delà des apparences à son Thyl Ulenspiegel fondateur. 

Jacques de Decker

Jacques De Decker, JDD

Durant des décennies, il a épaté par son écriture ou son élocution, sa culture et ses analyses, comme critique, modérateur, préfacier, conférencier… À l’apercevoir de loin, Secrétaire perpétuel de l’Académie royale (de langue et de littérature françaises de Belgique) ou frère d’un politique éminent, on pouvait lui attribuer un smoking de statue du Commandeur. Il suffisait d’amenuiser la distance, d’oser se rapprocher pour renverser la perception, rencontrer un homme passionnant et attachant, espiègle et généreux. Continuer la lecture

« J’ai cent ans » : Jacques De Decker dans nos archives

Jacques de Decker

Pour son centième numéro, paru en novembre 1997, Le Carnet et les Instants avait invité les écrivains belges à imaginer leur propre centenaire et à rédiger un texte sur le thème « J’ai cent ans ». Les contributions ainsi collectées donnent à ce numéro 100 les allures d’une étonnante anthologie de la littérature belge. Parmi les auteurs qui avaient répondu à l’appel de notre revue : Jacques De Decker.

Un texte que nous republions aujourd’hui, en hommage à l’écrivain et figure des Lettres belges décédé ce 12 avril 2020. Celui qui venait alors d’entrer à l’Académie (il en deviendra secrétaire perpétuel cinq ans plus tard) imaginait le 23 août 2045, jour de son centième anniversaire, sur un mode quelque peu ironique.

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Marginales 300 au chevet de l’Europe

COLLECTIF, La dernière EUR?, Marginales n° 300-301, Printemps-Été 2019, 170 p., 10 €  

La revue Marginales célèbre aujourd’hui sa 300e livraison. Créée en 1945 par l’écrivain belge Albert Ayguesparse, elle a connu une interruption de 1991 à 1998. Date à laquelle Jacques de Decker, en prit la direction, lui donnant un nouveau départ, mais aussi une nouvelle spécificité en orientant, à chaque parution, les textes littéraires inédits et venus de tous horizons, vers un thème central. Continuer la lecture

Jean Rochefort et la littérature belge au cinéma

PARIS: emission

Le comédie français Jean Rochefort est décédé ce 9 octobre à l’âge de 87 ans. Sa filmographie, prestigieuse et particulièrement riche, compte notamment des adaptations pour le cinéma de romans d’auteurs belges francophones.  Continuer la lecture

Amélie Nothomb : voyages en littérature

Amélie NOTHOMB, Riquet à la houppe, Albin Michel, 2016, 160 p., 16,90 €/ePub : 11.99 €
Discours de réception d’Amélie Nothomb à l’Académie royale de Belgique. Accueillie par Jacques De Decker, Paris, Albin Michel, 2016, 65 p., 10 €/ePub : 6.99 €

nothomb_riquetUn nouveau roman d’Amélie Nothomb en ce mois d’août ? D’aucuns haussent déjà les épaules : évidemment, l’auteure n’a pas manqué une rentrée littéraire depuis 1992. Le cru de cette année est une réécriture d’un conte de Perrault ? Rien de bien nouveau non plus : elle nous a déjà fait le coup en 2012 avec Barbe Bleue. C’est sur Riquet à la houppe qu’elle a cette fois jeté son dévolu? Le petit récit précieux semble taillé sur mesure pour la geisha gothique des Lettres belges, lui qui met aux prises les extrêmes de la beauté et de la laideur et célèbre les séductions de la conversation. Alors, circulez, y a rien à voir ? Continuer la lecture

Les mémoires du Baron perché

Jacques FRANCK, La vie est un voyage, préface de Jacques De Decker, regard de Stéphane Lambert, témoignage de Francis Van de Woestyne, Luce Wilquin, 2016, 350 p., 25 €/ePub : 17.99 €, ISBN : 978-2-88253-522-1

franck.jpgPour peu qu’on s’intéresse à la presse belge, et davantage encore à la culture, le nom de Jacques Franck est indéfectiblement lié à l’histoire du quotidien La Libre Belgique, où il est entré comme journaliste, en… 1957, alors même que s’érigeait à Bruxelles l’Atomium.

Né en 1931 dans une famille aisée des environs d’Anvers, tenté un moment par la diplomatie (dont il a gardé un sens certain de la discrétion et l’art de négocier), Jacques Franck a longtemps dirigé la rédaction de La Libre, après avoir semé un peu partout dans ses pages les traces de son inlassable curiosité pour le monde. Aujourd’hui encore, bien que retiré officiellement depuis 1996 de toute charge professionnelle, celui qui est devenu le baron Franck, publie chaque semaine ou presque un article, toujours élégamment tourné, dans les pages littéraires du quotidien. Autant dire qu’il n’en sortira sans doute jamais, et qu’à l’instar du Baron perché d’Italo Calvino, il continuera, pour le plus grand bonheur de ses aficionados, de chercher à comprendre (« Intelligite ! » est sa devise nobiliaire) les mouvements d’horlogerie qui exercent, pour le meilleur et pour le pire, leur implacable tic-tac sur le monde et notre temps. Continuer la lecture