Un coup de cœur du Carnet

Ouvrir et lire Contrer le rire fasciste, c’est ouvrir et lire un livre salutaire. Ancré dans notre époque. C’est réfléchir à cet outil fabuleux qu’est le rire potache, l’humour à deux balles, l’humour “bête et méchant”, qui nous aiderait à surmonter nos états de sidération et d’hébétement qui nous traversent à chaque fois, que, par exemple, une figure d’autorité, un petit leader, par exemple un Trump, se prend pour Dieu le Père, énonce énormité sur énormité, injure sur injure, moquerie glaçante sur moquerie glaçante. Trump et ses complices fachos, comparses fachos, ayant compris, depuis belle lurette, tout l’intérêt qu’il y a à railler sans arrêt, “bêtement et méchamment”, comme raillait, “bêtement et méchamment”, le Charlie Hebdo de la grande époque. Continuer la lecture
À l’heure où les cancres délaissent les parties de morpion griffonnées sur le bois de la table pour leur préférer l’envoi discret de mèmes via leur smartphone, on est en droit de se demander quelle forme peut encore prendre l’esprit « potache ». À son évocation, le nom (qui désignait à l’origine un élève d’âge moyen) ou l’adjectif fait surgir une imagerie sépia, remontant au plus loin aux batailles rangées de La guerre des boutons, au plus près à des scènes désopilantes, même si affreusement datées, des Sous-doués… On pense à des regards qui se perdent dans la contemplation d’invisibles oiseaux voletant au dessus des bancs alors qu’une question retorse de grammaire vient d’être posée ; à une cigarette glissée dans la mâchoire du squelette baptisé invariablement « Arthur » ; à une éponge gorgée d’eau sale et posée, en caméléon placide, sur le siège de Monsieur l’instituteur. Il n’a rien de bien méchant, le potache, et même quand il fait exploser l’école, son bagout et sa candeur vous convaincraient que cela ne partait pas d’une mauvaise intention… 