
Monochrome atteint par le vertige
Auteur : François Jacqmin
Édition et postface : Gérald Purnelle
Maison d’édition : Cadran ligné
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 62
Prix : 14 €
Livre numérique : /
ISBN : 978–2‑493603–09‑8
Poursuivant l’inventaire et la mise au jour des écrits non édités, demeurés inédits ou abandonnés du poète François Jacqmin – tout au long de son existence, jusqu’à sa mort en 1992 –, Gérald Purnelle publie aux éditions du Cadran ligné Monochrome atteint par le vertige, un court recueil de textes du poète. Le travail à l’écritoire entend cette fois questionner, parmi les nombreux chantiers en cours qui coexistaient dans l’atelier de Jacqmin, une réflexion ontologique sur l’être, son unicité, et sa place – ou bien plus sa solitude – dans le monde, par le prisme du monochrome. Continuer la lecture




Sur la couverture, un aphorisme peint, lettres noires sur fond rouge, de et par François Jacqmin : « Pourvu qu’il n’arrive Rien ». Ce grand Rien, que pouvait-il représenter pour le poète des Saisons et du Domino gris ? On songe à « la Catastrophe », qui hantait les pages du seul roman de Christian Dotremont, La pierre et l’oreiller. Mais chez Jacqmin, qui n’a cessé de creuser par l’écriture ce puits sans fond qu’est la notion même d’exister, ce grand Rien reste un mystère. Les écrits publiés, inédits ou ébauchés de Jacqmin, déposés et inventoriés aux Archives et Musée de la Littérature (AML), font désormais l’objet d’une volonté de publication intégrale. C’est ainsi qu’
Les surréalistes belges auraient-ils tous le même visage ? Des bonnes joues, souvent la lippe, et très présente, la tête, massive et montée sur un corps qui compte moins. Des modèles pour photomatons. De grosses lunettes cerclées qui leur font ce regard d’enfant du malaise, pas perçant pour un sou. Des têtes de premiers de classe devenus fonctionnaires ternes, assis appointés. En costard cravate même en vacances ; surtout en vacances. Même chevelus, on les dirait chauves. Et en matière de sourire énigmatique, ils en remontreraient à Mona Lisa. 

L’innocence souvent insolente de l’adolescence et cette envie de fuite que l’on jette à la face du monde quand on a 20 ans, Carl Norac en a fait le matériau de sa poésie à la fois brute, dense et sensuelle.
Tôt ou tard, il était fatal que le discret Jacques Vandenschrick fît son entrée dans la collection patrimoniale Espace Nord, aux côtés des grands Jacques Izoard, Claire Lejeune ou François Jacqmin. Depuis trente-cinq ans, en effet, il a publié chez le très exigeant éditeur Cheyne, en Haute-Loire, dix livres illustrant une vérité peu contestable : il n’est de grande poésie que celle qui crée sa propre poétique. Et celle-ci, qui peut certes intimider le novice, emporte l’attention et l’adhésion du lecteur expérimenté avant même qu’il ait pris le temps de démêler l’écheveau des mots…
Qu’ils soient au départ des préfaces, des études, des chroniques (comme celle qu’il tient dans la Revue générale), des hommages ou encore des allocutions, les textes qui composent le dernier recueil de Gérald Purnelle forment un ensemble d’une profonde cohérence, davantage essai discursif que simple collationnement d’articles. La rigueur universitaire s’allie en effet à la sensibilité personnelle dans ces tentatives d’approche, qui cernent la voix, éprouvent le souffle, puis plongent vers le cœur de chaque poète singulier, là où se tient le Poème pluriel.
L’importance et la singularité de la voix poétique du Liégeois François Jacqmin (1929–1992) ont été à maintes reprises
Il porte un nom (pseudonyme) d’acteur américain, une gueule pareille ; il est à faire se damner un saint, William Cliff. Mais plutôt que de s’exhiber sur les écrans tout en longueur du cinématographe, c’est sur d’autres surfaces blanches qu’il a inscrit son corps, sa vie (matière quasi exclusive de son œuvre, avec l’espèce humaine) : celles des pages des recueils de poésie et des romans. Bien qu’on puisse l’entendre murmurer qu’il est malcontent :