DUMONT-DUPUIS, Carton rouge, Weyrich, coll. « Noir corbeau », 2024, 304 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782874899331
Le duo wallon d’enquêteurs est de retour ! Roger Staquet et Paul Ben Mimoun, que l’on a déjà fréquentés dans les trois premiers tomes publiés par le duo Dumont-Dupuis, se retrouvent pour une enquête liégeoise cette fois, comme cela avait été le cas dans Neige sur Liège (Weyrich, 2021). Roger, le flic retraité, veuf inconsolable et sa Clio increvable, Paul, inspecteur en début de carrière. S’ils habitent Ottignies et Namur, c’est la jeune et craquante journaliste Clarisse Dubois (manque un‑e Dupont, non ?), autre comparse croisée dans les opus précédents, qui les réunit et les amène en cité ardente. C’est qu’elle ne répond plus au téléphone après avoir laissé à Paul un message vocal qui au fil des heures passe pour un appel au secours : « Il se passe un truc étrange. Rappelle-moi dès que tu peux. » Continuer la lecture

Quand il publie Le martyre d’un supporter en 1928 à la Renaissance du Livre, Maurice Carême n’a pas encore trente ans et il est loin d’être le poète que psalmodieront, par cœur – sinon à contrecoeur – des générations d’écoliers sages. C’est dire si faire figurer un tel titre dans la collection patrimoniale Espace Nord est une gageure, et presque une provocation que de le préférer à l’étrange Médua, connu d’un happy few à peine plus étendu, mais qui présente au moins l’intérêt de se rattacher au courant du réalisme magique.
Nouveau venu sur la scène littéraire belge, Olivier El Khoury a déboulé la balle au pied, affublé des couleurs du club de football de Bruges. Son premier roman, superbement intitulé Surface de réparation, pourrait contribuer à rapprocher deux mondes parfois situés aux antipodes l’un de l’autre.
À peine rangée la panoplie du parfait supporter, les vuvuzelas « made in Belgium », les casques « façon viking », les manchons à rétroviseurs et les maquillages noir-jaune-rouge, à peine mis au placard nos gueules de bois, nos rêves brisés, nos joies et nos tristesses, à peine de retour dans nos routines quotidiennes et nos soucis à mille lieues de l’Euro 2016 de football, que voilà que débarque, sur les tables de nos libraires favoris, Soutenir l’équipe nationale de football, un ouvrage académique édité par l’Université de Bruxelles.
« Que serait le football s’il n’y avait pas le Brésil ? » Jean-Philippe Toussaint se pose incidemment la question, au détour des pages de Football, son nouveau livre, un petit recueil de textes légers bien dans sa manière, l’air de ne pas y toucher, tout en ironie, entre observations finement détaillées et apartés secs à la Buster Keaton, avec pour sujet apparent, ses rapports avec le ballon rond et quelques Coupes du monde de foot. La partie n’est pas gagnée d’avance, si l’on ose dire, et Toussaint le sait bien : « Voici un livre qui ne plaira à personne », écrit-il « ni aux intellectuels, qui ne s’intéressent pas au football, ni aux amateurs de football, qui le trouveront trop intellectuel. » Il n’a pas tout à fait tort. Du moins, pour l’auteur de cette chronique, qui doit bien avouer au lecteur qu’en effet, il n’a guère développé de goût pour le foot que dans son enfance, assez loin derrière donc, et qu’aujourd’hui, il est incapable de donner le nom du gardien de but des Diables Rouges, pas plus qu’il ne peut identifier les couleurs de maillots des équipes allemande, brésilienne ou italienne (enfin, italienne : peut-être le rouge, comme pour les automobiles ? Mais nos Diables, alors ?) Donc le football, avec ou sans le Brésil…