
La hantise
Auteur : Jean-Philippe Toussaint
Maison d’édition : Minuit
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 144
Prix : 22 €
Livre numérique : 15,99 €
EAN : 9782707358196
Il n’est pas nécessaire d’avoir lu La clé USB (2019) ou Les émotions (2020) pour suivre l’intrigue de La hantise, nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint. Tout en enchainant, le dernier rappèle l’essentiel des faits racontés dans le premier : Jean Detrez, fonctionnaire européen au département Prospective stratégique, est approché par le lobbyiste pro-chinois John Stavropoulos. Or, durant leur entretien, celui-ci laisse échapper sur la moquette une clé USB. Detrez l’empoche discrètement, l’ouvre chez lui, y découvre des informations ultra-confidentielles d’où ressort un jeu de machinations contre l’Union Européenne. Comment réagir à cette inquiétante découverte ? Les enquêtes de l’Office de Lutte Antifraude sont hélas aussi lentes que lourdes. Entre-temps, le héros comprend que Stavropoulos et ses complices le soupçonnent et feront tout pour récupérer la fameuse clé. Il envisage alors une solution extrême et risquée : alerter la presse… Continuer la lecture


Cela pourrait commencer par une case, ou une date, la soirée du 12 mars 2020, et un lieu, Bruxelles. La première ministre belge vient d’annoncer le confinement du pays, pour cause de Covid. Quatre jours plus tard, c’est le cas également chez nos voisins français. Et l’on pourrait penser, ouvrant L’échiquier, nouveau livre de Jean-Philippe Toussaint, qu’il a cédé comme tant d’autres, écrivains, artistes, musiciens, scientifiques, chroniqueurs… à la tentation compréhensible de raconter son histoire du Covid, cet envahissement inconnu jusque là – ses tragédies et les bouleversements en chaîne de nos comportements pour y faire face. 

Il faut remercier Ange Leccia. En effet, l’artiste, qui présente son œuvre (D)’Après Monet au musée de l’Orangerie du 2 mars au 5 septembre de cette année, a donné envie à Jean-Philippe Toussaint d’écrire sur Monet. Et c’est un délice de livre minute, dans un format que l’auteur pratique régulièrement depuis
Les choses tiennent en peu de mots, et sont assez simples. Jean-Philippe Toussaint, dans ce court texte qu’est La disparition du paysage, les révèle d’emblée. Le châssis d’une fenêtre, donnant sur le casino d’Ostende et ses abords, forme comme le cadre d’un tableau. Dans un fauteuil roulant, dont on n’est pas vraiment certain qu’il puisse le faire bouger, un homme passe ses journées à regarder au dehors, depuis son appartement. Ce dehors qu’il a souvent arpenté autrefois, marchant sur la digue ou la plage, respirant les odeurs de la mer, remettant ses idées en place au fur et à mesure de l’avancée de ses propres pas. Condamné à l’immobilité depuis des mois, il laisse aujourd’hui son regard passer de la mer au ciel, sans aspérités auxquelles s’accrocher.