Julia GALASKI, Le passeport, Étaques, 2022, 368 p., 18 €, ISBN : 9782490205110
Une jeune étudiante en Sciences Po part un an à Jérusalem pour étudier le conflit israélo-palestinien et apprendre l’arabe. Née d’un père franco-israélien et d’une mère allemande, elle a des racines multiples, notamment en Israël où vit la plus grande partie de sa famille paternelle. Elle a été éduquée en allemand dans les traditions chrétiennes. Chaque été, elle part en Israël pour les vacances. Cette fois c’est différent : elle voyage seule. Elle apprend quelques jours avant son départ qu’en tant que fille d’Israélien, elle bénéficie de la nationalité israélienne et reçoit un passeport. Ce bout de papier lui causera quelques soucis. Continuer la lecture
Exil forcé ou volontaire, exil nécessaire. Oui, on part pour ne pas suffoquer. Mais il y a des champs de bataille à traverser.
Le roman débute par un événement inattendu. Nous sommes à Beyrouth, dans les années 1990. Jad, un jeune adolescent, s’en prend, sans raison apparente, à un camarade de classe et le poignarde avec un couteau à huîtres. Comment le jeune garçon, promis pourtant à de brillantes études, en est-il arrivé à commettre cet acte insensé qui le mènera en centre de rééducation ? Retour en arrière.
Trois incendies est le portrait de famille de trois femmes à la fois fortes et sensibles, traversées dans leur quotidien par différentes guerres. Des guerres, à la fois proches et lointaines, incomparables et pourtant reliées par les mêmes atrocités et les mêmes douleurs. Trois voix, trois incendies, trois caractères qui ont leur vie propre, un rythme et une langue singuliers, qui se racontent l’une l’autre dans des chapitres courts, captivants et parfaitement agencés.
Après quinze ans passés en France, Antoine, la trentaine, revient au pays, le Liban qu’il a fui en pleine guerre et qui est maintenant – relativement – pacifié. S’il rentre, c’est avant tout pour essayer de voir clair dans un drame familial qui l’a profondément marqué. Les années passées n’ont pas lézardé la chape de silence et de non-dits qui recouvre l’épisode tragique. En fuyant, Antoine a également abandonné Sarine, son amour de jeunesse ; jamais il ne s’est enquis de ce qu’était devenue la jeune fille. Son absence de réaction est là aussi un mystère qu’il doit résoudre avec lui-même.