
Des femmes imaginaires
Autrice : Jacqueline Harpman
Préface : Amélie Nothomb
Maison d’édition : Stock
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 128
Prix : 15 €
Livre numérique : 12,99 €
EAN : 9782234105799
« La vérité est que je ne peux imaginer d’autres vies que la mienne sauf en les prêtant à des femmes imaginaires. » Les éditions Stock, au diapason de la confession de Jacqueline Harpman, ont choisi comme unité de recueil trois d’entre elles, au centre de nouvelles écrites au début des années 2000. Comme l’écrit si justement Amélie Nothomb dans la préface qu’elle consacre à l’ouvrage, Harpman est une « polyglotte de la littérature : elle maîtrise tous les genres littéraires comme autant d’idiomes ». Quelle pertinente formule pour qualifier une autrice à l’œuvre féconde, qui s’offre toutes les libertés : explorer les codes et les univers narratifs, maitriser une langue élégante (Harpman reconnait être « conformiste pour la grammaire et la syntaxe ») tout en se permettant le loisir de la taquinerie lexicale, créer des personnages féminins dont l’intériorité orgueilleuse (et parfois impertinente) tranche avec une apparence docile. Continuer la lecture



Trois incendies est le portrait de famille de trois femmes à la fois fortes et sensibles, traversées dans leur quotidien par différentes guerres. Des guerres, à la fois proches et lointaines, incomparables et pourtant reliées par les mêmes atrocités et les mêmes douleurs. Trois voix, trois incendies, trois caractères qui ont leur vie propre, un rythme et une langue singuliers, qui se racontent l’une l’autre dans des chapitres courts, captivants et parfaitement agencés.
Livre posthume de Jean-Claude Pirotte, disparu en 2014, Le silence est d’une rare éloquence pour exprimer l’univers de cet artiste, peintre et romancier, dont les œuvres se nourrissent d’une vision poétique omniprésente. Et pour qui la réalité du monde n’est vivable qu’à travers ce filtre voué non pas à l’embellir, mais à la transcender dans un imaginaire lui conférant sa véritable substance et, finalement, sa seule légitimité. C’est du reste l’obscure révélation de la nature véritable de la poésie qui l’aura saisi comme une ivresse et comme une mystique dont celle du vin ne serait pas le vecteur, mais le reflet à la fois subsidiaire et opérant. La poésie… “Je l’ai rencontrée sans trop le savoir, peut-être comme l’ermite soudain se trouve devant son dieu”. Quant au vin, il est aussi garant de la fraternité dont ce petit livre rayonne. Fraternité avec le monde et avec les compagnes et compagnons qui en fixent le décor et lui donnent son âme. “Car boire seul n’est pas notre affaire” ou encore “Notre indifférence au réel n’a d’égale que notre attention passionnée aux images entrevues dans une lumière soudaine, qui est peut-être celle que diffusent les éclats troubles du vin bourru”.