Archives par étiquette : Marcel Moreau

Langue en mouvement

Lau­rence VIELLE, Zébuth ou l’histoire ceinte suivi de L’Imparfait, Post­face d’Alice Richir, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2022, 240 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87568–551‑3

vielle zebuth ou l histoire ceinteQuand la lit­téra­ture creuse un espace men­tal, un espace physique et ver­bal au plus près des souf­fles de la vie, cela pro­duit des objets textuels con­stru­its sur une prox­im­ité du verbe et des nerfs, des mots et de la sève. La voix de la poétesse, dra­maturge et comé­di­enne Lau­rence Vielle se tient dans cette inven­tiv­ité créa­trice qui dénude la trame de la langue pour en jouer sen­sorielle­ment. Avec son titre placé sous le signe d’un détourne­ment humoris­tique de l’histoire biblique, Zébuth ou l’histoire ceinte nous mène dans un réc­it des con­fins, de la défai­sance de la nar­ra­tion et de la cohérence exis­ten­tielle. Con­tin­uer la lec­ture

Vive la dissolution !

Mar­cel MOREAU, Julie ou la dis­so­lu­tion, Roman, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », pré­face de Carl Norac, post­face de Corentin Lahouste, 2021,196 p., 8,5 €, ISBN : 978–2‑87568–536‑0

moreau julie ou la dissolutionPub­lié en 1971, il y a près de 50 ans donc, chez Chris­t­ian Bour­go­is, le roman Julie ou la dis­so­lu­tion n’a pas pris une ride et pour cause puisque ce réc­it entraîne lecteurs et lec­tri­ces dans une expéri­ence exis­ten­tielle qua­si uni­verselle à par­tir d’une réal­ité rel­a­tive­ment banale. À la suite de son per­son­nage, nous sommes entraînés dans des inter­ro­ga­tions sur ce que nous sommes, ce qui nous lie aux autres, le sens de nos actes, des inter­ro­ga­tions plus char­nelles, sen­suelles, provo­ca­tri­ces que rationnelles ou cartési­ennes. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Marcel Moreau

Mar­cel More­au

Nous apprenons le décès de l’écrivain Mar­cel More­au, né à Bous­su (Bori­nage) le 14 avril 1933. Il laisse une oeu­vre ample, sin­gulière, inclass­able.


Lire aus­si : la fiche de Mar­cel More­au sur Objec­tif plumes


Le Car­net et les Instants lui a con­sacré un por­trait, signé par Véronique Bergen, dans son n° 202 (avril 2019), un arti­cle que nous repub­lions en inté­gral­ité. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on se dit que la bête à bon dieu n’est pas celle que l’on croit

Un coup de cœur du Carnet

Mar­cel MOREAU, À dos de Dieu, Quidam, coll. « Les indociles », 2018, 140 p., 16€, ISBN : 978–2‑37491–089‑5

ON VA LEUR RENDRE L’USAGE DE LEURS MEMBRES, DIT BEFFROI
FACULTÉ DE SURENCHÉRIR

et il entre dans le bureau­cra­do. mais Lau­re ne croit pas que Bef­froi veuille délivr­er les assis, en fait il s’en fout de leur sort, m’est avis qu’il désire sim­ple­ment faire pass­er sur leur sclérose un vent de ter­reur, pense Lau­re Fac­ulté de surenchérir, qui néan­moins le suit,mais en titubant, car elle est au bout du rouleau, mais pas Bef­froi, qui prend une assise au hasard, l’ar­rache à sa chaise et la jette sur le sol ;tumulte et panique chez les assis et les assis­es, qui émet­tent des sons stri­dents, remuent en vain bras et bouche : pétoches ;

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Bruts et convulsifs, Jean Dubuffet et Marcel Moreau

Jean DUBUFFET et Mar­cel MOREAU, De l’Art Brut aux Beaux-Arts con­vul­sifs, pré­face de Nathalie Junger­man, Stras­bourg, L’Atelier con­tem­po­rain, 2014, 96 p., 20 €

moreauJean Dubuf­fet, Mar­cel More­au : la ren­con­tre de deux créa­teurs de cet acabit, tous deux jetant aux flammes, avec la même rage, « l’asphyxiante cul­ture » – selon le titre de l’un des ouvrages les plus con­nus du créa­teur du cycle de L’Hourloupe – pou­vait être risquée : ça passe ou ça casse. De 1969 à 1984 (Dubuf­fet meurt en 1985), ils échangèrent une soix­an­taine de let­tres, se ren­con­trèrent à plusieurs repris­es, à Paris et dans l’atelier du pein­tre-sculp­teur, échangèrent des livres et quelques œuvres, et restèrent en bons ter­mes – ce qui n’était pas gag­né, quand on con­naît les rela­tions sou­vent ten­dues, puis suiv­ies de rup­tures fra­cas­santes, que Dubuf­fet a entretenues avec bon nom­bre de ses con­tem­po­rains. Dubuf­fet est plus âgé que More­au, trois décen­nies les sépar­ent. Pour­tant, il ne s’agit pas entre eux d’un rap­port d’aîné à cadet, d’artiste et père (spir­ituel) à écrivain déjà un peu con­nu, mais encore au début d’une œuvre qui aujourd’hui compte plus de soix­ante titres.

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