Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection de Jean Jauniaux. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Maxime Lamiroy
Écrivain de l’océan et non écrivain de piscine
Maxime LAMIROY, Le Cuirassé Pouchkine, Lamiroy, 2025, 78 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87595–975‑1
La passion de la littérature, de la culture russe, l’existence aimantée par la magie des Lettres sous-tendent le récit Le Cuirassé Pouchkine, qui figure au nombre des nombreux inédits laissés par Maxime Lamiroy, un jeune écrivain, philosophe, traducteur et éditeur qui nous a quittés en juillet 2024. Nous retrouvons les parfums qui composent ses autres textes (Deux sœurs, Les juges pénitents…) et dessinent un univers à la lisière de l’onirisme et du réel. Virtuose de la mise en abyme, Maxime Lamiroy livre des fragments autobiographiques éloignés du courant hégémonique de la littérature du « je », décantés dans un au-delà de l’auto-fiction. Aiguillé par Mathieu, un ami slavophile qu’il connut durant ses études de langue et de littérature russes, le narrateur s’adonne à une quête qui a pour décor le centre-ville de Bruxelles et pour but la librairie « Le Cuirassé Pouchkine », un lieu dédié aux Lettres russes. Le piéton de Paris de Léon-Paul Fargue devient un piéton bruxellois infatigable qui sillonne la rue de Flandre, la place Sainte-Catherine, la galerie des Princes avec la soif d’un bibliophile qui pose une équivalence secrète entre déambulations géographiques et pérégrinations mentales et romanesques. Continuer la lecture
Un roman échiquéen
Un coup de cœur du Carnet
Maxime LAMIROY, Deux sœurs, Préface de Luc Dellisse, Lamiroy, 2024, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–954‑6
Roman éblouissant qui prend place au sein d’un projet ambitieux, d’une œuvre totale intitulée La défense Nabokov, Deux sœurs s’offre comme un vertige fictionnel qui prend à bras-le-corps le geste créateur, les questions du génie, de l’inexorable avancée du temps. L’émotion à la lecture de ce chef‑d’œuvre posthume est hyperbolique, Maxime Lamiroy étant mort cette année à l’âge de trente-deux ans. Autour de deux sœurs — Katia la sculptrice et Elena, romancière de sa propre vie —, gravite une tribu de personnages, un éphèbe-muse qui pose pour Katia, le mari de celle-ci qui fait songer à un Vladimir Nabokov ayant renoncé à écrire, Ismaël habité par la mélancolie, l’oncle styliste. Dans ce texte, courent aussi les ombres de la littérature russe, l’âme d’une Russie empêtrée dans les tensions entre son présent et son passé. Continuer la lecture
Un parfum de pierre philosophale
Luc DELLISSE, Henri Van Lier, philosophe à l’état pur, Lamiroy, coll. « L’article », 2024, 48 p., 5 €, ISBN : 978–2‑87595–923‑2
« Le visage de ce qui suit m’est bien trop connu pour que l’espace qui m’entoure ne s’assombrisse et que reparaisse devant moi la scène terrible : une nuit dévorant la rue Monge à Paris. »
Dans son éditorial, le directeur de collection Maxime Lamiroy évoque une scène de 1939, la manière dont fut sauvée une analyse de la pensée d’un grand auteur russe, avant de la connecter à l’entreprise de Luc Dellisse, qui veut rendre hommage et justice à un philosophe belge peu connu, Henri Van Lier (1921–2009), dont l’œuvre serait sans équivalent… au monde. Dès les premières lignes, nous sommes dans le fait artistique, qui ne se contente pas d’exprimer un premier degré mais génère des échos, des connexions, un supplément de sens. Ledit Maxime, trentenaire ô talentueux, allait disparaître peu après l’écriture de ces pages, qui parlent des ténèbres et de la nécessité des flambeaux, du mémoriel. Mise en abyme de la littérature ! Via un emboîtement de matriochkas, menant de Maxime à Henri Van Lier en passant par Victoria Ocampo (qui fuit la guerre en Argentine), Benjamin Fondane (qui lui refile ses notes), Léon Chestov et Luc Dellisse, chevillées au plaisir de se voir conférer « un interlocuteur, et surtout un observateur ». Continuer la lecture
Décès de Maxime Lamiroy
Les éditions Lamiroy ont annoncé le décès de leur directeur, Maxime Lamiroy, des suites d’une leucémie. Le monde littéraire belge perd une figure très appréciée et aux activités multiples. Continuer la lecture
