
obliques
Autrice : Victoire de Changy
Maison d’édition : L’arbre de Diane
Collection : Les deux soeurs
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 85
Prix : 15 €
Livre numérique : /
EAN : 9782930822440
J’écris en je pour m’extirper, justement, du je.
Pour devenir, au plus près exprimable, une chose, une femme, une mère, et plusieurs.
Avec obliques, Victoire de Changy poursuit son œuvre poétique dans un recueil qui fait de l’écart un singulier être au monde. Publié par L’arbre de Diane, dans la collection « Les deux sœurs », l’ouvrage prolonge la poétique de La paume plus grande que toi, mais en déplace le centre de gravité. Si la maternité demeure présente – à travers l’avènement des enfants, l’évènement dans le nouveau rapport à l’écrit, la concession à l’oubli –, elle ne constitue plus l’horizon du texte, elle se fait angle de vue, s’agrège, en tant qu’objet, à une poésie de l’attention, de la vigilance accrue, du rapport au temps, de la tristesse tue, du corps, de la création. « D’ailleurs, je pense mes poèmes comme des objets », scande, au présent, la poétesse. Continuer la lecture

La collection « La tortue de Zénon », aux éditions de L’arbre de Diane, crée à nouveau des étincelles harmonieuses entre littérature et science, elles qui inscrivent de concert la beauté « au cœur [de leur] processus créatif », comme le souligne d’emblée l’éditrice Mélanie Godin. Dans Comment regarder plus loin, onze autrices attirent chacune dans leurs paumes une femme de science, qui a éclairé le monde d’antan ou d’aujourd’hui. Ces destins de femmes scientifiques, étudiés par ces autrices, dessinent une large constellation, composée de disciplines (sciences du climat, géodésie et sismologie, physique spatiale, astronomie, mathématiques, pathologie moléculaire des plantes, génétique, médecine et chirurgie, neuro-rééducation) et de contrées (Belgique, Danemark, France, Angleterre, Allemagne, Etats-Unis, Ethiopie, Italie) variées.
Plus lumineux et clair que le violet dans la gamme duquel il se décline, le mauve, équilibrant l’ardeur rouge et la sérénité bleue, symbolise dans le monde ésotérique la transformation spirituelle, l’intuition et la sagesse, la créativité et l’imagination. Élégante vivace estivale, la mauve, son homonyme féminin, parsème les sols de bouquets joyeux quand, en breuvages infusés, elle ne tapisse pas de douceur les gorges irritées et d’apaisement les digestions compliquées. Mauve, c’est le prénom que porte l’héroïne de Victoire de Changy, comme s’il avait été pensé lettre par lettre en attente de son âme. C’est sa mère synesthète qui a braillé ce nom à sa naissance, et il lui va comme un gant, à elle, la fille de la flamboyante Anna et des tranquille papa et solide pépa, elle qui navigue entre ces chromatiques froides et chaudes teintant sa personnalité. Velouté extérieur du mauve, robustesse intérieure de la mauve. 
Des rues malodorantes et des boutiques qui éclosent à chaque saison, des passerelles prétentieuses et des pavés déchaussés, un fleuve trop boueux et pourtant scintillant, des projets vaguement citoyens, tellement de rafistolages sociaux ; une aspiration au mieux, parfois, un contentement, souvent. Des gens, surtout : faune friquée aux terrasses, déclassée sur les seuils, désœuvrée aux arrêts, colorée un peu partout. Chaleur du dedans, quant-à-soi bravache, simplicité désarmante : Liège, aux mille accents. Cité ardente, mais étouffante, brinquebalante, lassante, attachante. Ville qui s’empêtre et se démène. Irrite, attendrit, ragaillardit. Terre de poésie(s), tout en parallèles et en intersections. Et c’est là qu’il y a vingt ans, s’est naturellement enraciné « Le Comptoir », structure œuvrant avec entrain pour la promotion des petites maisons d’édition et de leurs artistes, et soutenant « les démarches éditoriales sauvages, les fanzines et les livres auto-édités avec un désir d’exigence et le goût du travail bien fait ». Un incontournable pour les entichés de sentiers littéraires moins battus et les curieux en recherche d’affinités électives. « De toutes les rencontres, chacune est la préférée », écrirait à ce propos Victoire de Changy…
Avez-vous déjà plongé votre regard dans celui d’un bison ? Cette expérience doit se révéler stupéfiante dans la taïga ou une plaine hudsonienne. Au cœur de l’album Le bison non-non, sur une pleine page d’un sombre subtil (composé de bruns et de noirs, percé de quelques nuances beiges), se faire aimanter par les « deux yeux tout ronds » du bovidé provoque une émotion inattendue, entre mélancolie subite et tendresse monstrueuse. On l’aime immédiatement, ce Bison non-non, même si son nom devrait tenir à distance…
Huit poétesses néerlandophones et francophones – Catherine Barsics, Victoire de Changy, Hind Eljadid, Astrid Haerens, Ruth Lasters, Cathy Min Jung, Bwanga Pilipili et Maud Vanhauwaert – signent chacune un ou des poèmes inspirés de l’œuvre des sœurs Rosalie et Virginie Loveling dans l’ouvrage Les sœurs Loveling / De zussen Loveling paru aux éditions des Midis de la poésie & du Poëziecentrum. À l’entame de cet ouvrage collectif, la philosophe et autrice Tinneke Beeckman pose quelques balises historiques et contextuelles de la vie et de l’œuvre des sœurs Loveling. 
Dans ce premier volume d’une trilogie annoncée, le temps s’immobilise, reprend, ralentit, redémarre, nous offrant des épisodes contemplatifs dans lesquels, par petites touches, Victoire de Changy illustre, avec douceur, sa maternité. Elle nous plonge dans l’avant et l’après naissance de Nour, son fils, et nous permet de suivre cet enfantement, de le vivre, avec elle, en elle, intimement et intensément. 