Un coup de cœur du Carnet
Viktor LAZLO, Les passagers du siècle, Grasset, 2018, 335 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782246812982
Le quatrième roman de l’actrice et chanteuse pop-jazz Viktor Lazlo est poignant et passionnant – il se lit volontiers d’une traite, tel un courant puissant traversant, notamment à dos d’océans, tout un long siècle de douleurs, de l’esclavage négrier et de l’errance de parias aux pogroms et horreurs antisémites bien connues, celles qui ne cessent, à raison, de nous bouleverser. Très bien documentée, Viktor Lazlo nous emmène, en alternant les voix narratives de personnages particulièrement attachants, du dernier tiers du XIXe siècle à 2010, traversant ainsi tout le XXe siècle, de la Pologne à la Martinique, de la Centrafrique à Cuba pour revenir en France et repartir en Pologne en passant par l’Allemagne. Une grande et forte histoire de personnages liés par leurs tragédies, une fresque familiale sur cinq générations (qu’un arbre généalogique utile en début de roman nous aide à mieux identifier) sans rédemption mais où la quête d’un rachat pour certains protagonistes donne quelque bouffée d’espérance. Un livre puissant en effet, par son propos dense et sa construction imbriquée, par sa dimension personnelle sans doute aussi puisque l’origine caribéenne des parents de l’auteure n’a pu manquer de plonger celle-ci aux sources de sa propre histoire. Continuer la lecture
Les livres qui s’élèvent au performatif, qui réalisent ce que leur titre annonce appartiennent à la classe rare des intercesseurs. Dotée de nouvelles préfaces, d’un historique actualisé, cette nouvelle édition du Passage du Témoin est un événement comme il le fut en 1995. Composé de souveraines photographies d’André Goldberg et de trente-sept témoignages de rescapés des camps nazis recueillis par Dominique Rozenberg, il lègue aux générations présentes et futures des concrétions de vie, les expériences singulières de ceux et celles qui ont survécu à l’enfer des camps. Ce livre est un bâton témoin qui passera de génération en génération afin que ces vies qui furent plongées dans l’inhumain ne sombrent pas dans l’oubli. 
