Archives par étiquette : esclavage

Balises sur le long chemin de l’égalité

Un coup de cœur du Car­net

Luc BABA, L’arbre du retour, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2021, 264 p., 17 €, ISBN : 978–2‑87505–401‑2

baba l'arbre du retourLe dernier roman de Luc Baba relève du défi lit­téraire : en 250 pages, retrac­er le des­tin, sur plus de deux siè­cles (de 1803 à nos jours), d’une famille issue du Dahomey (aujourd’hui Bénin), embar­quée sur un bateau négri­er à des­ti­na­tion des États-Unis, soumise à l’esclavage puis ten­tant peu à peu de con­quérir sa lib­erté et sa dig­nité. Pour ce faire, L’arbre du retour procède par touch­es suc­ces­sives et opère des allers-retours dans le temps qui jux­ta­posent des sit­u­a­tions met­tant en scène Ayo et ses descen­dants. Con­tin­uer la lec­ture

Racines transcontinentales

Joseph NDWANIYE, En quête de nos ancêtres, Impres­sions nou­velles, 2021, 18 € / ePub : 8.99 €, 208 p., ISBN : 978–2‑87449–846‑6

ndwaniye en quete de nos ancetresAvec La promesse faite à ma sœur, Joseph Ndwaniye avait bâti un réc­it sur le voy­age d’un exilé rwandais à la recherche de sa famille après le géno­cide. Comme l’annonce En quête de nos ancêtres, l’on peut s’attendre avec ce nou­veau titre à une démarche du même ordre. Mais il faut admet­tre, dès les pre­mières pages tournées, que l’ambition de ce nou­veau roman est bien plus large. Con­tin­uer la lec­ture

De la traite négrière à la Shoah : une fresque vibrante

Un coup de cœur du Carnet

Vik­tor LAZLO, Les pas­sagers du siè­cle, Gras­set, 2018, 335 p., 20 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782246812982

lazlo les passagers du siecleLe qua­trième roman de l’actrice et chanteuse pop-jazz Vik­tor Laz­lo est poignant et pas­sion­nant – il se lit volon­tiers d’une traite, tel un courant puis­sant tra­ver­sant, notam­ment à dos d’océans, tout un long siè­cle de douleurs, de l’esclavage négri­er et de l’errance de parias aux pogroms et hor­reurs anti­sémites bien con­nues, celles qui ne cessent, à rai­son, de nous boule­vers­er. Très bien doc­u­men­tée, Vik­tor Laz­lo  nous emmène, en alter­nant les voix nar­ra­tives de per­son­nages par­ti­c­ulière­ment attachants, du dernier tiers du XIXe siè­cle à 2010, tra­ver­sant ain­si tout le XXe siè­cle, de la Pologne à la Mar­tinique, de la Cen­trafrique à Cuba pour revenir en France et repar­tir en Pologne en pas­sant par l’Allemagne. Une grande et forte his­toire de per­son­nages liés par leurs tragédies, une fresque famil­iale sur cinq généra­tions (qu’un arbre généalogique utile en début de roman nous aide à mieux iden­ti­fi­er) sans rédemp­tion mais où la quête d’un rachat pour cer­tains pro­tag­o­nistes donne quelque bouf­fée d’espérance. Un livre puis­sant en effet, par son pro­pos dense et sa con­struc­tion imbriquée, par sa dimen­sion per­son­nelle sans doute aus­si puisque l’origine caribéenne des par­ents de l’auteure n’a pu man­quer de plonger celle-ci aux sources de sa pro­pre his­toire. Con­tin­uer la lec­ture

L’Eldorado européen

Franck LIVIN, Ter­rain vague, Édi­tions du Cerisi­er, 2016, 72 p., 9 €  ISBN :  978–2‑87267–201‑1

livinIften est retrou­vé mort dans un ter­rain vague. Ce jeune médecin algérien résidait clan­des­tine­ment en Bel­gique. Sa terre natale sem­blait l’avoir oublié, comme nom­bre des siens. Le tra­vail man­quait. Seule la belle Europe le fai­sait encore rêver. Un ami l’y attendait, Abdel, et la sœur de celui-ci, Leila. On lui promet­tait un tra­vail, l’amour et un avenir plus clé­ment. Alors, après avoir tra­ver­sé la Méditer­ranée sur un rafiot de mis­ère, après avoir atten­du un temps infi­ni en cen­tre fer­mé à Lampe­dusa, après avoir avalé les kilo­mètres en Ital­ie et en France, Iften a touché le sol du Roy­aume de Bel­gique. Mais le rêve a sem­blé vite avorté. Grâce à Abdel, il avait trou­vé un boulot de maçon. Saïd, son patron, qui se dis­ait l’un de siens, n’a eu aucun scrupule à l’exploiter sur ses chantiers, comme tant d’autres. À la clé, un salaire dérisoire, une pro­tec­tion sociale inex­is­tante, des con­di­tions de tra­vail inhu­maines, une promesse de papiers jamais tenue et tou­jours la peur au ven­tre de se faire arrêter et ren­voy­er au pays. Pourquoi Iften a‑t-il trou­vé la mort ? Est-ce dû à un acci­dent de tra­vail ? Peut-être était-il devenu gênant, son esprit con­tes­tataire peu à peu se réveil­lant ?
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