Un coup de cœur du Carnet
Laurence SKIVEE, Je trace, Lettre volée, 2025, 157 p., 22 €, ISBN : 9782873176563
Avez-vous déjà vécu ça, cette situation-là ? Vous êtes au téléphone, un papier en main, un stylo à bille en main. Et, pendant la conversation, machinalement, le stylo court, tire des traits abstraits, venant d’on ne sait où, ou des figures comiques voire grotesques, ou la tasse ronde et jaune devant vous reprend corps et vie sur papier. Au fond, Je trace nous parle de ça, de ces “choses” en nous, de ces présences qui ne demandent qu’à sortir et à voir le jour parmi nous, sous nos doigts, parce que, par hasard, il y a un feutre en main, un crayon ou un stylo à bille, et une feuille bien sûr, un papier à couvrir. Continuer la lecture


Karoline Buchner signe aux éditions La Lettre Volée un premier récit piquant et perspicace ancré dans un quotidien tissé d’affronts misogynes, de mortifications infimes qui sont autant de petites flèches trouant une peau trop fine, trop douce, celle d’un féminin décloisonné auquel l’autrice rend toute sa puissance d’expression – qui est, en vérité, puissance d’action.
Romancier (
Incarner le désincarné, laisser la présence en pointillé, sur la pointe de la venue et de la partance, tracer des mots qui interrogent le lien entre un « je » et un « tu » abandonnés à leur indéfinition… dans os cuillère, son dernier recueil poétique préfacé par Tristan Sautier, la poétesse et plasticienne Laurence Skivée s’aventure sous la ligne des vocables, là où le plein de l’os et le creux de la cuillère offrent l’image d’une rencontre possible entre soi et l’autre, soi et soi. La disposition graphique des vers matérialise l’impossible rêve de toucher l’autre et l’amorce d’un dialogue par-delà les solitudes.
« j’aime pratiquer l’ascèse comme une danse entre mon non-moi et mon sans-moi






La lettre volée publie simultanément deux livres d’Alfredo Diaz Perez, un court roman et un recueil de six nouvelles, réunissant sept récits attachants autant que déroutants.
L’expression « leçon de chose » apparaît dans le vocabulaire pédagogique des dernières décennies du 19e siècle. Basée sur l’intuition, cette méthode met l’élève en contact avec un objet concret afin de mobiliser autant son intellect que ses sens ; elle met en connexion étroite les facultés de penser et de classer qu’étudiera plus tard Foucault… Elle fera florès auprès des instituteurs de la République, toujours friands d’innovations pour parfaire l’art de transmettre.