Archives par étiquette : judéité

Hommage d’un destin cousu main à un costume prêt-à-porter

Un coup de cœur du Carnet

Nathalie SKOWRONEK, Un monde sur mesure, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2019, 219 p., 9 €, ISBN : 978-2-87568-423-3

Dans la collection Espace Nord, les classiques de la littérature belge des siècles passés côtoient ce que Tanguy Habrand, son directeur, aime à appeler « les classiques de demain ». Parmi ces derniers, Un monde sur mesure de Nathalie Skowronek, tout jeune roman datant à peine de 2017, d’une autrice dont la bibliographie démarre en 2011. Dans ce récit en grande partie autobiographique, l’écrivaine se penche précisément sur ce qui a précédé sa carrière littéraire. Continuer la lecture

Une commode bleue contre un mur ocre

Un coup de coeur du Carnet

Marcel SEL, Rosa, ONLiT, 2017, 300 p., 19.50 €/ePub : 9.99 €, ISBN : 978-2-87560-086-8

selTout le monde connaît peu ou prou le blogueur Marcel Sel, qu’on le lise ou pas, qu’on s’en amuse ou qu’on s’en irrite…

Le voilà qui endosse le costume de romancier et, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître… et un coup de cœur.

Vous allez commencer à lire ce roman ; vous allez le dévorer et il vous dévorera.  Continuer la lecture

Noël à plus d’un titre

Un coup de coeur du Carnet

Bernard TIRTIAUX, Noël en décembre, Paris, JC Lattès, 2015, 250 p., 18 €/ePub : 12,99€

Le nouveau roman de Bernard Tirtiaux est un curieux mélange de tendresse et de cruauté ; les personnages sont « de bonne volonté » – trop gentils ?  – mais l’époque dans laquelle ils vivent et courent après l’amour et le bonheur est terrible et barbare.  L’auteur nous emporte dans le tourbillon d’une grande histoire d’amour qui embrasse les deux guerres mondiales, entre Noël, né dans une famille de fermiers en Ardenne le 25 décembre 1909, et Luise, la fille – ‘naturelle’ comme on disait alors –  de Klara von Ludendorff, née par accident chez les parents de Noël en juin 1914.   Continuer la lecture

Aujourd’hui on court lire un premier roman

Emmanuelle PIROTTE, Today we live, Cherche midi, 2015, 237 p., 16,50€ / epub : 13.99 €

Voilà la rentrée littéraire et son offre de lectures. Démesure et profusion : les piles de livres s’offrent au regard du lecteur. Allez-vous prendre en main ce roman ou plutôt cet autre ? Faire confiance à un nom connu et reconnu ou tenter l’aventure d’une nouvelle plume ?  Continuer la lecture

Banaliser la Shoah?

Un coup de coeur du Carnet
Joseph DUHAMEL

skowronekParu en 2013, Max en apparence représentait pour Nathalie Skowronek l’aboutissement d’une longue interrogation sur sa situation de petite-fille de déporté, une réponse à ses questions lancinantes, dont certaines restaient pourtant sans réponse. Dès le début de son essai, La Shoah de Monsieur Durand, elle marque cependant sa déception : Max en apparence n’arrivait-il pas trop tard ? Le discours sur la Shoah n’est-il pas en train de changer complètement de nature ? Continuer la lecture

Un Van Loo nouveau

Un coup de coeur du Carnet

Alain BERENBOOM, La fortune Gutmeyer. Une nouvelle enquête de Michel Van Loo, Bruxelles, Genèse éditions, 2015, 272 p., 22,50 €/ePub : 12.99 €

berenboom_duhamelEn 2008, avec Périls en ce royaume, Alain Berenboom crée le personnage de Michel Van Loo, privé quelque peu « looser » qui doit la réussite de ses enquêtes à l’aide de sa fiancée Anne, shampouineuse de son état. Dans les trois titres déjà parus de la série, Berenboom dresse un portrait fidèle de la Belgique de l’immédiat après-guerre, de ses  problématiques politiques et sociales, et décrit en termes justes l’ambiance particulière de ces années-là. Mais il publie parallèlement des livres qui se démarquent à la fois des Van Loo et des romans qu’il a publiés avant ceux-ci. On songe à Messie malgré tout, nouvelles sur l’éventualité du retour du Messie ; et bien sûr à Monsieur Optimiste, où il dresse le portrait de son père, Juif polonais réfugié en Belgique où il tient une pharmacie, à Schaerbeek. (Sous le nom d’Hubert, il apparaît dans les Van Loo.) Le sort de la famille Berenboom est évoqué largement dans Monsieur Optimiste, mais la cruauté de l’extermination dans les camps n’est suggérée qu’à demi-mots. Continuer la lecture