Sergio SALMA, Vincent avant van Gogh, mise en couleur Amelia Navarro, Glénat, 2025, 144 p., 23 €, ISBN : 9782344059753
Signée Sergio Salma (scénario et dessin), mise en couleur par Amelia Navarro, la bande dessinée Vincent avant van Gogh nous plonge dans l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte du peintre avant qu’il ne se consacre à la peinture pour la révolutionner. Basée sur un solide travail d’archives, de documentations, rythmé par la correspondance de Van Gogh avec son frère Théo, l’album interroge et met en scène le parcours d’une vie, de la naissance de Vincent Van Gogh en 1853 à Zundert aux Pays-Bas, d’une jeunesse heureuse dans une famille bourgeoise aux années d’internat, d’employé dans la boutique d’un oncle marchand d’art à La Haye, de la révélation de la foi, du désir de devenir un homme d’église aux tourments existentiels, aux déceptions sentimentales, au sentiment d’échec. Continuer la lecture


Elle est craquante, Tetti. Ses yeux mangent son visage, et son regard éclate d’expressivité. La peur, la timidité, la curiosité, l’amusement, la fatigue, l’inquiétude… les émotions et les sensations se dessinent en complète transparence sur son joli minois. Quant à son corps gracile, il se recroqueville et se détend en un instant, tout de vert recouvert ! C’est que Tetti est une charmante sauterelle dont « la vie ne dure qu’un été. Jeune, elle est déjà vieille ». Sa brève existence se déroule en Provence où, quand elle ne fuit pas les enfants (dont le sombre dessein est de l’accrocher à un fil de pêche pour appâter des victimes à écailles), « [s]ans cesse, elle s’élan[ce] vers la lumière ».
D’une présentation luxueuse – format généreux, papier de qualité, mise en page soignée, iconographie impeccable –, le livre d’Yves Vasseur est difficilement classable. Ni biographie, ni essai au sens strict, proche du “journal de fouilles” des archéologues, il réunit les récits de quatre enquêtes distinctes dont le commun dénominateur est Vincent van Gogh. La première concerne un portrait photographique longtemps considéré comme celui du peintre à l’âge de treize ans : à la suite de longues et minutieuses recherches, l’auteur démontre qu’il s’agit en fait de Théo, le jeune frère de Vincent, révélation qui a déjà causé un vif émoi dans le landerneau. L’enquête suivante porte sur deux dessins signés VG et représentant de vieilles maisons à Cuesmes. Retrouvés dans un grenier en 1958, ils sont authentifiés peu après, ce que conteste de façon très argumentée Y. Vasseur, pour qui le dilemme reste entier. Troisième investigation, à propos du tableau Marguerite à l’harmonium qui aurait été abandonné par van Gogh après avoir été gâché accidentellement, puis réparé par Paul Gachet fils ; mais celui-ci s’est rétracté ultérieurement, non sans avoir peint lui-même la scène. La quatrième enquête s’attache à une photo de groupe en fête provenant d’une collection new-yorkaise, et au dos de laquelle est imprimée la mention VINCENT VAN GOGH. Malgré l’insistance du propriétaire, et après avoir tenté en vain d’établir la plausibilité de l’évènement, l’auteur conclut par un démenti – avant de jeter le doute sur le revolver rouillé avec lequel van Gogh se serait suicidé, et qui fut vendu chez Drouot pour 162.500 euros…