Archives par étiquette : Vincent Van Gogh

Van Gogh avant le pinceau

Ser­gio SALMA, Vin­cent avant van Gogh, mise en couleur Amelia Navar­ro, Glé­nat, 2025, 144 p., 23 €, ISBN : 9782344059753

salma vincent avant van goghSignée Ser­gio Salma (scé­nario et dessin), mise en couleur par Amelia Navar­ro, la bande dess­inée Vin­cent avant van Gogh nous plonge dans l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte du pein­tre avant qu’il ne se con­sacre à la pein­ture pour la révo­lu­tion­ner. Basée sur un solide tra­vail d’archives, de doc­u­men­ta­tions, ryth­mé par la cor­re­spon­dance de Van Gogh avec son frère Théo, l’album inter­roge et met en scène le par­cours d’une vie, de la nais­sance de Vin­cent Van Gogh en 1853 à Zun­dert aux Pays-Bas, d’une jeunesse heureuse dans une famille bour­geoise aux années d’internat, d’employé dans la bou­tique d’un oncle marc­hand d’art à La Haye, de la révéla­tion de la foi, du désir de devenir un homme d’église aux tour­ments exis­ten­tiels, aux décep­tions sen­ti­men­tales, au sen­ti­ment d’échec. Con­tin­uer la lec­ture

Voir et vivre Van Gogh en sa chair

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane LAMBERT, Vin­cent Van Gogh, Gal­li­mard, coll. “Pop-Art”, 2025, 44 p., 8,90 €, ISBN : 9782073110176

lambert van goghL’œil qui monte dans la main avant de pénétr­er la tex­ture des choses, la quête d’une lumière au sein même de l’obscurité, la flamme de l’intense qui danse jusqu’à con­somp­tion tant dans l’existence que dans les tableaux… dans son Van Gogh qui ouvre la nou­velle col­lec­tion Pop-Art de Gal­li­mard (aux côtés d’ouvrages sur Fri­da Kahlo, Hokusaï et Manet), Stéphane Lam­bert délivre un éblouis­sant ques­tion­nement de l’énigme Vin­cent Van Gogh. Après son sou­verain réc­it Vin­cent Van Gogh, l’éternel sous l’éphémère (Arléa), il réin­vente son regard et pro­pose une nou­velle approche du pein­tre sous l’angle d’une vision du mou­ve­ment organique qui pulse la vie et l’œuvre du pein­tre né à Zun­dert dans les Pays-Bas en 1853, mort à Auvers-sur-Oise en 1890. La sin­gu­lar­ité de la col­lec­tion Pop-Art, c’est d’avoir imag­iné des livres-objets dont les pages, lorsque la lec­ture est ter­minée, se replient pour for­mer une œuvre du pein­tre. L’œuvre choisie qui, lit­térale­ment, dévore le livre, méta­mor­phose les phras­es en une créa­tion pic­turale, c’est un tableau de la dernière péri­ode, La nuit étoilée, réal­isé en 1889 à Saint-Rémy. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les pas de Van Gogh

Un coup de cœur du Car­net

Stéphane LAMBERT, Van Gogh. L’éternel sous l’éphémère, Arléa, coll. « La ren­con­tre », 2023, 120 p., 17 €, ISBN : 9782363083241

lambert van gogh l eternel sous l ephemereAprès L’apocalypse heureuse, une fic­tion couron­née par le Prix Rossel 2022, après ses derniers essais Paul Klee jusqu’au fond de l’avenir et Être moi, tou­jours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilli­aert, Stéphane Lam­bert nous offre un éblouis­sant pèleri­nage, aus­si intime qu’inspiré, dans l’œuvre de Vin­cent Van Gogh. Rares sont les livres qui sont touchés par la grâce. Grâce d’une ren­con­tre, d’une plongée sen­sorielle dans une vie pic­turale dont l’auteur retrace la genèse du dedans, avec une vue qui s’apparente à celle d’un plas­ti­cien. Au plus près de la matière Van Gogh, au fil d’un texte vagabond, habité et éru­dit qui peut se lire comme une longue let­tre adressée au créa­teur des Mangeurs de pommes de terre, des Tour­nesols, Van Gogh. L’éternel sous l’éphémère retrace le chemin de croix, l’itinérance d’un homme péré­gri­nant d’Amsterdam à Paris, d’Arles à Saint-Rémy et à Auvers-sur-Oise. Con­tin­uer la lec­ture

La vie en vert

Car­o­line LAMARCHE (autrice) et Pas­cal LEMAÎTRE (illus­tra­teur), Tet­ti, la sauterelle de Vin­cent, Pastel/École des Loisirs, 2021, 40 p., 12,70 €, ISBN : 978–2211307574

lamarche lemaitre tetti la sauterelle de vincentElle est craquante, Tet­ti. Ses yeux man­gent son vis­age, et son regard éclate d’expressivité. La peur, la timid­ité, la curiosité, l’amusement, la fatigue, l’inquiétude… les émo­tions et les sen­sa­tions se dessi­nent en com­plète trans­parence sur son joli minois. Quant à son corps gracile, il se recro­queville et se détend en un instant, tout de vert recou­vert ! C’est que Tet­ti est une char­mante sauterelle dont « la vie ne dure qu’un été. Jeune, elle est déjà vieille ». Sa brève exis­tence se déroule en Provence où, quand elle ne fuit pas les enfants (dont le som­bre des­sein est de l’accrocher à un fil de pêche pour appâter des vic­times à écailles), « [s]ans cesse, elle s’élan[ce] vers la lumière ». Con­tin­uer la lec­ture

Le peintre et le justicier

Yves VASSEUR, Vin­cent van Gogh. Ques­tions d’i­den­tité, Fonds Mer­ca­tor, 2020, 160 p., 29.95 €, ISBN : 978–94-6230–263‑1

vasseur van goghD’une présen­ta­tion lux­ueuse – for­mat généreux, papi­er de qual­ité, mise en page soignée, icono­gra­phie impec­ca­ble –, le livre d’Yves Vasseur est dif­fi­cile­ment class­able. Ni biogra­phie, ni essai au sens strict, proche du “jour­nal de fouilles” des archéo­logues, il réu­nit les réc­its de qua­tre enquêtes dis­tinctes dont le com­mun dénom­i­na­teur est Vin­cent van Gogh. La pre­mière con­cerne un por­trait pho­tographique longtemps con­sid­éré comme celui du pein­tre à l’âge de treize ans : à la suite de longues et minu­tieuses recherch­es, l’au­teur démon­tre qu’il s’ag­it en fait de Théo, le jeune frère de Vin­cent, révéla­tion qui a déjà causé un vif émoi dans le lan­derneau. L’en­quête suiv­ante porte sur deux dessins signés VG et représen­tant de vieilles maisons à Cuesmes. Retrou­vés dans un gre­nier en 1958, ils sont authen­tifiés peu après, ce que con­teste de façon très argu­men­tée Y. Vasseur, pour qui le dilemme reste entier. Troisième inves­ti­ga­tion, à pro­pos du tableau Mar­guerite à l’har­mo­ni­um qui aurait été aban­don­né par van Gogh après avoir été gâché acci­den­telle­ment, puis réparé par Paul Gachet fils ; mais celui-ci s’est rétrac­té ultérieure­ment, non sans avoir peint lui-même la scène. La qua­trième enquête s’at­tache à une pho­to de groupe en fête provenant d’une col­lec­tion new-yorkaise, et au dos de laque­lle est imprimée la men­tion VINCENT VAN GOGH. Mal­gré l’in­sis­tance du pro­prié­taire, et après avoir ten­té en vain d’établir la plau­si­bil­ité de l’évène­ment, l’au­teur con­clut par un démen­ti – avant de jeter le doute sur le revolver rouil­lé avec lequel van Gogh se serait sui­cidé, et qui fut ven­du chez Drouot pour 162.500 euros… Con­tin­uer la lec­ture