
Un irrésistible penchant
Auteur : Hubert Antoine
Maison d’édition : Grasset
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 176
Prix : 17 €
Livre numérique : 11,99 €
ISBN : 9782246843993
Souchon le chantait déjà : « Rétines et pupilles / Les garçons ont les yeux qui brillent / Pour un jeu de dupes / Voir sous les jupes des filles. » Dans Un irrésistible penchant, Kitano Bam l’apprend à son corps pas vraiment défendant pendant une soirée engourdie de bière trappiste et de notes de Tom Waits. Le sous-vêtement de la bascule est une simple culotte blanche appartenant à l’étudiante Caramelone : « Au loin, le mirage immaculé qui enserre son sexe est l’incarnation des promesses. » Kitano, à l’orée de ses jambes repliées, se sent gonflé de verve : « Il se passe des choses, Enea. Des choses que tu n’entendras qu’une seule fois dans ta vie. Des choses qui n’existent pas mais que je vois pourtant sur l’écran de ta culotte. Ce triangle tendu est un cinéma qui apprend à parler au muet. Laisse-moi dire les dernières paroles d’un condamné au désir… » Le hic, c’est que l’Italienne aux « dents nacrées, étincelantes, [qui] roulent entre ses lèvres charnues » ne partage pas avec lui que les bancs de cours : « c’est l’amoureuse de [s]on meilleur ami, Max-Igor, [s]on alter ego, [s]on cosaque, [s]on frère ». Triangle amoureux dont seuls les traits d’un peintre virtuose pourraient arrondir les angles… Continuer la lecture




« Un éditeur m’a proposé d’écrire un livre sur la condition des femmes à la fin du XIXe siècle. » La voix, au téléphone, chaleureuse, parle de liberté dans le traitement ; Kate Milie, dans un souffle, portée par un élan, s’entend acquiescer. Pourtant, les délais de remise sont courts, le refus possible, la rémunération passée sous silence. Mais, le soir même, une possibilité d’investir un studio en sous-location, dans le bas de Montmartre, se présente. Synchronicité jungienne et signe du destin ? Voilà notre autrice en route vers Paris, la Belle Époque et l’aventure. 
L’art réside peut-être moins dans sa fin, l’œuvre produite, accrochée aux cimaises, dite achevée, que dans la dynamique qu’il instaure. Stéphane Lambert aime s’immerger dans la trajectoire des artistes pour saisir ce qui met en tension leur vie, la détourne du quotidien ordinaire, la transfigure et la déchire jusqu’à, parfois, l’anéantir. De Rothko à Goya, de Spilliaert à Van Gogh en passant par Klee et Monet, ses essais et ses romans témoignent d’un dialogue constant entre l’écriture et la peinture pour dire le mystère de la création, son aspiration à une spiritualité, son élan, obscur et lumineux, vers une profondeur mythologique. L’écrivain parvient ainsi à saisir l’artiste dans ce bord de l’abîme dont il surgit, qui le nourrit, l’absente au monde et le menace du désastre – mais ce désastre n’est-il pas la possibilité nécessaire à son contrepoint, l’œuvre ?
« j’aime pratiquer l’ascèse comme une danse entre mon non-moi et mon sans-moi





On peint pour habiter l’acte de peindre, pour aller plus loin que la peinture. On peint pour trouver l’harmonie au milieu du champ de bataille. On cherche une logique au chaos.