Archives par étiquette : voisinage

Si voisin tu as, avec Watrin tu compatiras

Dominique WATRIN, La vie louche de ma voi­sine Fer­nande, Lamiroy, 2024, 180 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–937‑9

watrin la vie louche de ma voisine fernandeDominique Watrin est un auteur fan­tasque qui pour­rait large­ment incar­n­er l’un de ses pro­pres per­son­nages. Sa bib­li­ogra­phie présente un pan­el de héros pit­toresques var­ié. Avec une dizaine d’œuvres satiriques à son act­if, il a créé sa place dans l’univers de l’humour belge en se sig­nalant par un style bien per­son­nel. Un bon lous­tic ! En tant que lecteur, l’on gam­bade de fan­taisies en rail­leries et l’on sautille de mal­ices en facéties. Lire Watrin, c’est atter­rir au cœur de notre Wal­lonie et côtoy­er des per­son­nages dans le genre « hurlu­ber­lus » qui, en fin de compte, pour­raient être nos voisins à nous aus­si. C’est à par­tir de cette recette que Dominique Watrin pub­lie le troisième tome des aven­tures de sa voi­sine, La vie louche de ma voi­sine Fer­nande, aux édi­tions Lamiroy. Con­tin­uer la lec­ture

Quelques cris

Un coup de cœur du Car­net

Nathalie MARQUÈS, Nos ven­dredis, Impres­sions nou­velles, 2024, 208 p., 19 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–150‑7

marques nos vendredisTrône, au rang des nou­veautés de la ren­trée lit­téraire, Nos ven­dredis, pre­mier roman de Nathalie Mar­quès. L’ouvrage, pub­lié aux Impres­sions Nou­velles, est présen­té comme un roman choral. Avec beau­coup de sub­til­ité, il décrit les des­tins croisés d’habitants d’un quarti­er cos­su du Bra­bant Wal­lon : bobo, calme et famil­ial. Con­tin­uer la lec­ture

De l’autre côté du miroir

Aliénor DEBROCQ, Mai­son miroir, Rouer­gue, coll. « La Brune », 2022, 304 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782812623509

debrocq maison miroir« Rose passe la plu­part de ses journées chez elle. Avant, elle y rece­vait aus­si ses clients, mais elle a mod­i­fié ses habi­tudes depuis que la mai­son voi­sine est dev­enue une boîte à déci­bels. Elle n’ose plus accueil­lir per­son­ne, se sent prise en otage du vacarme, guette avec crainte le retour de la mar­maille, comme la nomme son mari. Dès que la petite troupe bar­i­olée passe le por­tail et s’engouffre à côté, Rose sait que le tin­ta­marre va tra­vers­er les murs. Finie, la tran­quil­lité. » Tel est le quo­ti­di­en sonore de cette quadra bour­geoise­ment instal­lée au creux d’un quarti­er vert de la ban­lieue brux­el­loise. Avant, le calme rég­nait. Avant, Rose ne se claque­mu­rait pas non plus chez elle. Elle menait une car­rière d’architecte con­scien­cieuse, d’épouse établie, de mère atten­tive à sa Boucles d’Or. Elle avançait sans se pos­er (trop) de ques­tions, suiv­ant le mou­ve­ment, inter­agis­sant par­faite­ment. Cer­tains trou­bles la tra­ver­saient bien enten­du ; ils demeu­raient juste assez inof­fen­sifs quant à la sta­bil­ité des fonde­ments de son exis­tence. Mais avant, Rose n’avait pas per­du son bébé ni subi de cure­tage, et n’était pas encore cette présence d’éther détachée du monde et pour­tant douloureuse­ment con­sciente de ses priv­ilèges. Avant, tout était moins déli­cat, et plus silen­cieux. Con­tin­uer la lec­ture