Dominique WATRIN, La vie louche de ma voisine Fernande, Lamiroy, 2024, 180 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–937‑9
Dominique Watrin est un auteur fantasque qui pourrait largement incarner l’un de ses propres personnages. Sa bibliographie présente un panel de héros pittoresques varié. Avec une dizaine d’œuvres satiriques à son actif, il a créé sa place dans l’univers de l’humour belge en se signalant par un style bien personnel. Un bon loustic ! En tant que lecteur, l’on gambade de fantaisies en railleries et l’on sautille de malices en facéties. Lire Watrin, c’est atterrir au cœur de notre Wallonie et côtoyer des personnages dans le genre « hurluberlus » qui, en fin de compte, pourraient être nos voisins à nous aussi. C’est à partir de cette recette que Dominique Watrin publie le troisième tome des aventures de sa voisine, La vie louche de ma voisine Fernande, aux éditions Lamiroy. Continuer la lecture

La beauté d’un voyage réside parfois moins dans le lieu où l’on séjourne que dans la mise en disponibilité qu’il offre. Partir (plus ou moins) loin, s’extraire du quotidien enveloppant, quitter quelque temps ses repères spatiaux et humains, se confronter à l’inconnu force à (se) découvrir. Et quand l’équipée se joue en solo, les sensations s’en trouvent souvent exacerbées. C’est cette drôle d’expérience qu’a vécue Dominique Maes et qu’il relate à travers ses Chroniques poétiques d’un voyage à Montréal, ville dans laquelle il a gagné l’opportunité d’une bourse littéraire. 
Carl Vanwelde est médecin et écrivain. Outre des poèmes, il rédige depuis une quinzaine d’années des chroniques qui paraissent dans Le journal du médecin et qui sont rassemblées dans le présent recueil. Dans son court prologue, l’auteur prévient le lecteur qui chercherait quelque prolongation des séries télévisées urgentistes trépidantes que les pages que l’on apprête à tourner sont « significatives de la transformation que le contact des autres apporte ». Contacts : celui du regard qui embrasse un intérieur lors d’une visite à domicile, pour se centrer ensuite sur le visage, celui de l’écoute des mots entendus, puis de l’examen des corps avec l’oreille, avec les doigts.
Dans son avant-propos, Joël Goffin décape les poncifs véhiculés par l’histoire de la littérature qui a enfermé l’œuvre de Georges Rodenbach dans l’image d’un écrivain mélancolique, hanté par la splendeur passée de la ville de Bruges. À côté de l’auteur de
Lucie Mahieu, l‘autrice, est coordinatrice d’une maison d’accueil pour adultes à Mons. On y croise des personnes en grande précarité, de celles qui ne rentrent plus dans aucun créneau d’aide classique et qui se trouvent le plus souvent sans logement. Il nous faut drainer la colère, échos de la maison d’accueil Saint Paul rassemble des articles qu’elle a écrits au cours des vingt dernières années et qui ont été publiés dans le bulletin de liaison de son institution.
De nos jours, l’écrit pullule, du moins sous les formes que génère le net. La question est moins celle d’une lettre qui arriverait tant bien que mal à sa destination que celle de l’écriture comme rencontre, comme incise dans le tissu du symbolique. Psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne, enseignant à la Section clinique de l’Institut du Champ freudien de Bruxelles, auteur d’essais (entre autres Une analyse avec Dieu, Un musée imaginaire lacanien parus à La Lettre volée) et de nombreuses contributions sur la clinique analytique, Yves Depelsenaire place l’écriture de ses chroniques sous l’angle d’une rencontre avec le réel.
Paru en 2013, ce recueil de récits sillonne le territoire belge et en définit les contours en une géographie personnelle aux accents pourtant collectifs. Structurée en trois temps, portant chacune le nom d’une des trois régions et rassemblant quatre textes, résolument intimiste et convoquant de nombreux souvenirs, cette flânerie sentimentale nous parle de temps qui ne sont plus, ceux d’avant l’air bag et des cafés enfumés, dans le tourbillon de virées aux blagues irrévérencieuses que ponctue l’exploration sans fin des breuvages trappistes.