Archives par étiquette : Rouergue

Les poètes n’ont pas toujours raison

François WEERTS, On a tiré sur Aragon, Rouer­gue, 2025, 448 p., 23 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782812626463

weerts on a tiré sur aragonLouis Aragon est sur la butte du lion de Water­loo, il médite en por­tant le regard sur le paysage chargé d’histoire. Alors qu’il redescend l’escalier sans fin, une déto­na­tion reten­tit et une balle sif­fle à ses oreilles. Les cama­rades belges et français qui l’attendent près de leurs véhicules se pré­cip­i­tent et le met­tent à l’abri. L’affaire pour­rait faire grand bruit, ce qui met­trait tout le monde dans l’embarras. Mais l’envie de con­naitre le fin mot de la ten­ta­tive d’attentat est forte. D’autant qu’un com­man­do féminin investit dans la foulée les salons brux­el­lois de la tour Mar­ti­ni en scan­dant des slo­gans qui met­tent en ques­tion le grand homme de let­tres. Vik­tor Rousseau, détec­tive privé, est chargé par le Par­ti com­mu­niste belge de men­er une enquête dis­crète. La même demande lui est faite par le secré­taire per­pétuel de l’Académie de langue et de lit­téra­ture française de Bel­gique. Con­tin­uer la lec­ture

Repousser les démons, faire place à la vie

Un coup de cœur du Car­net

Anne-Sophie KALBFLEISCH, Eure­ka dans la nuit, Rouer­gue, coll. « La brune », 2024, 384 p., 22 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782812626111

kalbfleisch eureka dans la nuitQui oserait encore se ris­quer à dire que les autri­ces belges nég­li­gent le genre du roman noir ? Depuis quelques décen­nies déjà, cer­taines d’entre elles se sont imposées comme des références et leur répu­ta­tion dépasse allè­gre­ment nos fron­tières, leur per­me­t­tant de con­quérir un large lec­torat, que l’on songe à Pas­cale Fonte­neau, Nadine Mon­fils ou Bar­bara Abel, pour ne citer que celles les plus en vue par­mi elles. Con­tin­uer la lec­ture

Scruter l’obscur

Un coup de cœur du Car­net

Zoé DERLEYN, Je m’appelle Aus­tralie, Rouer­gue, coll. « La brune », 2024, 132 p., 16 €  / ePub : 11,99 €, ISBN : 978–2‑8126–2596‑1

derleyn je m'appelle australieDécou­verte par les édi­tions Quad­ra­ture pour son pre­mier recueil de nou­velles, Le goût de la limace, Zoé Der­leyn avait déjà retenu notre atten­tion par la force nar­ra­tive de ses pre­miers textes qui avaient obtenu le prix Franz De Wev­er 2018 et avaient été retenus dans la liste des final­istes du prix Rossel, ce qui est plutôt rare pour ce genre lit­téraire. Zoé Der­leyn pour­suiv­it sa car­rière édi­to­ri­ale en France avec un pre­mier roman, Debout dans l’eau, aux édi­tions du Rouer­gue, prix Mar­cel Thiry 2022. Elle revient aujourd’hui à la nou­velle, tou­jours au Rouer­gue. Ce recueil inti­t­ulé Je m’appelle Aus­tralie prou­ve à nou­veau que l’autrice belge maîtrise le genre avec une rare maes­tria, tant par son approche déli­cate de ses sujets que par une écri­t­ure ciselée. Con­tin­uer la lec­ture

De l’autre côté du miroir

Aliénor DEBROCQ, Mai­son miroir, Rouer­gue, coll. « La Brune », 2022, 304 p., 21 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782812623509

debrocq maison miroir« Rose passe la plu­part de ses journées chez elle. Avant, elle y rece­vait aus­si ses clients, mais elle a mod­i­fié ses habi­tudes depuis que la mai­son voi­sine est dev­enue une boîte à déci­bels. Elle n’ose plus accueil­lir per­son­ne, se sent prise en otage du vacarme, guette avec crainte le retour de la mar­maille, comme la nomme son mari. Dès que la petite troupe bar­i­olée passe le por­tail et s’engouffre à côté, Rose sait que le tin­ta­marre va tra­vers­er les murs. Finie, la tran­quil­lité. » Tel est le quo­ti­di­en sonore de cette quadra bour­geoise­ment instal­lée au creux d’un quarti­er vert de la ban­lieue brux­el­loise. Avant, le calme rég­nait. Avant, Rose ne se claque­mu­rait pas non plus chez elle. Elle menait une car­rière d’architecte con­scien­cieuse, d’épouse établie, de mère atten­tive à sa Boucles d’Or. Elle avançait sans se pos­er (trop) de ques­tions, suiv­ant le mou­ve­ment, inter­agis­sant par­faite­ment. Cer­tains trou­bles la tra­ver­saient bien enten­du ; ils demeu­raient juste assez inof­fen­sifs quant à la sta­bil­ité des fonde­ments de son exis­tence. Mais avant, Rose n’avait pas per­du son bébé ni subi de cure­tage, et n’était pas encore cette présence d’éther détachée du monde et pour­tant douloureuse­ment con­sciente de ses priv­ilèges. Avant, tout était moins déli­cat, et plus silen­cieux. Con­tin­uer la lec­ture

Grandir dans un jardin

Un coup de cœur du Car­net

Zoé DERLEYN, Debout dans l’eau, Rouer­gue, 2021, 144 p., 16 / ePub : 11.99 , ISBN : 978–2‑8126–2196‑3

derleyn debout dans l eauElle, dont le prénom nous est tu, c’est une jeune fille aux portes de l’adolescence. Du haut de ses onze ans bien son­nés, elle nous con­te sa vie avec ses grands-par­ents, dans un domaine cam­pag­nard fla­mand. Elle quitte peu les alen­tours, mais l’exploration du grand jardin lui offre d’inépuisables curiosités. Out­re le per­son­nel de mai­son, il y a sa grand-mère, qui n’est guère loquace, et son grand père qui ne l’est guère plus et vit ses derniers moments. Au vieil­lard alité, qui ne quitte plus la cham­bre, elle relate avec parci­monie la vie du dehors, les fruits et les légumes qui mûris­sent au soleil de l’été. Con­tin­uer la lec­ture

Un irrépressible besoin de comprendre

Alain VAN DER EECKEN, Des lende­mains qui hantent, Rouer­gue, 2020, 304 p., 20 € / ePub : 14,99€, ISBN : 978–2‑8126–1951‑9

Voici un thriller qui démarre sur les cha­peaux de roue. Alors qu’il vient rechercher son fils Lulu à la sor­tie de l’école, Mar­tial Trévoux se trou­ve pré­cip­ité dans une scène de folie meur­trière. Les enfants et les enseignants courent en tous sens, des coups de feu écla­tent, une insti­tutrice s’effondre. Et lui s’élance sans trop réfléchir et se retrou­ve avec un enfant dans les bras qu’il arrache à l’horreur. Mais l’enfant sauvé qu’il croy­ait être le sien ne l’est pas et le pire l’attend car il fig­ure par­mi les vic­times. À par­tir de là, tout s’écroule. La cul­pa­bil­ité le gagne puisqu’il n’a pas su pos­er le geste qui sauve alors que le petit Lucien était sous sa respon­s­abil­ité. Son épouse ne sem­ble pas décidée à le lui par­don­ner. Si les man­i­fes­ta­tions de sou­tien ne man­quent pas, lui est déjà ailleurs, tenail­lé par le besoin impérieux de com­pren­dre. Greffi­er de jus­tice de son état, il brave les recom­man­da­tions médi­cales et insiste pour repren­dre le boulot. Il faut dire que son méti­er le place au cen­tre des opéra­tions et il va utilis­er ce point d’attache pour garder le con­tact avec les forces de police et l’institution judi­ci­aire, quitte à franchir les lim­ites inter­dites. Mais que peut-on refuser vrai­ment à un col­lègue meur­tri ? Con­tin­uer la lec­ture

Au plus près des arbres

Philippe FIÉVET, Le temps des arbres, Rouer­gue, 2019, 276 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑8126–1857‑4

Mon temps à moi s’était arrêté pour emprunter celui des arbres. J’allais peut-être pou­voir un jour me dis­soudre dans le rouge de leurs frondaisons. »

« …je ne regar­dais plus les arbres autour de moi de la même manière : je recher­chais leur com­pag­nie, je me pro­je­tais en eux, je les voy­ais de l’intérieur. »

Avec fer­veur, Philippe Fiévet nous racon­te son his­toire d’amour avec les arbres, depuis son instal­la­tion à la cam­pagne, voici bien­tôt vingt ans. Con­tin­uer la lec­ture

Merveilleux Monsieur Hulot

David MERVEILLE, Hulot domi­no, Rouer­gue, 2019, 40 p., 17 €, ISBN : 978–2‑8126–1740‑9

Décidé­ment, Mon­sieur Hulot n’a pas fini d’inspirer David Mer­veille ! Et c’est tant mieux pour nous. Depuis son déli­cieux et sur­prenant Jacquot de Mon­sieur Hulot, pub­lié aux édi­tions du Rouer­gue en 2006 et lau­réat du Prix Québec/Wal­lonie-Brux­elles en 2007, l’auteur-illustrateur brux­el­lois, qui est aus­si pro­fesseur à Saint Luc, a con­sacré quelques ouvrages à cet emblé­ma­tique per­son­nage des films de Jacques Tati : Hel­lo Mon­sieur Hulot (qui reçut le prix de l’album belge Lib­bylit en 2011), Mon­sieur Hulot à la plage, sans oubli­er le cat­a­logue de qua­tre-vingts planch­es Mon­sieur Hulot s’expose. Autant d’albums illus­trés truf­fés de clins d’œil ciné­matographiques, d’humour et de poésie. Con­tin­uer la lec­ture