François WEERTS, On a tiré sur Aragon, Rouergue, 2025, 448 p., 23 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 9782812626463
Louis Aragon est sur la butte du lion de Waterloo, il médite en portant le regard sur le paysage chargé d’histoire. Alors qu’il redescend l’escalier sans fin, une détonation retentit et une balle siffle à ses oreilles. Les camarades belges et français qui l’attendent près de leurs véhicules se précipitent et le mettent à l’abri. L’affaire pourrait faire grand bruit, ce qui mettrait tout le monde dans l’embarras. Mais l’envie de connaitre le fin mot de la tentative d’attentat est forte. D’autant qu’un commando féminin investit dans la foulée les salons bruxellois de la tour Martini en scandant des slogans qui mettent en question le grand homme de lettres. Viktor Rousseau, détective privé, est chargé par le Parti communiste belge de mener une enquête discrète. La même demande lui est faite par le secrétaire perpétuel de l’Académie de langue et de littérature française de Belgique. Continuer la lecture

Découverte par les éditions Quadrature pour son premier recueil de nouvelles, 
Elle, dont le prénom nous est tu, c’est une jeune fille aux portes de l’adolescence. Du haut de ses onze ans bien sonnés, elle nous conte sa vie avec ses grands-parents, dans un domaine campagnard flamand. Elle quitte peu les alentours, mais l’exploration du grand jardin lui offre d’inépuisables curiosités. Outre le personnel de maison, il y a sa grand-mère, qui n’est guère loquace, et son grand père qui ne l’est guère plus et vit ses derniers moments. Au vieillard alité, qui ne quitte plus la chambre, elle relate avec parcimonie la vie du dehors, les fruits et les légumes qui mûrissent au soleil de l’été.
Voici un thriller qui démarre sur les chapeaux de roue. Alors qu’il vient rechercher son fils Lulu à la sortie de l’école, Martial Trévoux se trouve précipité dans une scène de folie meurtrière. Les enfants et les enseignants courent en tous sens, des coups de feu éclatent, une institutrice s’effondre. Et lui s’élance sans trop réfléchir et se retrouve avec un enfant dans les bras qu’il arrache à l’horreur. Mais l’enfant sauvé qu’il croyait être le sien ne l’est pas et le pire l’attend car il figure parmi les victimes. À partir de là, tout s’écroule. La culpabilité le gagne puisqu’il n’a pas su poser le geste qui sauve alors que le petit Lucien était sous sa responsabilité. Son épouse ne semble pas décidée à le lui pardonner. Si les manifestations de soutien ne manquent pas, lui est déjà ailleurs, tenaillé par le besoin impérieux de comprendre. Greffier de justice de son état, il brave les recommandations médicales et insiste pour reprendre le boulot. Il faut dire que son métier le place au centre des opérations et il va utiliser ce point d’attache pour garder le contact avec les forces de police et l’institution judiciaire, quitte à franchir les limites interdites. Mais que peut-on refuser vraiment à un collègue meurtri ?
“Mon temps à moi s’était arrêté pour emprunter celui des arbres. J’allais peut-être pouvoir un jour me dissoudre dans le rouge de leurs frondaisons. »
Décidément, Monsieur Hulot n’a pas fini d’inspirer David Merveille ! Et c’est tant mieux pour nous. Depuis son délicieux et surprenant Jacquot de Monsieur Hulot, publié aux éditions du Rouergue en 2006 et lauréat du Prix Québec/Wallonie-Bruxelles en 2007, l’auteur-illustrateur bruxellois, qui est aussi professeur à Saint Luc, a consacré quelques ouvrages à cet emblématique personnage des films de Jacques Tati : Hello Monsieur Hulot (qui reçut le prix de l’album belge Libbylit en 2011), Monsieur Hulot à la plage, sans oublier le catalogue de quatre-vingts planches Monsieur Hulot s’expose. Autant d’albums illustrés truffés de clins d’œil cinématographiques, d’humour et de poésie.