Six héros récurrents de la littérature policière belge

illustration roman policier

© SamWilliamsPho­to de Pix­abay

Miss Marple, Sher­lock Holmes, Erlen­dur, Mon­tal­bano, Robert Lang­don… la lit­téra­ture poli­cière a fait émerg­er nom­bre de héros récur­rents, dont la notoriété dépasse par­fois celle de leur créa­teur. Le roman polici­er belge a lui aus­si ses héros dont on suit avide­ment les aven­tures d’un vol­ume à l’autre. En voici six exem­ples.

1 — Jules Maigret, l’incontournable

jean-baptiste baronian maigretC’est le per­son­nage qu’on ne présente plus. Créé par Georges Simenon, le com­mis­saire Jules Mai­gret a vu ses aven­tures repub­liées, traduites dans dif­férentes langues et adap­tées au ciné­ma et à la télévi­sion. Héros de 75 romans et de plusieurs nou­velles, le Com­mis­saire Mai­gret appa­rait pour la pre­mière fois dans Pietr-le-Let­ton, pub­lié en 1931.

Signe qui ne trompe pas : Mai­gret a inté­gré la col­lec­tion “La fab­rique des héros”, où il voi­sine avec Jack Spar­row, Bat­man, Nos­fer­atu ou Bar­barel­la.

2 — Le commissaire Léon, le flic qui tricote

Si les romans de Nadine Mon­fils se recon­nais­sent rapi­de­ment, c’est en rai­son du style inim­itable de l’autrice, mais aus­si parce qu’elle prend plaisir à faire revenir ses per­son­nages d’un ouvrage à l’autre, créant un univers fam­i­li­er et cohérent pour ses lecteurs fidèles. Mémé Corne­muse ou Elvis Cadil­lac sont quelques-uns de ces per­son­nages.

Le plus emblé­ma­tique est toute­fois prob­a­ble­ment le com­mis­saire Léon. Signe par­ti­c­uli­er : il tri­cote. On le retrou­ve dans une dizaine d’ou­vrages : Madame Édouard, La nuit des coqueli­cots, Il neige en enfer, Le silence des canaux, Clair de lune à Mont­martre, Le fan­tôme de Felli­ni, Les bon­bons de Brux­elles, Les jou­ets du dia­ble, Bon­jour chez vous !, Le cabaret des assas­sins, Les fan­tômes du Mont-Trem­blant.

Nadine Mon­fils a adap­té pour le ciné­ma Madame Edouard, pre­mier volet des aven­tures de son com­mis­saire, avec Michel Blanc dans le rôle de Léon.

3 — Barthélemy Dussert, policier et traducteur

Xavier Han­otte crée le per­son­nage de Barthéle­my Dussert dès son pre­mier roman, Manière noire, paru en 1995. Polici­er, le héros est aus­si tra­duc­teur de Wil­fred Owen, poète anglais mort au com­bat pen­dant la pre­mière guerre mon­di­ale. Xavier Han­otte est lui-même tra­duc­teur de Wil­fred Owen.

Intel­lectuel et tour­men­té, Barthéle­my Dussert plonge avec Manière noire dans les méan­dres d’une véri­ta­ble enquête poli­cière. Lors de ses appari­tions dans les livres suiv­ants (De secrètes injus­tices, Der­rière la colline, ou le recueil de nou­velles L’ar­chi­tecte du désas­tre), l’in­trigue poli­cière fait pro­gres­sive­ment place à l’autre quête du flic : liée à Wil­fred Owen, elle le relie à la pre­mière guerre mon­di­ale.

4 — Michel Van Loo, détective privé

C’est en 2008 qu’Alain Beren­boom crée le détec­tive privé Michel Van Loo. La pre­mière aven­ture du per­son­nage s’ap­pelle Périls en ce roy­aume et parait chez Bernard Pas­cuito, avant d’être rééditée, dans une ver­sion remaniée, chez Genèse en 2012. Out­re Périls en ce roy­aume, qua­tre vol­umes ont été pub­liés à ce jour : Le roi du Con­go (Bernard Pas­cuito, rééd. Genèse Edi­tions, 2012), La recette du pigeon à l’i­tal­i­enne (Genèse, 2012), La for­tune Gut­mey­er (Genèse, 2015) et Expo 58. L’es­pi­on perd la boule (Genèse, 2018).

Beren­boom promène son anti­héros un peu loos­er, peu maitre des événe­ments, dans la société belge de l’après-guerre, jusqu’à l’Ex­po 58 au cen­tre du dernier épisode pub­lié.

5 — Tiziana Dallavera, policière et gastronome

Le jour du tiramisu, pre­mier épisode des aven­tures de Tiziana Dallav­era parait en 2013 chez Luce Wilquin. Sarah Berti y impose d’emblée les ingré­di­ents, proches de son pro­pre quo­ti­di­en, qui fer­ont la griffe de cette série : une enquêtrice qui offi­cie à Rebecq, com­mune où vit l’autrice, des orig­ines ital­i­ennes et la famille haute en couleurs qui va avec, et une atten­tion soutenue pour les bons petits plats.

Trois vol­umes suiv­ront Le jour du tiramisu, tous aux édi­tions Luce Wilquin : Cap­pu­ci­no bluesLa vie al dente et Avant les tour­nesols. Ce dernier a valu à Sarah Berti le prix Prince Alexan­dre de Bel­gique.

Soucieuse de créer un univers com­plet et cohérent autour de son héroïne, Sarah Berti l’a dotée d’un site inter­net. Où se déploie le monde de Tiziana, entre police et gas­tronomie.

6 — Stanislas Barberian, le bibliophile

francis groff vade retro felicien weyrichC’est le dernier-né des héros de cette liste. Stanis­las Bar­ber­ian a vu le jour en même temps que la col­lec­tion “Noir cor­beau” des édi­tions Weyrich. Elle est dédiée aux romans policiers dont l’in­trigue se situe en Bel­gique. L’essence de la col­lec­tion est d’imag­in­er des héros récur­rents, appelés à men­er l’en­quête dans plusieurs vol­umes.

Créé par Fran­cis Groff, Stanis­las Bar­ber­ian est un enquê­teur hors des cir­cuits offi­ciels. Bib­lio­phile, c’est la quête de livres excep­tion­nels qui le guide et le con­duit à être mêlé à des crimes aux qua­tre coins de la Wal­lonie, de Charleroi dans Mort sur la Sam­bre, à Namur pour Vade retro, Féli­cien! ou Binche pour Orange san­guine. Quelle sera sa prochaine des­ti­na­tion? Affaire à suiv­re.