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Cadavres en tranches

André STAS, Un second cent de nouvelles pas neuves, Cactus inébranlable, 2021, 120 p., 15 €, ISBN : 978-2-39049-030-2

stas un second cent de nouvelles pas neuvesC’est trop peu dire que de définir André Stas comme un ‘pataphysicien (n’oublions pas l’apostrophe introductive, aussi indispensable qu’un porche à une cathédrale bien qu’elle n’ait d’autre fonction que de susciter d’interminables querelles entre aficionados sur le non-sens qu’elle incarne). ‘Pataphysicien certes, mais aussi collagiste, surréaliste, poète, aphorismophile et, en fait, pratiquant toutes les facettes de l’art de fourrer ses doigts taquins dans les trous de nez de la littérature. Et voici qu’après un premier opus du genre, c’est un « Second cent de nouvelles pas neuves » qu’il fait rouler sur le tapis de jeu. Rappelons que ce titre, comme le précédent, fait référence aux Cent nouvelles nouvelles, premier recueil du genre en français, largement inspiré par le Décameron de Boccace, et dédié à Philipe le Bon par un auteur dont l’identité reste discutable. Comment les titres de textes généralement gaillards, tels que La méprise du curé de sainte-GuduleLe clystère mystérieux n’auraient-ils pas « stimulé » (terme de français archaïque signifiant « boosté ») les appétits ludiques et les chantiers iconoclastes de Stas ? Continuer la lecture

En vers et contre tout

André STAS et Éric DEJAEGER, Sornets, illustrations de Jean-Paul Verstraeten, album édité à 200 exemplaires numérotés et signés, R.A. Editions, 2018, 210 p. ; Éric DEJAEGER, Le musée de la girouette et du ventilateur (Poèmes cocasses), couverture de Serge Delescaille, Gros Textes, 2018, 82 p., 6 €, ISBN : 978-2-35082-401-7

Sornets couverture andré stas eric dejaeger

En tête des Sornets, l’opus commun d’André Stas et Éric Dejaeger, le portrait de ces deux farfadets crapoteux, réalisé par Jean-Paul Verstraeten, troisième larron de la fête, donne bien le ton de la pyrotechnie langagière et (dé)culottée de cet opus. Savante et acrobatique aussi puisqu’il s’agit pour ces fins lettrés, dévoyés pour la bonne cause – celle du rire –, de produire selon les canons les plus orthodoxes de la métrique, cent sonnets alexandrins qui valent leur pesant de roupie et de jouissive insolence.

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