Archives par étiquette : André Stas

André Stas exposé

exposition andre stas welcome in paradise

Du 20 mars au 26 avril 2026, l’E­space d’art Le Neuf présente une expo­si­tion dédiée au tra­vail d’An­dré Stas, Wel­come in par­adise Con­tin­uer la lec­ture

André Stas, ou apprendre à laisser

André STAS, Je pen­sai donc je fus. Apho­rismes com­plets 1993–2023, Cac­tus Inébran­lable, 2023, 388 p., 24 €, ISBN : 978–2‑39049–078‑4

stas je pensai donc je fus« Le temps d’apprendre à vivre, on est mort de fatigue. » « Jadis, je dis­ais ‘Je vais mourir un jour’, main­tenant ‘un de ces jours ». Et fidèle à lui-même, entêté jusqu’à l’os, c’est ce qu’a fait André Stas, qui a rompu les amar­res le 26 avril dernier, ou si l’on préfère, s’est « défini­tive­ment occulté » (soit le 7 Palotin 150) pour ceux qui parta­gent avec lui les pré­ceptes aus­si sérieux que dérisoires du Col­lège de ‘Pat­a­physique. Avant de pren­dre le large vers le grand rien et de laiss­er désem­parés tous ses proches et ses ami/es, ce grand manip­u­la­teur des images et des mots, col­lag­iste très ten­té et prati­cien grapho­ma­ni­aque des caus­es dés­espérées, eut néan­moins le temps de sign­er un dernier bon à tir­er : celui de Je pen­sai donc je fus, une antholo­gie presque com­plète de ses apho­rismes, édités entre 1993 et 2023, et regroupés de son vivant au Cac­tus Inébran­lable. Con­tin­uer la lec­ture

André Stas est décédé

andré stas

André Stas

Nous apprenons le décès du col­lag­iste et écrivain André Stas. Il avait 73 ans.

André Stas est né à Rocourt le 19 novem­bre 1949. Diplôme de philolo­gie romane de l’U­ni­ver­sité de Liège, il a présen­té un mémoire con­sacré à l’apho­risme, un genre auquel il s’adon­nera lui-même par la suite.

Sub­ver­sif, affec­tion­nant l’hu­mour, il était lié à l’u­nivers des pat­a­physi­ciens et des sur­réal­istes. Il était égale­ment l’un des incon­tourn­ables du Cirque Divers. Plas­ti­cien auto­di­dacte, il a par­ti­c­ulière­ment excel­lé dans l’art du col­lage, qui lui a valu une recon­nais­sance inter­na­tionale. Con­tin­uer la lec­ture

André Stas ou le spadassin passe-murailles

André STAS (textes) et Ben­jamin MONTI (dessins), Bref caetera, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–124‑1
Raoul VANEIGEM (textes), André STAS (col­lages), Adages, La pierre d’alun, coll. « La petite pierre », 2022, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–123‑4

Stas monti bref caeteraOn peut rire aux larmes, et de tout, et de rien… mais pour rédi­ger un traité de savoir-rire, il faut dénich­er l’arme et l’avoir bien en main. L’entretenir. Depuis plus de qua­tre décen­nies, André Stas, « ce chif­fon­nier muni de son cro­chet » – comme le décrivait en 1981 Scute­naire dans sa pré­face à une expo­si­tion de col­lages au Salon d’Art, chez Jean Mar­che­t­ti – a tou­jours trou­vé matière à con­fec­tion­ner ses flèch­es et couteaux, aigu­isés, effilés, enduits d’un secret mélange de curare, de hou­blon et d’eau de Spa, pour attein­dre ses cibles. Les col­lages de Stas, nés dans la par­faite con­nais­sance de ses prédécesseurs sur­réal­istes, ont acquis très vite une autonomie per­son­nelle, que Jacques Lizène définis­sait comme « des enlu­min­ures libres ». À la fois absur­des, dro­la­tiques, par­fois féériques et sou­vent sen­suelles voire sex­uelles, mais sans illu­sions : Stas est impi­toy­able à l’égard de lui-même et de ses sem­blables. Cet homme ne s’épargne pas, pas plus que ses col­lages au scalpel n’épargnent le monde qui l’environne. On cite à nou­veau Scute­naire : un col­lage de Stas, c’est « comme si une éponge morte et sat­urée d’une eau sale rede­ve­nait une créa­ture marine, vivante et fraîche, encore que par­fois effrayante. » Con­tin­uer la lec­ture

Herbes à brouter

Patrick HENIN-MIRIS, Zadi­gac­ités, Cac­tus inébran­lable, 2021,80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–050‑0 ; André STAS, Tout est relatif (et ton­du), Cac­tus inébran­lable, 2021,  80 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39049–047‑0 ; Paul LAMBDA, Le dés­espoir, avec mod­éra­tion, Cac­tus inébran­lable, 2021, 98 p., 8 €, ISBN : 978–2‑39049–0149‑4

henin miris zadigacitesLes Zadi­gac­ités de Patrick Henin-Miris font évidem­ment référence à Zadig, le con­te philosophique, ori­en­tal­iste et néan­moins satirique, de Voltaire. Lui-même l’avait qual­i­fié, par fausse mod­estie ludique, de « couil­lon­ner­ies », bien qu’à par­tir de nom­breuses sit­u­a­tions exo­tiques, Zadig incar­ne la vraie sagesse et la jus­tice face aux ques­tions et aux erre­ments de son siè­cle.

Chez Henin-Miris, ces ques­tions se mul­ti­plient à tra­vers des textes courts, des petits sce­nar­ios en somme, inven­tifs, sagaces, poé­tiques et très con­tem­po­rains, qui dépassent rarement 15 lignes. « C’est agréable de faire court, lit-on en marge. C’est un peu sec­ouer la tête, le porte-plume, et con­stater que des dizaines, des cen­taines de petites his­toires, de petites pen­sées s’éparpillent tout autour  (…) toutes recou­vrant un monde à explor­er, à rêver, à imag­in­er, à préserv­er». Sans oubli­er un humour omniprésent dans cette pluie d’étoiles dont l’ironie pen­sive et les para­dox­es aven­tureux pour­raient s’apparenter aux énigmes aléa­toires de Magritte et forcer la pen­sée à « s’égarer » sur de nou­veaux sen­tiers étranges à bat­tre… Rap­pelons au pas­sage que si le style est bien dif­férent de celui du sur­réal­iste lessi­nois, avec ses noirs fulig­ineux qu’il signe Miris (un des pseu­do­nymes de cet artiste dis­cret, par ailleurs maître en apho­ris­tique, con­teur et féru d’animations théâ­trales), une récente expo­si­tion-spec­ta­cle l’a vu pop­u­laris­er un de ses apho­rismes d’une per­cu­tante et sub­tile sim­plic­ité : « L’être s’est fait avoir ». Con­tin­uer la lec­ture

Cadavres en tranches

André STAS, Un sec­ond cent de nou­velles pas neuves, Cac­tus inébran­lable, 2021, 120 p., 15 €, ISBN : 978–2‑39049–030‑2

stas un second cent de nouvelles pas neuvesC’est trop peu dire que de définir André Stas comme un ‘pat­a­physi­cien (n’oublions pas l’apostrophe intro­duc­tive, aus­si indis­pens­able qu’un porche à une cathé­drale bien qu’elle n’ait d’autre fonc­tion que de sus­citer d’interminables querelles entre afi­ciona­dos sur le non-sens qu’elle incar­ne). ‘Pat­a­physi­cien certes, mais aus­si col­lag­iste, sur­réal­iste, poète, apho­ris­mophile et, en fait, pra­ti­quant toutes les facettes de l’art de four­rer ses doigts taquins dans les trous de nez de la lit­téra­ture. Et voici qu’après un pre­mier opus du genre, c’est un « Sec­ond cent de nou­velles pas neuves » qu’il fait rouler sur le tapis de jeu. Rap­pelons que ce titre, comme le précé­dent, fait référence aux Cent nou­velles nou­velles, pre­mier recueil du genre en français, large­ment inspiré par le Décameron de Boc­cace, et dédié à Philipe le Bon par un auteur dont l’identité reste dis­cutable. Com­ment les titres de textes générale­ment gail­lards, tels que La méprise du curé de sainte-Gud­uleLe clystère mys­térieux n’auraient-ils pas « stim­ulé » (terme de français archaïque sig­nifi­ant « boosté ») les appétits ludiques et les chantiers icon­o­clastes de Stas ? Con­tin­uer la lec­ture

En vers et contre tout

André STAS et Éric DEJAEGER, Sor­nets, illus­tra­tions de Jean-Paul Ver­straeten, album édité à 200 exem­plaires numérotés et signés, R.A. Edi­tions, 2018, 210 p. ; Éric DEJAEGER, Le musée de la girou­ette et du ven­ti­la­teur (Poèmes cocass­es), cou­ver­ture de Serge Delescaille, Gros Textes, 2018, 82 p., 6 €, ISBN : 978–2‑35082–401‑7

Sornets couverture andré stas eric dejaeger

En tête des Sor­nets, l’opus com­mun d’André Stas et Éric Dejaeger, le por­trait de ces deux far­fadets crapo­teux, réal­isé par Jean-Paul Ver­straeten, troisième lar­ron de la fête, donne bien le ton de la pyrotech­nie lan­gag­ière et (dé)culottée de cet opus. Savante et acro­ba­tique aus­si puisqu’il s’agit pour ces fins let­trés, dévoyés pour la bonne cause – celle du rire –, de pro­duire selon les canons les plus ortho­dox­es de la métrique, cent son­nets alexan­drins qui valent leur pesant de roupie et de jouis­sive inso­lence.

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