Archives par étiquette : anthologie

Bruxelles, bien- et mal-aimée

Marc MEGANCK, Amour et désamour. Regards d’écrivains sur Bruxelles. 1845-1978, Historia, 2018, 64 p., p.50 €, ISBN : 978-2-93042-326-5

Le vingtième titre de la collection proposée par le Musée de la Ville de Bruxelles est l’un des plus attrayants : Amour et désamour. Regards d’écrivains sur Bruxelles 1845-1978. Cette petite anthologie, composée par Marc Meganck, s’ouvre par une lettre de Balzac à sa bien-aimée Eveline Hanska, célébrant en Bruxelles une des villes  « sacrées », « primordiales », où ils se sont retrouvés. Continuer la lecture

L’aphorisme est l’À faux rythme de l’écrivain

Michel DELHALLE, Belgique, terre d’aphorismes, Cactus Inébranlable, 2018, 300 p., 17€, ISBN : 978-2-930659-77-0

Belgique, terre d’aphorismes est l’aboutissement d’un travail d’archéologue, d’orpailleur, d’archiviste littéraire. Pendant de nombreuses années, Michel Delhalle a exploré le champ de fouilles des Lettres belges en quête de trésors de l’esprit nommés aphorismes et classé scrupuleusement ces objets littéraires (parfois, souvent ?) non identifiés. Le but ? Double : les réhabiliter en tant que mode d’expression à part entière ; en démocratiser la compréhension et l’accès. Continuer la lecture

Au royaume des orchidées

Pascale de TRAZEGNIES, Ô orchidées !, illustrations de Djohr, Flammarion, 2018, 256 p., 32 € / ePub : 21.99 €, ISBN : 978-2081445703

Admiratrice fervente de ces fleurs aussi belles que mystérieuses, qui, depuis toujours, intriguent, fascinent, parfois rebutent, Pascale de Trazegnies nous invite, dans un livre enchanteur, Ô orchidées !, à découvrir le monde littéraire des orchidées.

L’aventure commence sous l’invocation Les émerveillés.

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Trente ans et cent cinquante-cinq livres

Un coup de cœur du Carnet

Tétras Lyre 1988-2018. L’anthologie, textes rassemblés et édités par Primaëlle Vertenoeil, Tétras Lyre, 2018, 176 p., 20 €, ISBN : 978-2-930685-37-3

Les éditions Tétras Lyre prennent naissance en septembre 1988 dans une maison de la rue Pierreuse à Liège, sous l’impulsion de Marc Imberechts. Né à Gembloux, ce poète de quarante-six ans a beaucoup déambulé en Afrique, en France, en Écosse, puis a vécu de petits boulots avant de décrocher un diplôme d’instituteur et d’être engagé dans une école pour enfants en difficulté – tout en s’initiant à l’imprimerie… Ainsi va-t-il éditer artisanalement des recueils d’A. Wéry, de M. Biefnot, et publier en 1980 son premier livre personnel : D’un hiver L’autre. C’est René Leiva Jimenez, exilé chilien devenu un ami, qui lui suggère de créer à Liège une petite structure d’édition. Bientôt, une équipe de sept ou huit personnes est constituée. Elle veut mettre en évidence – édition bilingue, beau papier, typographie soignée, gravures originales – des poètes venus aussi bien d’Amérique latine, de Belgique ou du Maghreb, et commence avec des textes de Véra Feyder, Arturo Perez, William Cliff. On l’aura compris, la sélection est exigeante, tant pour les textes que pour les illustrations ; sont privilégiées l’originalité et la modernité, mais sans verser dans l’abscons ou le désincarné. Trois nouvelles collections font leur apparition en 1990, tandis que l’équipe initiale se réduit au trio formé par M. Imberechts, Guy-Henri Dacos et Jean-Marc Simar. Les parutions se succèdent au rythme variable de deux à dix titres par an : G. Hons, L. Noullez, É. Brogniet, F. Pessoa, A. Schmitz, F. Arrabal, Ph. Mathy, Ph. Leuckx, J. Izoard, M. Seuphor, W. Lambersy et bien d’autres. Continuer la lecture

Les mondes sensibles de Béatrice Libert

Béatrice LIBERT, Ce qui vieillit sur la patience des fruits verts : anthologie, Choix et préface d’Yves Namur, Peintures de Francis Joiris, Taillis Pré, 2018, 180 p., 20 €, ISBN : 978-2-87450-129-6</span>

libert ce qui vieillit sur la patience des fruits vertsYves Namur a signé de nombreuses anthologies de qualité, seul ou en tandem avec la regrettée Liliane Wouters. Son catalogue du Taillis Pré atteste de ses goûts et de son jugement d’éditeur. Tout choix étant un parti-pris, il est inévitable que le travail d’éditeur ou d’anthologiste soit sujet à controverse : il en assume parfaitement le risque depuis le début des années 1980. Et il rend ici justice à un poète auquel les landerneaux littéraires successifs ont prêté, comme à beaucoup de femmes dans l’histoire des Lettres, une attention trop souvent superficielle. Béatrice Libert n’est pourtant pas une inconnue : pédagogue, animatrice d’ateliers d’écriture et de collections littéraires, dont l’une dédiée à la jeunesse, elle est sensible aux arts plastiques. En atteste dans la présente édition la mise en valeur d’un Francis Joiris, artiste liégeois tout à fait particulier dont l’univers fascinant est digne de l’Arte Povera. Cette sensibilité picturale est présente aussi dans la bibliographie du poète, où figurent nombre de livres avec des plasticiens contemporains, ainsi que dans son art poétique personnel, où la peinture est, soit thème inspirant, soit présente dans sa manière de voir le monde. Continuer la lecture

Plaisirs littéraire… et linguistique

Michèle LENOBLE-PINSON, Écrire sans faute. Dictées lues, commentées et corrigées. Inclus : version audio en ligne,  De Boeck Supérieur, coll. « Entre guillemets », 2017, 206 p., 19.50 €, ISBN : 9782807315259

lenoble pinsonÉcrire sans faute. Un recueil de trente-trois dictées choisies principalement parmi celles proposées par les Championnats d’orthographe entre 1992 et 2016, auxquelles Michèle Lenoble-Pinson, présidente desdits Championnats, en a joint quelques nouvelles, puisées notamment dans l’œuvre du surréaliste Marcel Mariën et dans celle de Jean Ray, grande figure du domaine fantastique. Continuer la lecture

Maurice Carême, aux fenêtres du temps

Maurice CARÊME, Nonante-neuf poèmes, Choix anthologique et postface de Rony Demaeseneer, Christian Libens et Rossano Rosi, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2018, 159 p., 8 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 978-2-87568-251-2

careme nonante neuf poemesSon art est la simplicité même. On a souvent confondu cette limpidité qui semble couler de source, cette fantaisie dansante, cette grâce musicale, avec la candeur, voire le simplisme, d’une poésie dédiée aux enfants – Maurice Carême, poète des écoliers – sans soupçonner la versification subtile ni envisager les thématiques qu’elles recèlent. Continuer la lecture