Archives par étiquette : archéologie

Par-delà le temps

Emmanuelle PIROTTE, L’étreinte des siè­cles, Cherche Midi, 2026, 255 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑7491–8226‑1

pirotte l'étreinte des sièclesBene­dict Buchanan, la cinquan­taine, est pro­fesseur en archéolo­gie à l’Université de Glas­gow. Il n’a plus de grandes ambi­tions, som­bre dans la rou­tine et s’ennuie. Jusqu’au jour où écoutant un morceau de Depeche Mode, sig­ni­fica­tive­ment appelé Ghosts Again, extrait tout aus­si sig­ni­fica­tive­ment de l’album Memen­to Mori, il « se sou­vient brusque­ment qu’il a été jeune ». Et ce morceau en déterre d’autres qui font sur­gir alors le sou­venir de Mar­la, dont il était amoureux et qui a brusque­ment dis­paru. Il décide d’aller pass­er quelque temps sur une ile des Hébrides, Arna. Quelque chose l’y retient et l’attire, un tertre. Il pressent qu’il va y trou­ver autant une trace de l’Histoire que de son passé. Et, de fait, les fouilles exhument les restes d’une femme d’il y a douze siè­cles, une Scan­di­nave venue avec les colonisa­teurs nordiques sur les Hébrides. Entre Bene­dict et cette femme, un lien fort se crée, par-delà le temps. Con­tin­uer la lec­ture

Clochard céleste

Marc MEGANCK, Mys­tifi­ca­teur !, F dev­ille, 2024, 237 p., 20 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑87599–096‑9

meganck mystificateurMarc Meganck n’a pas encore cinquante ans mais sa fiche Wikipé­dia donne le tour­nis. Des dizaines de titres pub­liés, du roman à la nou­velle ou à l’essai, du polar à Brux­elles en pas­sant par l’archéologie. Un graphomane ?

J’irai tir­er sur vos tongs, un micro-roman paru chez le même édi­teur, F dev­ille (sans point ni majus­cule, une mai­son qui monte), était un pur plaisir de lec­ture ; une curiosité vive a précédé l’entame de Mys­tifi­ca­teur !, dopée dès la qua­trième de cou­ver­ture : l’auteur s’inspire de faits réels et va ten­ter de recon­stituer le par­cours aven­tureux et « rocam­bo­lesque » d’un red­outable faus­saire, qui a réus­si à bern­er les autorités belges et français­es, chas­sé l’Atlantide… Con­tin­uer la lec­ture

Nostalgies anthropologiques

David BERLINER, Per­dre sa cul­ture, Zones sen­si­bles, 2018, 156 p., 15 €, ISBN : 978–293-0601–35‑9

« Le temps passe », « les temps changent », « ce n’est plus ce que c’était », « tout fout le camp », « les tra­di­tions se per­dent »… On pour­rait con­tin­uer ain­si à énumér­er les phras­es dis­ant la perte et la nos­tal­gie d’un passé irréversible. De l’étude de cette nos­tal­gie David Berlin­er, anthro­po­logue, pro­fesseur à l’Université libre de Brux­elles a fait un très beau livre qu’il des­tine aux chercheurs en sci­ences sociales, aux spé­cial­istes du pat­ri­moine et des études mémorielles et muséales, aux philosophes, aux his­to­riens, aux psy­ch­an­a­lystes et psy­cho­logues, aux poli­to­logues ou aux géo­graphes. On ajoutera à tout citoyen en quête de répons­es aux replis nation­al­istes qui se ser­vent de la perte pour exprimer la peur et la haine de l’autre et empoi­son­nent nos sociétés, pour retrou­ver un peu d’optimisme au tout nos­tal­gique qui pour­rait nous étrein­dre, pour raf­fin­er la pen­sée au sujet de la pat­ri­mo­ni­al­i­sa­tion et ne pas tomber dans le poli­tique­ment cor­rect de l’authenticité. Pour cela, David Berlin­er conçoit le méti­er d’anthropologue comme celui d’un diplo­mate « qui parvient à trou­ver le mot juste pour par­ler de et avec l’autre ». Con­tin­uer la lec­ture

Heureux qui comme Schliemann…

Michel CLAISE, La porte des lions, Luce Wilquin, 2018, 276 p., 20 €, ISBN : 9782882535511

Heureux qui comme Schlie­mann, fit de – très – nom­breux voy­ages et surtout de mul­ti­ples décou­vertes qui révo­lu­tion­nèrent l’archéologie. Voici, grossière­ment résumé, le sujet du neu­vième livre pub­lié par Michel Claise, indé­fectible­ment fidèle aux édi­tions Luce Wilquin.

Mais qui fut cet Hein­rich Schlie­mann, né en Alle­magne en 1822 ? Une pré­face nous explique d’emblée d’où vient le titre du roman, La porte des lions, et le des­tin excep­tion­nel de cet homme par­ti de qua­si rien, qui fit for­tune dans des affaires mul­ti­ples en pleine ruée vers l’or améri­cain ou dans la Russie des tsars, après des années d’errance et de mis­ère à Ham­bourg et Ams­ter­dam. Dès l’entame du réc­it, Claise s’attache à mon­tr­er que les grandes pas­sions trou­vent leur source dans l’enfance et, sin­gulière­ment en ce qui con­cerne Hein­rich Schlie­mann, dans les réc­its que lui fai­sait son père pas­teur à par­tir de L’Iliade. Il se pas­sion­na pour les civil­i­sa­tions anci­ennes et les langues au point d’en par­ler près de vingt (!), s’inscrivit sur le tard à la Sor­bonne, réus­sit avec suc­cès une thèse et res­ta dans l’Histoire comme le décou­vreur de la ville de Troie ain­si que les tré­sors de Mycènes. Une pré­face dont il eût été préférable à nos yeux de faire l’économie car elle nous fruste du plaisir de la décou­verte pré­cisé­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Tuer le temps avec Engel à Maramisa

Vin­cent ENGELMaramisa, Escales, coll. « Domaine français », 2018, 521 p., 21.90 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782365693592

engel maramisaL’œuvre de Vin­cent Engel s’élabore selon une archi­tec­ture auda­cieuse et ambitieuse, à l’exemple de la cité mys­térieuse au cœur de ce roman ample : Maramisa. Ses livres s’emboîtent telles des matri­ochkas, les unes en con­tenant d’autres, pour aller s’amplifiant. Les lecteurs assidus d’Engel se sou­vien­dront que le roman Maramisa se trou­vait en germe dans une nou­velle lau­réate du Con­cours de Nou­velles de Radio France Inter­na­tionale (RFI), pub­liée en 1993 (!) dans son pre­mier recueil : Légen­des en attente. Longue genèse que le lecteur peut décou­vrir sur le site du roman, où Vin­cent Engel pro­pose des pro­longe­ments à son livre, en mode réal­ité aug­men­tée : vidéos, musique, icono­gra­phies, textes divers, FAQ, forum, ren­con­tres, etc. Con­tin­uer la lec­ture

Au désert de soi

Un coup de coeur du Carnet

Pierre HOFFELINCK, Rela­tion de Karl Götz, Esneux, Mur­mure des soirs, 2015, 105 p.

hoffelinckVoici le réc­it d’un bas­cule­ment, celui du jeune Karl Götz qui s’extirpe de sa vie ordi­naire et va franchir toutes les lim­ites. À l’origine de sa muta­tion, la demande qu’il reçoît du pro­fesseur d’archéologie dont il est assis­tant : vic­time d’une chute, le vieil homme lui annonce qu’il voit en lui son suc­cesseur et qu’il compte sur lui pour le représen­ter dans une ren­con­tre inter­na­tionale à Tunis auprès d’un vieil ami. Con­tin­uer la lec­ture