Un coup de cœur du Carnet
Pierre HOFFELINCK, K‑Gool®, Murmure des soirs, 2022, 255 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑930657–87‑5
Que de « cagoules » dans l’Histoire : celle du bourreau, celle de l’Extrême-droite française des années 30 (« La Cagoule »), celle du terroriste ou du cambrioleur, mais jamais encore nous n’avions rencontré K‑Gool®…Ce petit ® signifierait-il que l’auteur, qui a réservé le droit de ce nom, a fait un pari sur l’avenir de l’anticipation, de la pertinence et de la fonction de cet étrange objet dans un autre récit ?
K‑Gool®… est cet accessoire de « bonheur » que les terriens de son roman portent avec obligation et jouissance. Mais revenons au début : une colonie de terriens sur Mars n’a plus de nouvelles depuis de nombreux mois de la terre, la terre ne répond plus, c’est le temps du Grand Silence. Continuer la lecture
Dans Éloge de l’amitié, Tahar Ben Jelloun écrivait : « Le libraire est l’ami du livre ; pas de tous les livres, mais de ceux qu’il considère assez pour les transmettre aux lecteurs. » La librairie se révèle en effet ce lieu singulier de passage, de partage, de mise en lumière, mais également de sélection, de choix, de défense. En parcourant étagères et présentoirs, le lecteur concentré devine l’orientation idéologique, l’impératif de qualité et parfois l’intérêt particulier du personnel qui la peuple. Car, oui, une librairie est peuplée de livres qui battent, chacun à sa pulsation, chacun à son tempo, et appellent leur lecteur prédestiné. C’est du moins la conviction d’une étrange libraire, aux envoûtements bohémiens et à la boutique évanescente, lorsqu’elle affirme : « Promenez-vous librement dans mon magasin, vous y trouverez peut-être ce que vous cherchez. Regardez tout autour de vous, prenez-les en mains, feuilletez-les, jusqu’à ce que vous tombiez sur celui qui vous dira : “Prends-moi, je t’attendais.” Car – savez-vous cela ? – ce sont les livres qui nous choisissent. Ils nous attendent patiemment, sur une étagère, et puis quand nous passons à leur portée, ils nous appellent, et là… c’est inutile de vouloir résister. »
Enfants, Irina et Pavel, qui sont cousins, ont passé leurs vacances d’été au château de Portavent, en compagnie de leur tante Olga. À sa mort, celle-ci leur a légué le château de leur enfance, où ils se retrouvent des années plus tard. Ainsi commence Les héritiers de Portavent, deuxième roman du Liégeois Pierre Hoffelinck.