Archives par étiquette : interview

Avec toute sa sympathie

Rudy LÉONET, CLARKE, AAA — Access all areas, Lamiroy, 2021, 90 p., 18 €, ISBN : 9782875955005

leonet access all areasRudy Léonet est une légende vivante de la presse (Télé­mous­tique), télévi­sion et radio belges (Radio Cité, Radio 21, Pure FM…), le producteur/animateur d’émissions cultes (French Kiss, 5 heures…). Un paroli­er pour d’autres (Indo­chine…) et pour La var­iété (groupe au disque élec­tro-pop orphe­lin dont il fut le chanteur dans les années 1990). Rudy Léonet. Une per­son­nal­ité cli­vante et, en même temps, telle­ment attachante. Un grand fan de musique à la mau­vaise foi flam­boy­ante et un pro­fes­sion­nel tra­vailleur, rigoureux, auda­cieux qui défend avec le même brio Depeche Mode et Patrick Juvet. Il est aus­si un homme qui donne le meilleur dans la com­plic­ité. Avec Hugues Dayez à la radio ou avec le dessi­na­teur Clarke dans AAA - Acces all areas, le livre paru aux édi­tions Lamiroy. Con­tin­uer la lec­ture

Grandir dans un jardin

Un coup de cœur du Car­net

Zoé DERLEYN, Debout dans l’eau, Rouer­gue, 2021, 144 p., 16 / ePub : 11.99 , ISBN : 978–2‑8126–2196‑3

derleyn debout dans l eauElle, dont le prénom nous est tu, c’est une jeune fille aux portes de l’adolescence. Du haut de ses onze ans bien son­nés, elle nous con­te sa vie avec ses grands-par­ents, dans un domaine cam­pag­nard fla­mand. Elle quitte peu les alen­tours, mais l’exploration du grand jardin lui offre d’inépuisables curiosités. Out­re le per­son­nel de mai­son, il y a sa grand-mère, qui n’est guère loquace, et son grand père qui ne l’est guère plus et vit ses derniers moments. Au vieil­lard alité, qui ne quitte plus la cham­bre, elle relate avec parci­monie la vie du dehors, les fruits et les légumes qui mûris­sent au soleil de l’été. Con­tin­uer la lec­ture

Thomas Lavachery : “Nos ados ont droit à la meilleure littérature”

Thomas Lavach­ery ©_Web_Fwb_72A8189

Faut-il encore présen­ter Thomas Lavach­ery ? Grand prix tri­en­nal de Lit­téra­ture jeunesse de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, cet auteur et illus­tra­teur est surtout con­nu pour la série des Bjorn, une saga en huit tomes pub­liée à L’école des loisirs. Lui aus­si est un habitué des ren­con­tres en classe. Tou­jours à L’école des loisirs, vien­nent de paraitre Un zoo à soi ain­si que Tor et le Cow-Boy. En 2019, Thomas Lavach­ery  pub­li­ait Rumeur et Le voy­age de Ful­mir : c’est pour évo­quer ce dernier titre que nous l’avons ren­con­tré.

Cette inter­view paraitra dans une ver­sion plus courte dans Le Car­net et les Instants n° 206.

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Décès d’Anne Richter

Anne Richter

Anne Richter

Nous apprenons le décès de la nou­vel­liste et essay­iste Anne Richter, née à Brux­elles en 1939. Licen­ciée en philolo­gie romane, elle s’est spé­cial­isée dans le fan­tas­tique — avec une atten­tion par­ti­c­ulière pour les roman­cières -, auquel elle a con­sacré essais et antholo­gies, tout en écrivant elle-même de nom­breuses nou­velles dans cette veine. Con­tin­uer la lec­ture

Matriochka de Philippe Remy-Wilkin

Philippe REMY-WILKIN, Matri­ochka, Sam­sa, 2019, 60 p., 9 €, ISBN : 978–2‑87593–209‑9

Philippe Remy-Wilkin orne la sig­na­ture de ses cour­riels et les notices bib­li­ographiques le con­cer­nant de la men­tion « auteur lit­téraire » qu’il sem­ble affec­tion­ner. Sans doute cette for­mu­la­tion embrasse-t-elle davan­tage la diver­sité édi­to­ri­ale des écrits de celui qui est à la fois essay­iste, cri­tique lit­téraire, nou­vel­liste et romanci­er. Philo­logue de for­ma­tion, Philippe Remy-Wilkin est pas­sion­né d’Histoire et nous a don­né déjà une remar­quable étude con­sacrée à Christophe Colomb, Christophe Colomb, Le décou­vreur et la décou­verte : mythes et réal­ités. On lit aus­si régulière­ment ses chroniques sur Karoo et Le Car­net et les Instants, de façon épisodique ses nou­velles dans la revue Mar­ginales, et ses pris­es de posi­tion sur les réseaux soci­aux.

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Tuer le temps avec Engel à Maramisa

Vin­cent ENGELMaramisa, Escales, coll. « Domaine français », 2018, 521 p., 21.90 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 9782365693592

engel maramisaL’œuvre de Vin­cent Engel s’élabore selon une archi­tec­ture auda­cieuse et ambitieuse, à l’exemple de la cité mys­térieuse au cœur de ce roman ample : Maramisa. Ses livres s’emboîtent telles des matri­ochkas, les unes en con­tenant d’autres, pour aller s’amplifiant. Les lecteurs assidus d’Engel se sou­vien­dront que le roman Maramisa se trou­vait en germe dans une nou­velle lau­réate du Con­cours de Nou­velles de Radio France Inter­na­tionale (RFI), pub­liée en 1993 (!) dans son pre­mier recueil : Légen­des en attente. Longue genèse que le lecteur peut décou­vrir sur le site du roman, où Vin­cent Engel pro­pose des pro­longe­ments à son livre, en mode réal­ité aug­men­tée : vidéos, musique, icono­gra­phies, textes divers, FAQ, forum, ren­con­tres, etc. Con­tin­uer la lec­ture

L’« effet mère »

Élise BUSSIÈRE, Mal de mère, Mols, 2018, 128 p., 15,90 €, ISBN : 978–2‑87402–238‑8

bussiere mal de mere.jpgOn le scan­de depuis plusieurs décen­nies : « La mater­nité doit être un choix libre et réfléchi. » Certes, mais avoir le choix, décider de devenir mère, se penser mère, entre imma­nence et lib­erté morale, nag­er dans les courants des « avoir un enfant, c’est for­mi­da­ble ! », du sacro-saint mythe de la bonne mère et des « cela va de soi » pré­ten­du­ment mater­nels ; choisir de don­ner la vie, se trans­former en une jeune accouchée et som­br­er, être engloutie… Un fait qui touche à l’indicible, une parole qui sem­ble inaudi­ble que le deux­ième roman d’Élise Bus­sière libère. Con­tin­uer la lec­ture

Un deuil hors norme

Pas­cale de TRAZEGNIES, Le Mort, Neufchâteau, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2016, 97 p.

trazegnies_pirauxLou est de retour à Brux­elles, ville de sa jeunesse, pour y retrou­ver sa mère et ren­dre vis­ite à la dépouille mortelle de son père. Lou vient donc de per­dre son père. Ou plutôt, le père de Lou vient de mourir. Car on com­prend vite que ces deux-là se sont per­dus depuis longtemps et que les liens entre Lou et ses par­ents sont loin d’être forts. Pourquoi ? Com­ment cette famille en est-elle arrivée à des rap­ports si mécaniques ? Le lecteur ne le saura pas. Tout au plus sera-t-il infor­mé de l’existence d’une maîtresse et d’une fille illégitime mais aucun détail de l’histoire famil­iale ne lui sera con­fié. Con­tin­uer la lec­ture

Quand « je » est un autre…

Un coup de coeur du Carnet

Patrick DELPERDANGE, Si tous les dieux nous aban­don­nent, Paris, Gal­li­mard, 2016, 229 p., 17 €/ePub : 11.99 €

delperdangeIls s’appellent Céline, Léopold, Jos­selin. Ils n’ont a pri­ori rien en com­mun. Elle, soci­o­logue un peu paumée ; eux, voisins dans un patelin tout aus­si paumé, noyé dans une nature som­bre et inhos­pi­tal­ière… Céline, en fuite après avoir poignardé son vio­leur ; Léopold, vieux veuf qui la ramassera sur le bord de la route, un soir glacial de décem­bre, et qui la ramèn­era chez lui, dans sa vieille ferme délabrée ; Jos­selin, demeuré obsédé – obsédé demeuré ? – dont les quelques rares neu­rones en état de marche ont dan­gereuse­ment élu domi­cile dans l’entrejambe. Con­tin­uer la lec­ture

Les ravissements d’une rêveuse

Un coup de coeur du Carnet

Corinne HOEX, Valets de nuit, Brux­elles, Les Impres­sions nou­velles, 2015, 160 p., 14 €:ePub : 9.99 € ; Corinne HOEX et Véronique GOOSSENS, Les Mots arrachés, Liège, Tétras Lyre, 2015, s.p., 15 €

hoex-valetsDites 33 et vous ren­con­tr­erez autant de per­son­nages dans Valets de nuit, le dernier livre en prose de Corinne Hoex, lesquels vous seront tout dévoués comme l’indique leur titre. Peut-être pas tout le temps, mais en tout cas la nuit, quand vous rêvez. Est-on respon­s­able de ses rêves ? Bien sûr que oui. Incon­sciem­ment sans doute, à ceci près qu’ils cor­re­spon­dent prob­a­ble­ment plus à un désir infor­mulé ou infor­mu­la­ble qu’au hasard de la posi­tion du dormeur ou à la qual­ité de son mate­las. Ce sont ces ren­con­tres furtives, totale­ment fan­tas­mées ou secrète­ment souhaitées que nous racon­tent les trente-trois textes courts, économes, incisifs du vol­ume. Con­tin­uer la lec­ture

Suivre la partition

Un coup de coeur du Carnet

Paul COLIZE, Con­cer­to pour qua­tre mains, Paris, Fleuve Noir, 2015, 480 p., 19,90 €/ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2265099371

Un homme sort de prison. On com­prend que c’était un pris­on­nier impor­tant. Les jour­nal­istes l’attendent. On lui demande : « Que comptez-vous faire main­tenant ? » Et il répond : « Entr­er dans la légende ». Cet homme, c’est Franck Jam­met, un pianiste doué et un braque­ur génial, con­ver­ti à la crim­i­nal­ité par un inci­dent qui survint alors qu’il était enfant de chœur. « Entr­er dans la légende » : bien enten­du, moins d’un an après sa libéra­tion, a lieu « le braquage du siè­cle », un four­gon con­tenant des dizaines de mil­lions de dol­lars en dia­mants dans l’enceinte de l’aéroport de Zaven­tem, trois min­utes, aucun coup de feu. Franck Jam­met est le sus­pect tout désigné. Con­tin­uer la lec­ture

« Une Belgique sentimentale et buissonnière »

Un coup de coeur du Carnet

Jean-Bap­tiste BARONIAN, Dic­tio­n­naire amoureux de la Bel­gique, Paris, Plon, 2015, 780 p., 25 €/ePub : 15.99€

Le principe de la col­lec­tion « Dic­tio­n­naire amoureux » chez Plon est bien con­nu : il est demandé à un spé­cial­iste, un pas­sion­né, un con­nais­seur paten­té de con­stituer, à pro­pos de son sujet de prédilec­tion, un abécé­daire où la sen­si­bil­ité le dis­put­erait à l’érudition et où, au souci de l’exhaustivité sci­en­tifique, se ver­rait préférée la car­togra­phie per­son­nelle. Con­tin­uer la lec­ture

Rossel : and the winner is…

Le jury du Rossel vient de livr­er son ver­dict. Par­mi les cinq livres en lice pour recevoir la pres­tigieuse récom­pense, c’est Fraudeur d’Eugène Sav­itzkaya (édi­tions de Minu­it) qui a été couron­né.  Con­tin­uer la lec­ture

Portraits d’Éléonore

Emmanuèle SANDRON, Je ne te mangerai pas tout de suite, Avin, Luce Wilquin, coll. « Euphémie », 2015, 128 p., 12 €

sandronLa meilleure école d’écriture est la lec­ture, entend-on par­fois. Peut-être traduire mène-t-il encore plus sûre­ment vers l’écrit ? La preuve par Emmanuèle San­dron qui pub­lie un recueil de nou­velles, Je ne te mangerai tout de suite, où l’art de la nar­ra­tion se dou­ble d’une écri­t­ure ciselée. Con­tin­uer la lec­ture

Une joie pour la vie

Éric-Emmanuel SCHMITT, La nuit de feu, Paris, Albin Michel, 2015, 188 p., 16 € / epub : 10.99 €

La Nuit de Feu par SchmittAlors âgé de vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt vit, dans le sud algérien, ce que l’on appelle com­muné­ment « l’expérience du désert ». Une expéri­ence réputée chang­er, par­fois durable­ment, le regard sur le monde et sur la vie. C’est peu dire dans le cas de Schmitt qui, par­ti fon­cière­ment athée dans le Hog­gar, en est revenu croy­ant con­va­in­cu. (Sans toute­fois – Dieu mer­ci ? – chercher à affubler d’une iden­tité par­ti­c­ulière la force divine qu’il dit l’avoir emporté et mar­qué à jamais de son empreinte). C’est cette « nuit de feu » qui lui a inspiré le titre de son livre, en référence à l’illumination vécue par Pas­cal et à ces mots brûlants inscrits dans la dou­blure de veste du « Mon­sieur de Port-Roy­al ». Mais pourquoi Éric-Emmanuel Schmitt, auteur de quan­tité d’ouvrages, a‑t-il atten­du vingt-cinq ans avant de se décider à ren­dre publique cette expéri­ence d’une nature par ailleurs pro­fondé­ment intime et, comme il le sug­gère, proche de l’indicible ? Il s’en explique en évo­quant sa ren­con­tre avec une jour­nal­iste protes­tante très éton­née que l’auteur d’une œuvre sou­vent mar­quée par la tragédie humaine puisse man­i­fester au quo­ti­di­en une telle équa­nim­ité et un tel amour de la vie. D’où la réponse dans ce livre où le vécu sin­guli­er de l’homme éclaire aus­si l’œuvre de l’écrivain. Mais que s’était-il passé il y a un quart de siè­cle ?

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Les sept mélancoliques

Pierre KUTZNER, La femme qui ne voulait plus faire l’amour, Marcinelle, Édi­tions du CEP, 2015, 93 p., 12 €

kutznerPierre Kutzn­er n’est pas vrai­ment incon­nu dans le petit monde des Let­tres et des arts belges : on lui doit des nou­velles, des arti­cles et une récente mono­gra­phie con­sacrée à l’artiste Fabi­enne Havaux[1]. Le sex­agé­naire signe, en cet été 2015, son tout pre­mier ouvrage de fic­tion – un recueil de nou­velles : La femme qui ne voulait plus faire l’amour. Con­tin­uer la lec­ture