Archives par étiquette : Basson éditions

Démocraties en noir péril

Richard LORENT, Les éprouvés vol. 3 : Menaces, Basson, 2019, 400 p., 23 €, ISBN : 978-2-930582-69-6 

Richard Lorent a décidément pris le parti d’écrire des thrillers politiques et d’en situer le récit dans la proche actualité de notre pays, de préférence dans le décor carolo. Mais ses romans n’ont rien à envier aux plus sombres polars et la familiarité des faits et lieux évoqués ne fait qu’ajouter aux frissons. Continuer la lecture

La peau d’une autre

Hélène DELHAMENDE, Lara Gardner a disparu¸Basson, 2018, 320 p., 20 €, ISBN : 978-2-930582-58-0

delhamende_lara gardner a disparuJeanne Morin, une femme apparemment sans histoires, nous livre, en un récit par épisodes datés, la singulière aventure qui lui est arrivée. Alors qu’elle se rend aux toilettes du club de tennis qu’elle fréquente, son regard est attiré par un sac rouge dont elle s’empare. Ce geste très peu réfléchi mais irrépressible l’entraîne dans un imbroglio sur lequel se bâtit l’intrigue de ce roman qui ne vous lâche plus. Continuer la lecture

L’Élu

Alain DOUCET, 41 centimètres, Basson, 2018, 204 p., 16 €, ISBN : 978-2-930582-55-9​

doucet 41 centimetresÂmes sensibles s’abstenir ! Si vous appréciez les histoires bien propres sur elles et le vocabulaire châtié, vous n’aimerez pas 41 centimètres. Si par contre le sexe, la folie, la drogue et la vue du sang ne vous font pas peur, ce texte est fait pour vous.

41 centimètres… Les titres sont parfois utilisés pour leur sens poétique ou métaphorique. Pas besoin de chercher ici midi à quatorze heures. Oui, vous l’aurez bien compris, il s’agit de la taille d’un sexe, d’un phallus pour être plus précise, ou carrément d’une bite si j’emprunte le vocabulaire propre au texte. Le roman commence en beauté : le narrateur, un certain Johnny Gourdin – son vrai nom ne nous sera livré que vers la fin du livre – s’enferme dans la cuisine de l’asile où il se trouve pour se couper le jonc. Qu’est-ce qui a poussé cet homme à arriver à cet acte suprême d’automutilation ? On rembobine et on reprend à son enfance. La route jusqu’à ce geste désespéré est longue et parsemée d’embûches et d’épisodes plus rocambolesques les uns que les autres. Car oui, cette verge lui aura permis de gagner beaucoup d’argent et de devenir célèbre. Mais elle aura surtout été la cause de nombreux problèmes. Continuer la lecture

C’est arrivé près de Charleroi

André LALIEUX, Les Bienheureuses, Éditions du Basson, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 978-2-930582-56-6

lalieux les bienheureusesComment dit-on un page turner en français ? L’histoire des Bienheureuses commence pourtant en douceur et sans profondeur. Marcel Douby est un cinquantenaire et un fils modèle. Tellement attentif à sa mère qu’il préfère rester chômeur. Ainsi permet-il à maman de le dorloter tout son soûl. « Mercredi, c’est le jour des boulettes sauce tomate, frites. Elle les prépare super bien et je ne veux pas rater ça. » Continuer la lecture

Descente dans la Ville-Basse

Franco MEGGETTO, La fille du Triangle, éditions du Basson, 2016, 18 €

meggettoLa fille du Triangle de Franco Meggeto nous donne à lire une fiction, un polar bien mené mais aussi le fourmillement parfois chaotique d’une ville complexe. Les villes de l’avenir seront les villes du passé, pourrait-on dire en pensant à Charleroi, comme à toutes les métropoles post-industrielles. Elles ont été la force d’une région, l’industrie est tombée, la ville est restée un temps  à genoux, couturée de toutes parts, invalide parfois, mais jamais KO. Le renouveau est le destin obligé de ces villes traumatiques, sinon,  c’est la disparition dans la poussière d’un western d’après la Ruée vers l’Or.  La Wallonie a connu du Nord au Sud cette mutation urbanistique, humaine, historique, légendaire même. Continuer la lecture

Faut-il croire les images ?

Richard LORENT, Le cauchemar, Editions du Basson,  2016, 323 p.

lorentLe polar se porte bien, merci. À en juger par les catalogues et l’abondance des parutions, il devient parfois le fonds de commerce qui porte les maisons d’édition. À en croire la résonance des titres, les fictions noires nous entraînent volontiers hors de nos champs de vue directs, là où la relative étrangeté des lieux ajoute ce zeste d’inconnu qui finit de briser les repères quotidiens, comme si la quiétude de la proximité pouvait mettre à mal la force du scénario. Continuer la lecture

Le plus difficile…

Christian LIBENS

larouge« Le plus difficile… », chantait Jacques Dutronc aux jours dorés des sixties, en se marrant lui-même de ses plans-drague foireux. Ziska Larouge, elle, nous interprète, au fil des 160 pages de son chouette roman, un air de comédie enlevée, de film choral drôle (souvent !) et cruel (parfois… ). Continuer la lecture