Archives par étiquette : Basson éditions

Des guerrières en huis-clos

Christophe KAUFFMAN, Vieille peau, Bas­son, coll. “Bas­son rouge”, 2020, 162 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930582–71‑9

christophe kauffman vieille peau editions bassonLe fait divers a tou­jours livré la matière pre­mière des films et des romans noirs comme si la puru­lence ne pou­vait se don­ner à voir véri­ta­ble­ment que dans le huis-clos d’une vie saisie dans l’hor­reur d’un trag­ique cra­puleux. Le tout est de « flair­er » le délétère qui s’é­vade de cette con­cen­tra­tion. La mise en scène, la nar­ra­tion exac­erbe dans la vio­lence ver­bale ou physique ce qui nous est générale­ment com­mun : la peur, le sen­ti­ment de la perte… Le noir, c’est la couleur des révéla­tions ordi­naires quand la vie privée, la vie intime, la vie banale sont frap­pées du fou­et de l’extraordinaire démence des hommes.  La vie des per­son­nages mis en scène sub­lime alors cette marée noire qui  stagne au fond de cha­cun. Con­tin­uer la lec­ture

Démocraties en noir péril

Richard LORENT, Les éprou­vés vol. 3 : Men­aces, Bas­son, 2019, 400 p., 23 €, ISBN : 978–2‑930582–69‑6 

Richard Lorent a décidé­ment pris le par­ti d’écrire des thrillers poli­tiques et d’en situer le réc­it dans la proche actu­al­ité de notre pays, de préférence dans le décor car­o­lo. Mais ses romans n’ont rien à envi­er aux plus som­bres polars et la famil­iar­ité des faits et lieux évo­qués ne fait qu’ajouter aux fris­sons. Con­tin­uer la lec­ture

La peau d’une autre

Hélène DELHAMENDE, Lara Gard­ner a dis­paru¸Bas­son, 2018, 320 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930582–58‑0

delhamende_lara gardner a disparuJeanne Morin, une femme apparem­ment sans his­toires, nous livre, en un réc­it par épisodes datés, la sin­gulière aven­ture qui lui est arrivée. Alors qu’elle se rend aux toi­lettes du club de ten­nis qu’elle fréquente, son regard est attiré par un sac rouge dont elle s’empare. Ce geste très peu réfléchi mais irré­press­ible l’entraîne dans un imbroglio sur lequel se bâtit l’intrigue de ce roman qui ne vous lâche plus. Con­tin­uer la lec­ture

L’Élu

Alain DOUCET, 41 cen­timètres, Bas­son, 2018, 204 p., 16 €, ISBN : 978–2‑930582–55‑9​

doucet 41 centimetresÂmes sen­si­bles s’abstenir ! Si vous appré­ciez les his­toires bien pro­pres sur elles et le vocab­u­laire châtié, vous n’aimerez pas 41 cen­timètres. Si par con­tre le sexe, la folie, la drogue et la vue du sang ne vous font pas peur, ce texte est fait pour vous.

41 cen­timètres… Les titres sont par­fois util­isés pour leur sens poé­tique ou métaphorique. Pas besoin de chercher ici midi à qua­torze heures. Oui, vous l’aurez bien com­pris, il s’agit de la taille d’un sexe, d’un phal­lus pour être plus pré­cise, ou car­ré­ment d’une bite si j’emprunte le vocab­u­laire pro­pre au texte. Le roman com­mence en beauté : le nar­ra­teur, un cer­tain John­ny Gour­din – son vrai nom ne nous sera livré que vers la fin du livre – s’enferme dans la cui­sine de l’asile où il se trou­ve pour se couper le jonc. Qu’est-ce qui a poussé cet homme à arriv­er à cet acte suprême d’automutilation ? On rem­bobine et on reprend à son enfance. La route jusqu’à ce geste dés­espéré est longue et parsemée d’embûches et d’épisodes plus rocam­bo­lesques les uns que les autres. Car oui, cette verge lui aura per­mis de gag­n­er beau­coup d’argent et de devenir célèbre. Mais elle aura surtout été la cause de nom­breux prob­lèmes. Con­tin­uer la lec­ture

C’est arrivé près de Charleroi

André LALIEUX, Les Bien­heureuses, Édi­tions du Bas­son, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930582–56‑6

lalieux les bienheureusesCom­ment dit-on un page turn­er en français ? L’histoire des Bien­heureuses com­mence pour­tant en douceur et sans pro­fondeur. Mar­cel Dou­by est un cinquan­te­naire et un fils mod­èle. Telle­ment atten­tif à sa mère qu’il préfère rester chômeur. Ain­si per­met-il à maman de le dor­lot­er tout son soûl. « Mer­cre­di, c’est le jour des boulettes sauce tomate, frites. Elle les pré­pare super bien et je ne veux pas rater ça. » Con­tin­uer la lec­ture

Descente dans la Ville-Basse

Fran­co MEGGETTO, La fille du Tri­an­gle, édi­tions du Bas­son, 2016, 18 €

meggettoLa fille du Tri­an­gle de Fran­co Megge­to nous donne à lire une fic­tion, un polar bien mené mais aus­si le four­mille­ment par­fois chao­tique d’une ville com­plexe. Les villes de l’avenir seront les villes du passé, pour­rait-on dire en pen­sant à Charleroi, comme à toutes les métrop­o­les post-indus­trielles. Elles ont été la force d’une région, l’industrie est tombée, la ville est restée un temps  à genoux, couturée de toutes parts, invalide par­fois, mais jamais KO. Le renou­veau est le des­tin obligé de ces villes trau­ma­tiques, sinon,  c’est la dis­pari­tion dans la pous­sière d’un west­ern d’après la Ruée vers l’Or.  La Wal­lonie a con­nu du Nord au Sud cette muta­tion urban­is­tique, humaine, his­torique, légendaire même. Con­tin­uer la lec­ture

Faut-il croire les images ?

Richard LORENT, Le cauchemar, Edi­tions du Bas­son,  2016, 323 p.

lorentLe polar se porte bien, mer­ci. À en juger par les cat­a­logues et l’abondance des paru­tions, il devient par­fois le fonds de com­merce qui porte les maisons d’édition. À en croire la réso­nance des titres, les fic­tions noires nous entraî­nent volon­tiers hors de nos champs de vue directs, là où la rel­a­tive étrangeté des lieux ajoute ce zeste d’inconnu qui finit de bris­er les repères quo­ti­di­ens, comme si la quié­tude de la prox­im­ité pou­vait met­tre à mal la force du scé­nario. Con­tin­uer la lec­ture

Le plus difficile…

Christian LIBENS

larouge« Le plus dif­fi­cile… », chan­tait Jacques Dutronc aux jours dorés des six­ties, en se mar­rant lui-même de ses plans-drague foireux. Ziska Larouge, elle, nous inter­prète, au fil des 160 pages de son chou­ette roman, un air de comédie enlevée, de film choral drôle (sou­vent !) et cru­el (par­fois… ). Con­tin­uer la lec­ture

Condamné à être libre

Denis DANIELS, 22h22, Marcinelle, Bas­son, coll. « Roman », 2015, 122 p., 14 €

danielsLe nar­ra­teur passe ses journées dans une gare assis sur un banc. Il attend un train dont il ne con­naît ni l’heure de départ ni celle de l’arrivée. La rai­son pour laque­lle il attend là reste mys­térieuse durant une bonne par­tie du réc­it, mais son obsti­na­tion à se plac­er à son poste de 6h du matin à 23h34 fait com­pren­dre au lecteur que son com­porte­ment est dic­té par une moti­va­tion pro­fonde. Con­tin­uer la lec­ture