Archives par étiquette : Charleroi

Une première enquête de l’équipe du commissaire Profonde

David DEMAUDE, Entre ville haute et ville basse, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2026, 496 p., 26 €, ISBN : 978–2‑87489–995‑9

demaude entre ville haute et ville basseDans le roman polici­er belge, qui a déjà quelques fig­ures célèbres à son act­if, il fau­dra désor­mais compter avec un com­mis­saire de plus, au nom assez bizarre, Pro­fonde. Mais, dans ce pre­mier roman dont le titre, Entre ville haute et ville basse, devrait par­ler à tout Car­olorégien, David Demaude met autant en avant son équipe que le chef, insis­tant sur la col­lé­gial­ité qui pré­side à une enquête. Une enquête autour de cadavres de… policiers ! Con­tin­uer la lec­ture

Stanislas Barberian:  le retour à Charleroi 

Fran­cis GROFF, Sor­tie de scène à Charleroi, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2024, 230 p., 20 €, ISBN : 9782874899348

groff sortie de scène à charleroiVoici donc le sep­tième opus des enquêtes de Stanis­las Bar­ber­ian. Ren­dez-vous incon­tourn­able de la ren­trée lit­téraire, depuis Morts sur la Sam­bre (2019), les enquêtes poli­cières menées par le bouquin­iste, détec­tive « mal­gré lui », sont atten­dues par un large pub­lic de lecteurs et lec­tri­ces fidèles.

Fran­cis Groff, écrivain et jour­nal­iste a l’art de les séduire par l’élégance – toute bri­tan­nique – avec laque­lle il dénoue les énigmes crim­inelles les plus spec­tac­u­laires. Il est vrai qu’il les invente et con­stru­it avec une évi­dente jubi­la­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Clair-obscur en mezza-voce

Un coup de cœur du Car­net

Eléonore DE DUVE, Dona­to, Cor­ti, 2023, 216 p., 21 €, ISBN : 9782714312952

de duve donatoDona­to a marché, arraché, caressé, goûté, ri, pleuré. Il s’est penché, cour­bé, est remon­té. Il a souri, pleuré, bu, dan­sé et racon­té peu. Il a quit­té la chaux de son vil­lage des Pouilles pour le Pays noir de Charleroi.

Avare de mots, mais riche de sou­venirs, il laisse à sa petite-fille moins que des pho­togra­phies en noir et blanc, des traces – à peine des esquiss­es – lacu­naires, sur lesquelles restent à met­tre couleurs, odeurs, saveurs. Des mots qui trahi­ront inévitable­ment la vérité : Con­tin­uer la lec­ture

La nuit je mens

Ben CHOQUET, Le dernier truand, Kennes, 2022, 396 p., 19,90 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782380751437

choquet le dernier truandDepuis la mort de sa fille, Tuco, un ancien flic recy­clé en détec­tive privé, n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses journées sont ryth­mées par l’alcool et les his­toires sans lende­main. Cette fausse quié­tude est inter­rompue par la mort subite de son père, dit le Colonel. Bien qu’il ait coupé les ponts avec lui, Tuco se rend à son enter­re­ment. Vu la longue car­rière dans l’armée du pater­nel, de nom­breuses per­son­nes y sont présentes. Tuco refuse l’héritage, au prof­it de sa sœur Sophie. Toute­fois, dans la nuit qui suit l’enterrement, il est enlevé et séquestré par des moloss­es masqués. Il parvient à s’échapper, grâce à une con­di­tion physique jamais prise en défaut. Les morts qui s’accumulent sur sa route se volatilisent aus­si vite qu’ils sont apparus. Un car­net lais­sé par son père et ne con­tenant que deux inscrip­tions étranges s’invite dans l’histoire. Pourquoi le Colonel lègue-t-il ce car­net à son fils ? Est-il vrai­ment mort d’une crise car­diaque ou est-ce un meurtre déguisé ? Et qui sont ces mys­térieux hommes qui pour­chas­sent à présent Tuco ? Con­tin­uer la lec­ture

Italie-Belgique : 1–1

Loren­zo CECCHI,Comme un tan­go, pré­face Patrick Delper­dan­ge, Tra­verse, 2021, 285 p., 20 €, ISBN : 978–2‑93078–339‑0  

cecchi comme un tangoLes auteurs belges fran­coph­o­nes issus des familles ital­i­ennes qui ont émi­gré en Bel­gique à la moitié du 20e siè­cle ont mar­qué notre pat­ri­moine lit­téraire d’une empreinte forte. Ils nous ont don­né des œuvres qui font désor­mais par­tie de notre bien com­mun et dont la valeur n’est plus à démon­tr­er. Loren­zo Cec­chi est au nom­bre de ceux-ci et le dix­ième ouvrage qu’il nous livre aujourd’hui, qui com­porte deux par­ties dis­tinctes,  y apporte une note spé­ci­fique. Con­tin­uer la lec­ture

Au pays de l’art noir…

Nicole THIRY, Mea cul­pa, Mur­mure des soirs, 2021, 326 p., 20 €, ISBN : 978–2‑930657–66‑0

Le Pays noir et sang

thiry mea culpaCharleroi, dès les pre­mières pages, est ren­voyé aux clichés noirs et blancs, noirs surtout, dont il tente d’émerger. Un meurtre. Ou, plutôt, un triple meurtre. Une abom­i­na­tion. Une sculp­ture a été aban­don­née, un « assem­blage » artis­tique com­posé à par­tir des frag­ments de trois cadavres dépecés, étripés : Con­tin­uer la lec­ture

Eau à la bouche et mise en bière !

Fran­cis GROFF, Morts sur la Sam­bre, Weyrich, coll. « Noir Cor­beau », 2019, 276 p., 19 € / ePub : 14.99 €, ISBN : 978–2‑87489–532‑6

Comme tou­jours à cette heure mati­nale, les abor­ds de l’écluse de Lan­delies étaient déserts. Dans leur haute mai­son dont deux fenêtres lais­saient pass­er une lumière jaunâtre, chaude­ment tamisée par des filets de brume, l’éclusier et sa famille ter­mi­naient prob­a­ble­ment leur petit déje­uner, mais nul bruit ne fil­trait au-dehors. 

Dès l’entame, un réc­it bien écrit et atmo­sphérique. Un sus­pense effi­cace­ment cam­pé. Qui nous installe dans la foulée de Jean-Régis de Chas­sart, un mag­is­trat, quand il s’ébroue le long d’un chemin de halage des bor­ds de Sam­bre, se lance dans son jog­ging biheb­do­madaire, croise un traque­nard aux lim­ites du fan­tas­tique, lutte con­tre la noy­ade et d’énigmatiques agresseurs : Con­tin­uer la lec­ture

Le ripou carolo qui voulait convoler

Éric DEJAEGER, Maigros se marie, Cac­tus Inébran­lable, 2018, 120 p., 15 €, ISBN : 978–2‑930659–80‑0

S’il ne s’agissait pas d’opuscules pra­ti­quant un humour (très) gras, on pour­rait dire que les aven­tures de l’inspecteur Désiré Maigros (on n’insistera pas sur la qual­ité de la référence) ne sont pas faites pour relever l’image de la police. En 2011, Éric Dejaeger, pro­lixe et anti­con­formiste auteur de textes courts, avait rassem­blé les cent pre­mières aven­tures de son flic préféré dans La saga Maigros (Cac­tus inébran­lable), après les avoir dis­til­lées en feuil­leton sur inter­net. Il a remis le cou­vert en 2018, à la demande pres­sante de ses lecteurs (selon lui) avec les cinquante épisodes sup­plé­men­taires de Maigros se marie. Con­tin­uer la lec­ture

C’est arrivé près de Charleroi

André LALIEUX, Les Bien­heureuses, Édi­tions du Bas­son, 2018, 160 p., 12 €, ISBN : 978–2‑930582–56‑6

lalieux les bienheureusesCom­ment dit-on un page turn­er en français ? L’histoire des Bien­heureuses com­mence pour­tant en douceur et sans pro­fondeur. Mar­cel Dou­by est un cinquan­te­naire et un fils mod­èle. Telle­ment atten­tif à sa mère qu’il préfère rester chômeur. Ain­si per­met-il à maman de le dor­lot­er tout son soûl. « Mer­cre­di, c’est le jour des boulettes sauce tomate, frites. Elle les pré­pare super bien et je ne veux pas rater ça. » Con­tin­uer la lec­ture

Descente dans la Ville-Basse

Fran­co MEGGETTO, La fille du Tri­an­gle, édi­tions du Bas­son, 2016, 18 €

meggettoLa fille du Tri­an­gle de Fran­co Megge­to nous donne à lire une fic­tion, un polar bien mené mais aus­si le four­mille­ment par­fois chao­tique d’une ville com­plexe. Les villes de l’avenir seront les villes du passé, pour­rait-on dire en pen­sant à Charleroi, comme à toutes les métrop­o­les post-indus­trielles. Elles ont été la force d’une région, l’industrie est tombée, la ville est restée un temps  à genoux, couturée de toutes parts, invalide par­fois, mais jamais KO. Le renou­veau est le des­tin obligé de ces villes trau­ma­tiques, sinon,  c’est la dis­pari­tion dans la pous­sière d’un west­ern d’après la Ruée vers l’Or.  La Wal­lonie a con­nu du Nord au Sud cette muta­tion urban­is­tique, humaine, his­torique, légendaire même. Con­tin­uer la lec­ture

Faut-il croire les images ?

Richard LORENT, Le cauchemar, Edi­tions du Bas­son,  2016, 323 p.

lorentLe polar se porte bien, mer­ci. À en juger par les cat­a­logues et l’abondance des paru­tions, il devient par­fois le fonds de com­merce qui porte les maisons d’édition. À en croire la réso­nance des titres, les fic­tions noires nous entraî­nent volon­tiers hors de nos champs de vue directs, là où la rel­a­tive étrangeté des lieux ajoute ce zeste d’inconnu qui finit de bris­er les repères quo­ti­di­ens, comme si la quié­tude de la prox­im­ité pou­vait met­tre à mal la force du scé­nario. Con­tin­uer la lec­ture