Archives par étiquette : Célestin de Meeûs

De quelques arpents…

Un coup de cœur du Car­net

Célestin DE MEEÛS, Cadas­tres, Cheyne, 2019, 62 p., 16 €, ISBN : 978–2‑84116–264‑2

Le nou­veau recueil sobre et épuré de Célestin de Meeûs est une vraie réus­site ! Une belle sur­prise, une pépite presque, que les chercheurs d’or lit­téraire emporteront assuré­ment dans leur besace. Parce que le lecteur-orpailleur est aus­si un arpen­teur, il emboîtera les pas de l’auteur dans le sil­lage des volutes de tabac qui sem­blent ici balis­er le chemin à tra­vers les rues des villes. Un itinéraire un peu secret que la poésie de Célestin de Meeûs dévoile par strates, par coupons citadins. Une poésie con­crète, de ter­rain qui nous invite à scruter les lézardes lais­sées par le temps et les piétine­ments des voyageurs de pas­sage dans un Occi­dent qui s’épuise, comme à bout de souf­fle.

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Les prix de l’Académie

Les auteurs et autri­ces récom­pen­sés en 2019 © Académie royale

Comme chaque année, l’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es a remis, ce same­di 9 mars, ses prix lit­téraires. Des récom­pens­es qui cou­vrent des gen­res lit­téraires var­iés et salu­ent la créa­tion lit­téraire belge fran­coph­o­ne dans son ensem­ble.

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Carte postale et plan comptable

Célestin de MEEÛS, Écart-type, Tetras Lyre, 2018, 69 p., 14 €, ISBN : 978–2‑930685–36‑6

de meeus ecart typeLors de son pas­sage au Théâtre Nation­al Wal­lonie-Brux­elles en décem­bre dernier, le philosophe Alain Badiou racon­tait que la poésie com­mence là où la langue mater­nelle ter­mine. Il y aurait une lisière où elle n’est plus un usage — quo­ti­di­en, famil­ial, pro­fes­sion­nel –, mais une friche pour l’usager. Celui-ci décou­vre alors un domaine intérieur impérieux et infi­ni. Le locu­teur devient poète lorsqu’il se trans­forme en explo­rateur puis lex­i­cul­teur. La langue n’est plus pour lui le véhicule du sens, mais supérieure­ment l’expression des sens. Le goût de la chose, l’odeur de l’encre, le son du clavier ou du sty­lo sur le touch­er du papi­er s’allient de visu, au tra­vers de l’alphabet, pour extraire ce qui n’appartient qu’à cha­cun : son âme, où

l’on oublie
que les villes peu à peu
amnésiques nous éli­ment.

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