Archives par étiquette : Philippe Mathy

« (…) Ici, il n’est qu’un ici … »

Philippe MATHY, Le long des rives, ill. Cécile A. Hold­ban, Ate­lier des noy­ers, 2025, 50 p., 16 €, ISBN : 978–2‑494676–37‑4

mathy le long des rivesSous-titré Notes de Pouil­ly-sur-Loire, Le long des rives déploie sur des pages au for­mat panoramique, l’évocation en prose poé­tique des bor­ds de Loire, non loin de Pouil­ly-sur-Loire où Philippe Mathy réside de nom­breux mois chaque année. En regard des textes, l’artiste Cécile A. Hold­ban pro­pose une aquarelle inspirée libre­ment par ceux-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Entre concerté et spontané

Philippe MATHY, Der­rière les maisons, ill. de Ramzi Ghot­baldin, L’herbe qui trem­ble, 2023, 120 p., 16 €, ISBN : 978–2‑491462–49‑9

mathy derrière les maisonsAssuré­ment, la poésie de Philippe Mathy n’est pas de celles qui sapent les codes exis­tants ou en instau­rent de nou­veaux, qu’ils soient styl­is­tiques, thé­ma­tiques, diaristes ou autres. Con­traire­ment à maints auteurs con­tem­po­rains, le poète fait con­fi­ance aux mots, à leur ver­tu de trans­parence, qu’il s’agisse de tran­scrire des per­cepts, des sen­sa­tions, des rêver­ies, des pen­sées. Cette docil­ité lan­gag­ière trou­ve écho dans le con­tenu de ses pro­pos, totale­ment dénués d’amer­tume ou d’a­gres­siv­ité, férus au con­traire de com­mu­nion et d’har­monie… Et pour­tant, ce nou­veau recueil le con­firme une fois de plus, la mièvrerie n’est pas au ren­dez-vous : on ne sait com­ment, Ph. Mathy réus­sit à faire de la douceur une force, du banal un ravisse­ment, de la sim­plic­ité un plaidoy­er. L’at­ti­tude qu’il adopte est “con­tem­pla­tive” à la fois par la dilec­tion envers le monde naturel et par la dimen­sion monacale de la quête, sem­blable à un exer­ci­ce de médi­ta­tion : tel qu’il s’y racon­te, le poète vit en effet dans un isole­ment générale­ment sere­in, proche de l’ascétisme, à mille enca­blures de la société de con­cur­rence et de con­som­ma­tion, comme soucieux d’un chem­ine­ment intérieur, infati­ga­ble, dont cepen­dant la clé ultime reste à pre­mière vue non-dite. Con­tin­uer la lec­ture

Contre la douleur, la couleur…

Philippe MATHY, Dans le vent pour­pre, Gouach­es André RUELLE, Herbe qui trem­ble, 2021, 116 p., 16 €, ISBN : 9–782491-462161

mathy dans le vent pourpreCon­sti­tué de sept sec­tions, chiffre sym­bol­ique s’il en est, présent dans de nom­breuses cul­tures, désig­nant l’absolu, la total­ité, l’émergence d’un monde nou­veau et l’union des con­traires, le présent recueil de Philippe Mathy, rehaussé de gouach­es sur papi­er du pein­tre André Ruelle (Charleroi, 1949), s’inscrit dans l’esthétique habituelle du poète, avec toute­fois une tonal­ité plus noire, plus dra­ma­tique pour les poèmes écrits pen­dant une rési­dence d’écrivain à Ver­dun ain­si que pour ceux de Jours de cen­dre. Dans le vent pour­pre ; Dehors, mains ouvertes ; Rive de Loire et Belle-Ile s’offrent comme des suites renouant avec une médi­ta­tion sur la beauté de la nature, médi­ta­tion non dénuée de grav­ité, sur la sen­si­bil­ité et l’ouverture à l’autre, sur la fragilité de la vie mais aus­si son incom­pa­ra­ble pou­voir d’émerveillement. Des poèmes de cir­con­stance clô­turent un recueil de belle fac­ture, avec d’incontestables réus­sites, comme dans ce poème dédié à la mémoire d’André Schmitz : « (…) tes poèmes brûleront encore/comme le feu bleu d’une ambulance/sans que nous sachions/si elle nous con­duit à te rejoindre/ou peut-être à nous guérir/de la blessure de vivre. » Con­tin­uer la lec­ture

Le néant, la plénitude

Philippe MATHY, Étreintes mys­térieuses, illus­tra­tions Sabine Lavaux-Michaëlis, Ail des ours, coll. « Grand ours », 2020, 8 €, ISBN : 978–2‑491457–04‑4

mathy etreintes mysterieuses« La cul­ture de la poésie n’est jamais plus désir­able qu’aux épo­ques pen­dant lesquelles, par suite d’un excès d’é­goïsme et de cal­cul, l’ac­cu­mu­la­tion des matéri­aux de la vie extérieure dépasse le pou­voir que nous avons de les assim­i­l­er aux lois intérieures de la nature humaine »[1]. Tous les hommes sont des poètes, dans la mesure où ils éprou­vent le besoin d’exprimer et de repro­duire leurs émo­tions dans un cer­tain rythme. Si le poète est l’homme imag­i­natif par excel­lence, son influ­ence sur les lecteurs et sur toute la société sera déter­mi­nante, quoique imper­cep­ti­ble à l’œil nu, sou­tient le poète roman­tique anglais : « Les poètes sont les lég­is­la­teurs non recon­nus du monde ». Sous cet emblème, Philippe Mathy pour­suit, depuis Promesse d’île (1980) et une dizaine d’autres livres, un tra­vail de réflex­ion intérieure sur le rôle du poème et du poète : « Poètes, nous sommes des passeurs qui ignorons où émerge l’autre rive ». C’est une chance car si « le poète par­le et ne sait pas (…) il ne se lasse pas d’avancer vers Celui qui sait et ne par­le pas » ; il est « un guet­teur sans but » atten­tif à l’étreinte mys­térieuse d’un monde délivré du temps, voué à une « sorte de néant que l’on pour­rait aus­si nom­mer pléni­tude ». Con­tin­uer la lec­ture

Puis la nuit tombe

Philippe MATHY et André RUELLE, Bat­te­ments cré­pus­cu­laires, Tétras Lyre, coll. « Accordéon », 2019, 10 €, ISBN : 978–2‑930685–40‑3

L’aube à peine effacée
vite passée comme l’enfance

Le temps de goûter
aux par­fums des jours
blancheur de l’aubépine

Ce sont tant de haies
dressées comme des murs
dans le labyrinthe de vivre

et déjà
le cré­pus­cule s’avance
 

Si la vie « linéaire » est faite de l’alternance du jour et de la nuit, c’est une autre tem­po­ral­ité que révèle le recueil Bat­te­ments cré­pus­cu­laires de Philippe Mathy et André Ruelle. Le livre donne en effet à éprou­ver une dimen­sion tem­porelle con­fi­nant au cycle car­diaque de la sys­tole et de la dias­tole, comme en accordéon – à l’image du nom de la col­lec­tion des édi­tions Tétras Lyre (qui a récem­ment fêté ses trente ans) dans laque­lle s’inscrit ce livre. Cette tem­po­ral­ité est celle des « lézards / [qui] sem­blent voy­ager / au hasard », fis­sur­ant la trame des jours qui sont et seront vécus, tein­tés de « temps de pluie » et de moments de « défail­lances », mais qui per­me­t­tent aux rêves et aux pro­jets d’éclore. Con­tin­uer la lec­ture

Lumière – eau

Philippe MATHY et Anne LE MAÎTRE, Îles de la Gar­gaude, Ate­lier des Noy­ers, coll. « Car­nets de nature », 2018, 48 p., 10€, ISBN :978–2‑490185–09‑2

Dieu sait com­bi­en cer­tains paysages sont prop­ices aux prom­e­nades silen­cieuses, à la con­tem­pla­tion et à la réminis­cence. Le paysage des îles de la Gar­gaude, mod­ulé par la Loire, en est un. Du moins, c’est ce dont rend compte ce recueil issu de la col­lab­o­ra­tion entre le poète Philippe Mathy et l’aquarelliste Anne Le Maître, pub­lié dans la col­lec­tion « Car­nets de Nature » des Édi­tions de l’Atelier des Noy­ers. Les cir­con­stances de la ren­con­tre entre Le Maître et Mathy, for­mulées à la fin de ce petit livre,participent à la douceur de l’ouvrage : fruit d’une ren­con­tre entre l’artiste et l’écrivain au début de l’été 2017, ce livre aura mûri au fil des saisons et est offert au regard à l’automne 2018. Voilà qui tombe à point.

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Prix Mallarmé pour Philippe Mathy

mathy portraitLe Prix “Mal­lar­mé 2017” récom­pense Philippe Mathy pour son recueil Veilleur d’in­stants (L’herbe qui trem­ble). Ce Prix récom­pense un poète d’expression française pour un recueil de poèmes ou pour l’ensemble de son œuvre. Présidé par Sylvestre Clanci­er, le jury est con­sti­tué de l’ensem­ble des mem­bres de l’A­cadémie Mal­lar­mé. Con­tin­uer la lec­ture

« Toujours dans les reflets du fleuve »

Philippe MATHY, ill. de Pas­cale NECTOUX, Veilleur d’instants, Paris, L’herbe qui trem­ble, 2017, 128 p., 16€, ISBN : 9782918220503

mathy.gifLes fleuves sont de red­outa­bles pour­voyeurs de poèmes ! De Rim­baud qui en descendait les rives impas­si­bles, aux poètes con­tem­po­rains comme Jacques Dar­ras ou Franck Venaille, ils auront char­rié, dans les remous de leurs rimes ou dans la vase de leurs métaphores, de nom­breux vers éter­nels et impa­ra­bles. Mythique ou réel, le fleuve porte lit­térale­ment le poème à bout de bras. Avec ce nou­veau recueil, Philippe Mathy rejoint cette lignée de poètes-nau­toniers ! Partageant sa vie entre le Tour­nai­sis et la Bour­gogne, le poète bal­ance son amarre de  l’Escaut à la Loire. Con­tin­uer la lec­ture

Les remous du temps

Primaëlle VERTENOEIL

mathysÀ un rythme réguli­er, Philippe Math­ys pub­lie des recueils de poésie, sou­vent d’une grande qual­ité, tant styl­is­tique qu’esthétique. Avec ce dernier recueil, Les Soubre­sauts du temps, pub­lié au Tail­lis Pré, Philippe Math­ys appro­fon­dit une fois de plus des thèmes qui lui sont chers, par­mi lesquels le rap­port à la tem­po­ral­ité et à la nature. Sujets poé­tiques quelques peu « banals » chez cer­tains, ils n’en restent pas moins, sous la plume de Math­ys, des préoc­cu­pa­tions per­son­nelles d’une grande pro­fondeur. Con­tin­uer la lec­ture