Archives par étiquette : Pierre-Jean Foulon

Barocominimalisme

Pierre-Jean FOULON, Enclave de la con­fes­sion, Span­tole, 2020, 48 p., 8 €, Dépôt légal : 2020–0667‑4

foulon enclave de la confessionEnvelop­pés entre les deux plis d’un car­ton blanc de petit for­mat, trois cahiers de 16 pages volantes s’échappent des mains et glis­sent sur les genoux. Enclave de la con­fes­sion est un objet lit­téraire de la taille d’un livret léger comme l’air. Imprimé à cinquante exem­plaires, il compte 60 textes courts et pesam­ment numérotés. Ce n’est pas le seul con­traste fort dans cette pub­li­ca­tion. Le titre est en effet un sub­til oxy­more pen­dant que la forme min­i­mal­iste accueille un con­tenu franche­ment baroque. Con­tin­uer la lec­ture

Kikie Crêvecœur, des rencontres gravées dans les pages

Kikie Crêve­coeur entre les pages, textes de Pierre-Jean Foulon, Car­o­line Lamarche et Michel Barzin, pré­face de Géral­dine David, Esper­luète, 2020, 96 p., 22 €, ISBN : 9782359841251

couverture de kikie crevecoeur entre les pages éditions esperlueteKikie Crêvecœur aime les livres et, depuis plus de trente ans, elle dépose ses images entre leurs pages. Il était donc naturel qu’un livre soit con­sacré à cette artiste pas­sion­née par les réso­nances que créent les mots, par les objets qui les véhicu­lent, les hommes et les femmes qui les façon­nent, les por­tent, les font vivre et jouent avec eux. Con­tin­uer la lec­ture

Le poète-troupier du Spantole

Pierre-Jean FOULON, XL, Span­tole, 2018, DL 2018–0667‑4
Pierre-Jean FOULON, Los du troupi­er post­mod­erne et de ses acolytes, Span­tole, 2018, DL 2018–0667‑1

Pierre-Jean Foulon est un homme du livre, sous toutes ses cou­tures pour­rions-nous dire. Licen­cié en philolo­gie clas­sique et doc­teur en His­toire de l’art, il est con­ser­va­teur hon­o­raire de la Réserve Pré­cieuse du musée roy­al de Mariemont au sein de laque­lle il a notam­ment créé une sec­tion con­sacrée aux livres d’artistes. En marge de ses travaux académiques, ce pas­sion­né est aus­si auteur de textes qui oscil­lent entre poésie et prose. Une écri­t­ure exigeante et dis­crète que l’on suit per­son­nelle­ment depuis la pub­li­ca­tion du recueil À bor­ds déchi­quetés, paru en 1991 aux édi­tions du Span­tole, la mai­son que fon­da son père, l’écrivain et essay­iste Roger Foulon, imp­ri­mant ses textes poé­tiques sur une presse privée arti­sanale. C’est dire que la matéri­al­ité du livre occupe une place impor­tante dans le par­cours de Pierre-Jean qui naturelle­ment s’est tourné, dans le cadre de ses fonc­tions de con­ser­va­teur et d’enseignant, vers l’étude et la pro­mo­tion des livres d’artistes et des métiers qui y sont liés, graveurs, imprimeurs, édi­teurs con­fi­den­tiels, illus­tra­teurs, etc. Rap­pelons aus­si que cette his­toire de « famille » est fil­iale­ment rat­tachée à la ville de Thuin qui abrite d’ailleurs une Mai­son de l’imprimerie et de la typogra­phie. Une région, la Thu­dinie, chère au cœur des Foulon qui l’ont arpen­tée et à laque­lle le nom des édi­tions, Span­tole, est étroite­ment lié puisque qu’il évoque un canon, une pièce à feu en fer forgé, butin sym­bol­ique de la ville qui fut, au cours des siè­cles, le théâtre de nom­breux sièges mil­i­taires. Une pas­sion aus­si pour le pat­ri­moine et l’histoire du « con­té » thu­dinien, pour la per­pé­tu­a­tion du folk­lore des célèbres march­es de l’Entre-Sambre-et-Meuse et dont l’auteur est un fer­vent par­ti­san. Con­tin­uer la lec­ture

Francis Vloebergs. À l’écoute de la matière

Fran­cis VLOEBERGS, Gestes et matières, textes de Pierre-Jean Foulon, Esper­luète, coll. [dans l’atelier], 2018, 96 p., 18 €, ISBN : 9782359840995

La ren­con­tre entre un créa­teur et un his­to­rien de l’art relève avant tout d’une ques­tion d’oreille, d’écoute, d’ouverture à l’univers que l’artiste déploie. C’est sous le signe de l’œil absolu, anal­o­gon de l’oreille absolue, que se place Gestes et matières qui artic­ule les œuvres du pein­tre Fran­cis Vloe­bergs selon un ordre chronologique au texte de l’historien de l’art et con­ser­va­teur hon­o­raire du Musée Roy­al de Mariemont, Pierre-Jean Foulon. Inter­préter une œuvre exige de capter ses har­moniques, de dépos­er les arma­tures et grilles théoriques passe-partout au prof­it d’une entrée en réso­nance avec les propo­si­tions esthé­tiques avancées. Avec finesse et puis­sance, Pierre-Jean Foulon établit des cor­re­spon­dances entre le tra­vail de thérapeute de Fran­cis Vloe­bergs et son aven­ture pic­turale, res­saisit l’énergie géné­tique tran­sis­sant les deux champs. Si, à ses débuts, l’imaginaire plas­tique de Fran­cis Vloe­bergs se nour­rit des expres­sion­nistes fla­mands, de Per­me­ke en par­ti­c­uli­er, il s’éloignera rapi­de­ment de la fig­u­ra­tion au prof­it d’une explo­ration des pos­si­bil­ités offertes par l’abstraction. Après sa ren­con­tre déci­sive avec Louis Van Lint, représen­tant de l’abstraction lyrique, Vloe­bergs se tourn­era dans les années 1980 vers la géométri­sa­tion, dans une atten­tion à la con­struc­tion des formes. Mais le point de bas­cule aura pour nom un acte créa­teur res­saisi autour des vir­tu­al­ités de la matière, dans un élar­gisse­ment du champ pic­tur­al en direc­tion de la veine matiériste frayée par Tapiès (util­i­sa­tion de matéri­aux divers, sable, cen­dre, pierre…). Con­tin­uer la lec­ture

Le provisoire de Pierre-Jean Foulon

Pierre-Jean FOULON, Voy­age au pays du néant pro­vi­soire, Edi­tions du Span­tole, 32 p.

Philo­logue de for­ma­tion, con­ser­va­teur de la sec­tion « livres pré­cieux » du Musée roy­al de Mariemont, Pierre-Jean Foulon présente quelque prédilec­tion pour le livre d’art. On n’est donc pas éton­né de décou­vrir la qual­ité formelle de son nou­veau recueil, édité aux édi­tions du Span­tole et énig­ma­tique­ment inti­t­ulé Voy­age au pays du néant pro­vi­soire. Con­tin­uer la lec­ture

Poète, sois un bourgeon giclant de vert

Vincent THOLOMÉ

foulonPoète, il t’ar­rive, toi aus­si plus qu’à ton tour, d’en­gager un « duel avec la page » ? De chercher ta route par­mi le champ opaque des con­sonnes et des voyelles ? D’er­rer à l’in­stinct entre rai­son et vieille course ani­male, vieux chant de bouc ? Peut-être même ques­tionnes-tu sans cesse ta voix et ta voie ? Con­tin­uer la lec­ture