
Hôtel bourgeois et autres poèmes modernistes
Auteur : Maurice Carême
Maison d’édition : Le Taillis Pré
Collection : Ha!
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 232
Prix : 22 €
Livre numérique : /
EAN : 9782874502613
Comme le précise Rossano Rosi dans sa préface, il fallut attendre 2017 pour voir enfin figurer le nom de Maurice Carême au catalogue de la collection patrimoniale Espace Nord. Une occultation, pour reprendre ironiquement le terme des ‘pataphysiciens, qui aura donc duré près de quarante ans, depuis le décès du poète en 1978. Les raisons de cet oubli ? Elles sont multiples et procèdent sans doute d’une série de jugements et de circonstances qui se seront imbriqués au fil du temps pour aboutir à cette mise à l’écart. Peu importe puisque l’anthologie parue à cette époque aura au moins permis de revisiter l’œuvre de Carême par le biais des 99 poèmes sélectionnés, extraits d’une quarantaine de recueils depuis Mère (1935). L’ambition était avant tout de montrer la palette large et irisée du poète dont on oublie d’ailleurs aussi qu’il fut romancier. Mais surtout, d’élargir le cadre sans doute trop visible, trop étroit du tableau noir qui bornait son statut de « poète de l’enfance ». Continuer la lecture







L’art réside peut-être moins dans sa fin, l’œuvre produite, accrochée aux cimaises, dite achevée, que dans la dynamique qu’il instaure. Stéphane Lambert aime s’immerger dans la trajectoire des artistes pour saisir ce qui met en tension leur vie, la détourne du quotidien ordinaire, la transfigure et la déchire jusqu’à, parfois, l’anéantir. De Rothko à Goya, de Spilliaert à Van Gogh en passant par Klee et Monet, ses essais et ses romans témoignent d’un dialogue constant entre l’écriture et la peinture pour dire le mystère de la création, son aspiration à une spiritualité, son élan, obscur et lumineux, vers une profondeur mythologique. L’écrivain parvient ainsi à saisir l’artiste dans ce bord de l’abîme dont il surgit, qui le nourrit, l’absente au monde et le menace du désastre – mais ce désastre n’est-il pas la possibilité nécessaire à son contrepoint, l’œuvre ?
L’œuvre de Francesco Pittau est semblable aux épissures qui donnent leur nom 

Si on ne présente plus François Emmanuel, on peut sans fin le redécouvrir, à l’exemple de Jean-Luc Outers qui confie s’emparer régulièrement, au hasard, de l’un de ses romans – et l’étagère qu’ils peuvent occuper dans une bibliothèque est longue – pour y picorer une page, un bref extrait, une ligne. Le volume Le monde de François Emmanuel permettra, à celles et ceux qui ont trop longtemps ajourné le bonheur de faire sa rencontre, de l’approcher cette fois en exhaustivité comme en intimité.
L’œuvre de Werner Lambersy est vaste, comme un océan agité de ténèbres. Pour le parcourir, Philippe Bouret a choisi d’y tendre une ligne de fond sous la forme de dialogues ou plus exactement d’une réflexion à deux, menée entre le poète et le psychanalyste. Il en résulte un livre qui est le témoignage dense de trois années de conversations. Il se caractérise par la liberté : liberté du ton, des sujets abordés et liberté des mots, qui offrent une plongée passionnée dans l’intimité de l’œuvre. La conversation s’interrompt, parfois, lorsque Philippe Bouret demande à Werner Lambersy de lire l’un de ses textes, sur lequel l’un et l’autre rebondissent, livrent leurs interrogations. Petit à petit se compose un portrait du poète parsemé de sourires, de connivences malicieuses et de respirations mélancoliques. Un petit fait, comme une guêpe qui se noie dans une tasse, peut ainsi inspirer le récit d’une anecdote et une réflexion fulgurante sur l’écriture qui noue la vie et la mort.
Qu’est-ce qu’un poème pour enfants ? Existe-t-il deux formes de poésie, l’une pour la jeunesse et l’autre, la vraie ? Carl Norac réfute les clichés et affirme que « dans sa multiplicité absolue, la poésie est une et indivisible ».